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BREXIT, DIX ANS APRÈS : BILAN D'UNE DÉCENNIE DE DIVORCE
Bruxelles décrypte le Brexit comme un divorce qui n'a lésé que le Royaume-Uni : dix ans d'instabilité politique outre-Manche, un commerce affaibli, et une UE qui a tourné la page sans se retourner.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
Bruxelles, 23 juin 2026. Dix ans ont passé depuis le choc du 23 juin 2016, quand 52 % des électeurs britanniques ont choisi de quitter l'Union européenne. La presse belge consacre ce mardi de larges dossiers à cet anniversaire, et le verdict est sans ambiguïté : si le Brexit a été une perte pour l'Union, il ne l'a pas mise en péril. «Le départ du Royaume-Uni a bien sûr été une perte pour l'Union, mais il ne l'a pas mise en difficulté», relève une source européenne citée par La Libre Belgique. L'Union de 27, prophétisée moribonde par les souverainistes qui voyaient dans le Brexit le premier acte d'un délitement en chaîne, a au contraire avancé.
C'est côté britannique que la facture est la plus lourde. La Libre Belgique recense sept premiers ministres depuis le référendum — Cameron, May, Johnson, Truss, Sunak, Starmer, et demain sans doute Andy Burnham —, soit une durée moyenne d'exercice de 1 an et 9 mois par chef de gouvernement. Un record dans l'ère parlementaire moderne, selon le journal bruxellois. Le Brexit a par ailleurs accéléré le passage d'un bipartisme traditionnel à un multipartisme fragile : «Les gens votent désormais à l'intérieur de leur bloc, alternant entre les partis», analyse la publication.
Sur le plan commercial, le tableau n'est guère plus reluisant. Anand Menon, directeur du think tank UK in a Changing Europe, résume la contradiction originelle : «Il est tout à fait légitime de dire que l'on préfère l'autonomie politique à un accès étendu au marché. En revanche, il a été malhonnête de prétendre que l'on pouvait avoir les deux.» À la sortie effective de l'UE, le 31 décembre 2020, les entreprises britanniques ont découvert les contraintes administratives à l'export vers le continent. Files de camions à la frontière, 100 % des documents d'importation vérifiés côté européen, 30 % des cargaisons inspectées : la rupture s'est matérialisée dans les ports. Les gouvernements conservateurs successifs n'ont pas réussi à diversifier massivement leurs exportations hors de l'UE. Seule exception notable : la City de Londres, qui s'en est tirée avec les honneurs.
Politiquement, l'ironie est saisissante. L'éditorialiste François Mathieu, dans La Libre, pointe que Nigel Farage, «l'un des principaux artisans du Brexit», domine aujourd'hui les sondages avec Reform UK, alors même que ses promesses de 2016 «apparaissent largement démenties par les faits». Keir Starmer, lui, a payé sa stratégie d'évitement : en traitant le Brexit «comme un fait accompli, presque comme un sujet clos», il a laissé prospérer le vide politique. Une majorité de Britanniques estime désormais que la sortie de l'UE a nui à l'économie, au pouvoir d'achat, et même à la maîtrise de l'immigration — argument phare des partisans du Leave en 2016.
Cadrage europhile dominant : les articles valorisent la résilience de l'UE et documentent les coûts britanniques sans examiner les éventuels gains d'autonomie réglementaire revendiqués par les partisans du Brexit.
Préférence pour les sources institutionnelles et académiques (think tanks, sources européennes anonymes, politologues) au détriment des voix pro-Brexit ou des électeurs ordinaires ayant voté Leave.
Faible couverture des dynamiques économiques positives au Royaume-Uni post-Brexit : la performance de la City de Londres est mentionnée en passant, sans analyse approfondie des secteurs ayant bénéficié de la sortie.
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