ANGLE DOMINANT
Ottawa mesure d'abord la portée de l'alliance affichée avec Washington, plus que le basculement idéologique en Colombie lui-même.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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De la Espriella détient la double nationalité américaine et colombienne, et a proposé des opérations militaires conjointes avec Washington, voire l'accueil de troupes américaines en sol colombien
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L'investiture s'est tenue à Cali plutôt qu'à Bogotá — une première dans l'histoire récente colombienne, selon le Financial Post
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Gustavo Petro a boycotté la cérémonie, ayant contesté la légitimité de la victoire électorale de De la Espriella (moins d'un point d'écart face à Iván Cepeda)
ANALYSE
Ottawa, 8 août 2026. Abelardo de la Espriella, avocat pénaliste de 48 ans à la double nationalité américaine et colombienne, a prêté serment vendredi comme président de la Colombie, promettant de mener la guerre aux guérillas narcotrafiquantes et d'inaugurer une ère de relations resserrées avec les États-Unis. « Nous entrons dans une nouvelle ère », a-t-il lancé, selon le National Post, qui le désigne d'emblée comme un « allié de Trump ». Le Financial Post souligne que le nouveau président a prêté serment devant le Congrès, ce dernier s'étant déplacé à Cali — une première dans l'histoire récente colombienne, aucun chef d'État n'ayant jamais été investi hors de Bogotá.
La presse canadienne retient surtout ce que cette proximité binationale change pour Washington : De la Espriella a proposé de lancer des opérations militaires conjointes avec les États-Unis, voire d'accueillir des troupes américaines en sol colombien. Après quatre ans de tensions diplomatiques sous Gustavo Petro, Donald Trump dispose désormais, selon le National Post, d'« un allié de poids à Bogotá ».
Le discours inaugural, prononcé devant le Congrès, a été offensif : « Le temps de restaurer l'ordre, l'autorité et la liberté a commencé », a déclaré De la Espriella, promettant la construction de « méga-prisons », l'usage de l'armée contre les organisations criminelles et l'éradication des cultures de coca par herbicides. Il a jugé la voie de la négociation avec les groupes armés « épuisée » : les membres du crime organisé devront « se soumettre à l'État de droit ou affronter la force résolue de l'État colombien », a-t-il averti, promettant qu'« aucun crime odieux ne sera traité avec des gants » par son gouvernement.
Gustavo Petro, premier président de gauche du pays, a boycotté la cérémonie après avoir répété que la victoire de De la Espriella — obtenue avec moins d'un point d'écart face à Iván Cepeda — manquait de légitimité. Le Financial Post note que les inquiétudes sur les finances publiques et la hausse de la violence assombrissent la transition. Parmi les invités : Javier Milei, le roi Felipe VI, et le patron de la FIFA Gianni Infantino, sous le feu des critiques pour son projet — depuis abandonné — d'ouvrir la Coupe du monde à des investisseurs privés. La délégation américaine était menée par le procureur général par intérim Todd Blanche.
