ANGLE DOMINANT
Brésil dissèque la crise de Ceuta par ses images de rue - casquettes « Make Ceuta Great Again », pancartes anti-migrants, contre-manifestations - plus que par le contenu du rapport policier que Sánchez reconnaît en partie sans l'ériger en accusation contre Rabat.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Sánchez a affirmé devant le Congrès qu'aucun service espagnol, européen ou international n'a fourni de « preuves solides » que le Maroc ait planifié l'entrée de plus de 70 000 migrants à Ceuta fin juillet.
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Il a néanmoins reconnu que des policiers marocains avaient laissé passer les migrants pendant dix heures, le 30 juillet, au pic du flux, sans que les autorités aient établi s'il s'agit de négligence ou d'incapacité à contenir la foule.
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Le nombre de migrants encore présents à Ceuta diverge selon la source : environ 5 000 selon le gouvernement espagnol, environ 10 000 selon les autorités locales.
ANALYSE
Brasília, 4 septembre 2026. Vue depuis le Brésil, la crise de Ceuta se lit moins comme un dossier diplomatique que comme un choc de rue retransmis en direct. Les rédactions brésiliennes — Folha de S.Paulo, Estadão, G1 — ont couvert en priorité les manifestations du mercredi 2 septembre 2026 : plusieurs milliers de personnes dans les rues de Ceuta, Madrid, Barcelone et Bilbao, un mois après l'arrivée en deux jours de plus de 70 000 migrants venus du Maroc. G1 relève un détail qui a circulé jusqu'au Brésil : des manifestants coiffés de casquettes « Make Ceuta Great Again », clin d'œil assumé au slogan de Donald Trump, tandis que d'autres pancartes proclamaient « SOS Ceuta » ou réclamaient la démission de Pedro Sánchez. En face, des groupes de gauche et des syndicats ont organisé des contre-manifestations, notamment à Madrid, pour dénoncer ce qu'ils qualifient d'« agressions racistes et islamophobes » contre les migrants.
Sur le fond du dossier — l'implication éventuelle de Rabat —, la presse brésilienne rapporte les deux versions sans trancher. Sánchez a déclaré devant le Congrès qu'aucun service espagnol, européen ou international n'a fourni « de preuves solides » d'une opération marocaine coordonnée. Il a toutefois reconnu que des policiers marocains avaient laissé passer les migrants pendant dix heures, le 30 juillet, au pic du flux — un point documenté par un rapport policier espagnol obtenu par Reuters, sans que les autorités espagnoles n'aient établi s'il s'agit de négligence ou d'incapacité à contenir la foule. Le Maroc, cité par Estadão via le quotidien marocain Le Desk, dément toute complaisance délibérée et attribue la traversée à des passeurs, à une décision judiciaire espagnole et aux réseaux sociaux.
Sánchez a par ailleurs réaffirmé la souveraineté espagnole sur Ceuta et Melilla — « espagnoles depuis des siècles » — après que le ministre marocain de la Justice, Abdellatif Ouahbi, a revendiqué leur « identité marocaine ». L'ambassadrice marocaine a été convoquée le 21 août. Le roi Felipe VI doit s'y rendre « dans les prochaines semaines », une première depuis la visite de Juan Carlos en 2007. Sur le terrain, le gouvernement a porté la capacité d'accueil de 500 à plus de 3 400 places et déployé 1 600 policiers, jugés insuffisants par les autorités locales. Les chiffres eux-mêmes divergent : 5 000 migrants encore présents selon Madrid, 10 000 selon les autorités locales de Ceuta.
SOURCES (3)
- G1 Globo MundoMOYEN
- EstadãoMOYEN
