ANGLE DOMINANT
Colombie retient d'abord une rupture de protocole : pour la première fois de son histoire récente, la prestation de serment présidentielle a quitté Bogotá pour Cali, pendant que dirigeants patronaux et anciens présidents appellent à l'unité nationale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Pour la première fois de l'histoire récente, un président colombien a prêté serment hors de Bogotá : le Congrès s'est déplacé à Cali, à l'Arena USC Carlos Andrés Pérez Galindo (plus de 2 000 places).
- 02
Le président de l'Andi, Bruce Mac Master, a appelé à l'unité au nom des « plus de 52 millions de Colombiens » qui choisissent leurs dirigeants par la voie démocratique.
- 03
Le Département national de planification entame la transition sans directeur nommé en titre, Luz Mery Portela David assurant l'intérim après la démission de Natalia Irene Molina Posso.
ANALYSE
Bogotá, 7 août 2026. Pour la première fois de l'histoire récente colombienne, un président ne prête pas serment dans la capitale : le Congrès s'est déplacé à Cali, troisième ville du pays, où Abelardo de la Espriella a juré vers 15 heures à l'Arena USC Carlos Andrés Pérez Galindo, plus de 2 000 places. La presse colombienne a suivi la journée heure par heure : réunions bilatérales dès 9 heures à la Casa de la Cultura, arrivées des délégations, puis la cérémonie protocolaire — remise de la bande présidentielle par le président du Sénat, Honorio Henríquez, honneurs militaires, serment constitutionnel.
À Bogotá, le président sortant Gustavo Petro a organisé sa propre sortie : la Casa de Nariño a convoqué la presse à midi pour son départ du palais entouré de ses ministres, un acte protocolaire distinct de la cérémonie de Cali, à laquelle il n'a pas assisté. L'ex-président Álvaro Uribe a publié un message souhaitant « bonheur et tranquillité pour tous les Colombiens » au nouveau gouvernement. César Gaviria, Andrés Pastrana et Iván Duque étaient présents ; Juan Manuel Santos et Ernesto Samper n'ont pas été invités.
Le monde des affaires a pris la parole avant même la prestation de serment. La présidente d'Amcham, María Claudia Lacouture, et le président de l'Andi, Bruce Mac Master, ont appelé à l'unité : « ce qui nous définit vraiment, c'est que nous sommes colombiens », a écrit Mac Master, rappelant que « plus de 52 millions de Colombiens » choisissent leurs dirigeants par la voie démocratique.
Fait relevé localement : au même moment, le Département national de planification (DNP) entamait la transition sans directeur nommé en titre — Luz Mery Portela David assure l'intérim après la démission de Natalia Irene Molina Posso, en poste sous Petro.
Le nouveau président a choisi de prononcer son premier discours depuis le bataillon Pichincha, cible d'un attentat en avril, rendant hommage aux « héros tombés » du conflit armé. Il y a promis de gouverner « pour tous les Colombiens », y compris ceux qui n'ont pas voté pour lui, et de remettre le pouvoir dans quatre ans « car cela suffit pour accomplir le programme de gouvernement », sans chercher de Constituante comme son prédécesseur. Premières annonces : gel des dépenses publiques, suppression de l'impôt sur le patrimoine, développement du fracking.
SOURCES (3)
- El ColombianoMOYEN
- La Republica COMOYEN
