ANGLE DOMINANT
Londres jauge le scrutin brésilien comme un test géopolitique : dernier grand pays latino-américain de gauche capable de dire « non » à Donald Trump, le Brésil joue plus que son prochain mandat.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon le Guardian, Trump affirme que les candidats qu'il a soutenus ont gagné les sept présidentielles de la région depuis le début de son second mandat, ne laissant que six pays latino-américains à gauche.
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Lula, 80 ans, brigue un quatrième mandat non consécutif face à Flávio Bolsonaro, 45 ans, fils de l'ancien président Jair Bolsonaro, dans une course décrite comme au coude-à-coude.
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La BBC indique que Lula accuse le camp Bolsonaro d'encourager l'ingérence étrangère et que le scrutin soulève des questions sur les droits de douane, le crime organisé et la souveraineté.
ANALYSE
Londres, 4 octobre 2026. Pour la presse britannique, l'élection brésilienne de ce dimanche dépasse le duel interne. Le Guardian, dans un article daté du samedi 3 octobre, la présente comme un test pour le bloc latino-américain de plus en plus aligné sur Donald Trump.
Le quotidien rappelle que, peu après son discours à l'Assemblée générale de l'ONU en septembre, le président américain a réuni une douzaine de dirigeants de la région et s'est vanté que des candidats de droite avaient remporté les sept présidentielles tenues depuis le début de son second mandat. « Everybody I've endorsed has won », a-t-il lancé à New York devant la plupart des membres du Bouclier des Amériques, une coalition antinarcotrafic de 15 pays gouvernés par la droite ou l'extrême droite. Ces victoires, ajoutées à la prise de contrôle américaine du Venezuela après la capture de Nicolás Maduro, ne laissent que six pays latino-américains à gauche : le Brésil, le Mexique, l'Uruguay, le Guatemala, Cuba et le Nicaragua.
Le Guardian relève que des analystes voient dans le Brésil le dernier pays de la région encore en mesure de dire « non » à Washington, le Mexique étant freiné par sa proximité géographique et sa relation économique unique avec les États-Unis. Pedro Telles, professeur de relations internationales à la FGV, estime que Trump « prend très au sérieux l'idée que les Amériques sont son arrière-cour » ; une victoire de Flávio Bolsonaro serait selon lui un coup dur pour la gauche régionale.
Le journal décrit une course au coude-à-coude entre Luiz Inácio Lula da Silva, 80 ans, qui brigue un quatrième mandat non consécutif, et Flávio Bolsonaro, 45 ans, sénateur d'extrême droite et fils de l'ancien président Jair Bolsonaro.
La BBC, dans une vidéo explicative de sa journaliste Ione Wells, pose la question de l'ingérence : pourquoi le Brésil accuse-t-il les États-Unis d'interférer ? Elle rappelle que Washington a soutenu un rapprochement avec la droite brésilienne, tandis que Lula reproche au camp Bolsonaro d'encourager une intervention étrangère. Selon la chaîne, le scrutin soulève des questions sur l'influence américaine, les droits de douane, le crime organisé et la souveraineté du Brésil.
Les deux médias placent ainsi Washington au centre du récit. Les sondages, les enjeux budgétaires ou la fracture sociale brésilienne n'occupent qu'une place secondaire dans les éléments disponibles.
