ANGLE DOMINANT
La Suisse retient d'abord l'isolement politique de Pedro Sánchez au Congrès, plus que la question de l'orchestration marocaine elle-même : son propre rapport de police le contredit, l'opposition l'accuse d'avoir menti, et des dizaines de milliers de personnes manifestent contre sa gestion de la crise.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Un rapport de la police espagnole (CENIF), révélé cette semaine, décrit un déploiement marocain « sensiblement plus réduit que d'ordinaire » et une « totale permissivité » lors de l'entrée des migrants à Ceuta fin juillet.
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Pedro Sánchez a convoqué l'ambassadrice du Maroc le 21 août après des déclarations de ministres marocains revendiquant la souveraineté sur Ceuta et Melilla.
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Selon le PP, environ 2000 rassemblements ont eu lieu en Espagne, dont un à Madrid réunissant quelque 50 000 personnes d'après les chiffres du gouvernement lui-même.
ANALYSE
Berne, 4 septembre 2026. Devant le Congrès espagnol, Pedro Sánchez répète qu'aucun service, ni espagnol ni international, ne lui a remis de « preuve solide » que le Maroc ait planifié ou orchestré l'afflux de migrants survenu fin juillet à Ceuta. Cette prudence tranche avec un rapport de la police espagnole elle-même, révélé cette semaine par la presse madrilène et consulté par l'AFP : les enquêteurs du Centre national de l'immigration et des frontières y décrivent un déploiement marocain « sensiblement plus réduit que d'ordinaire » et une réponse d'« une totale permissivité », allant jusqu'à évoquer des « attitudes compatibles avec un comportement de facilitation ». Sánchez ne conteste pas ces éléments mais refuse d'en tirer une accusation politique, assurant n'avoir reçu aucune alerte préalable.
L'épisode isole le chef du gouvernement au Congrès, où la critique est quasi unanime. Le chef de l'opposition Alberto Núñez Feijóo (PP) l'accuse d'avoir menti en niant toute alerte préalable, parle d'une « invasion » orchestrée par Rabat et réclame, par la voix du secrétaire général du parti Miguel Tellado, la démission du gouvernement et des élections anticipées. Dans la rue, la contestation déborde le clivage partisan : quelque 2000 rassemblements ont eu lieu à travers l'Espagne, dont un à Madrid réunissant, selon les chiffres du gouvernement lui-même, environ 50 000 personnes ; la police y a dispersé des groupes extrémistes au gaz lacrymogène et à balles en caoutchouc. Le parti d'extrême droite Vox a participé aux rassemblements, tandis que des contre-manifestations dénonçaient le racisme.
Sánchez a par ailleurs condamné avec fermeté des déclarations de ministres marocains revendiquant la souveraineté sur Ceuta et Melilla, convoqué l'ambassadrice du Maroc le 21 août, et appelé le roi Felipe VI à s'y rendre « dans les prochaines semaines » — une première depuis la visite de Juan Carlos en 2007, qui avait déclenché une crise diplomatique.
Les chiffres eux-mêmes varient selon les sources : la presse évoque « plusieurs dizaines de milliers » d'arrivées fin juillet, quand un bilan avance au moins 72 000 entrées, pour environ 5000 personnes encore présentes un mois plus tard dans une enclave de 83 000 habitants. Aucune voix officielle marocaine ne figure dans les articles consultés — un silence qui tient aussi à l'absence de presse marocaine dans notre collecte.
