ANGLE DOMINANT
Montevideo mesure le scrutin brésilien à l'aune de la région : une réélection de Lula y est présentée comme un frein à l'ingérence américaine, dans un cadre porté par la gauche uruguayenne.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Selon Subrayado, Lula et Flávio Bolsonaro ont clos leur campagne samedi 3 octobre ; aucun n'atteignant la majorité dans les sondages, un second tour est prévu le 25 octobre.
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Le MPP, courant majoritaire du Frente Amplio, affirme qu'une réélection de Lula « freinerait l'intervention directe des États-Unis dans la région ».
- 03
El Observador indique que Trump a reçu Flávio Bolsonaro à la Maison-Blanche en mai et pris des sanctions contre des responsables brésiliens, sans soutien officiel à un candidat.
ANALYSE
Montevideo, 4 octobre 2026. Pour la presse uruguayenne, le premier tour brésilien de ce dimanche 4 octobre dépasse largement le cadre national. El Observador décrit une élection « polarisée et de fort impact régional » : 158 millions d'électeurs habilités, 13 candidats enregistrés, et deux favoris, Luiz Inácio Lula da Silva et Flávio Bolsonaro, sénateur de 45 ans et fils de Jair Bolsonaro.
Subrayado raconte la clôture de campagne de samedi 3 octobre. Lula a parcouru São Paulo en chapeau, entouré d'une « marée rouge » qui a paralysé l'avenue Paulista ; il cherche un quatrième mandat à près de 81 ans et a promis de lutter pour que le peuple brésilien « batte l'extrême droite ». Flávio Bolsonaro a, lui, sillonné l'intérieur de l'État à la tête d'un défilé de centaines de motos, dans le style de son père. Aucun des deux n'atteignant la majorité dans les sondages, un second tour est attendu le 25 octobre.
La dimension américaine domine la lecture locale. El Observador rappelle que Donald Trump suit le scrutin « de très près », sans soutien officiel, mais qu'il a reçu Flávio à la Maison-Blanche en mai et pris des sanctions contre des responsables brésiliens, accusés selon lui de mener une « chasse aux sorcières » contre Jair Bolsonaro. Lula a fait de la souveraineté son thème central et accuse son rival de se soumettre à Washington. L'article inscrit le vote dans la « vague orange », expression forgée par The Economist pour désigner le virage à droite de plusieurs pays latino-américains ; une victoire de Lula maintiendrait le Brésil parmi les rares gouvernements progressistes, avec le Mexique et l'Uruguay.
Le Mouvement de participation populaire (MPP), courant majoritaire du Frente Amplio du président Yamandú Orsi, a pris position samedi. Sa direction nationale juge ce scrutin « le plus pertinent du point de vue géopolitique pour nos pays » et affirme qu'une réélection de Lula « freinerait l'intervention directe des États-Unis dans la région », citant la formule de Lula : « le Brésil ne tient pas dans l'arrière-cour de personne ». La Diaria, El Observador et Subrayado relaient ce communiqué, qui vante aussi le bilan du gouvernement Orsi : 40 000 emplois en 16 mois.
El Observador note enfin que le bilan de Lula combine chômage minimal et inflation contenue, mais aussi une économie qui ralentit et une insécurité qui inquiète les Brésiliens. Il signale que Washington a suspendu vendredi ses services consulaires au Brésil pour des « préoccupations » de sécurité, sans préciser lesquelles ; l'Australie a fermé son ambassade pour le même motif.
SOURCES (3)
- SubrayadoMOYEN
- La DiariaMOYEN
- El ObservadorMOYEN
