ANGLE DOMINANT
Mexico pèse la crise de Ceuta à l'aune d'un deux poids, deux mesures : le sort des migrants africains face à celui des réfugiés ukrainiens et vénézuéliens accueillis par l'Espagne.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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83 personnes sont mortes le 31 juillet en tentant de franchir la frontière de Ceuta ou d'atteindre la plage de Tarajal ; neuf seulement ont été identifiées par empreintes ou ADN, selon La Jornada.
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Au moins 300 rassemblements ont eu lieu en Espagne le 2 septembre, jour du « Día de Ceuta », convoqués par la Fédération espagnole des municipalités et provinces (FEMP), présidée par le Parti populaire.
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L'Espagne a accordé une carte de résidence à 350 000 Ukrainiens après l'invasion russe et une protection humanitaire aux Vénézuéliens depuis 2019, un contraste que La Jornada oppose au sort des migrants de Ceuta.
ANALYSE
Mexico, 4 septembre 2026. Un mois après l'arrivée massive de migrants à Ceuta, l'Espagne a commémoré le 2 septembre le « Jour de Ceuta » par au moins 300 rassemblements, convoqués par la Fédération espagnole des municipalités et provinces, présidée par le Parti populaire. De Ceuta à Madrid, Valence, Séville et Barcelone, des milliers d'Espagnols ont manifesté leur solidarité avec l'enclave et réclamé une réponse à la crise migratoire. Les dirigeants du PP et de Vox, Alberto Núñez Feijóo et Santiago Abascal, y ont participé ; le gouvernement de Pedro Sánchez a qualifié ces mobilisations de « caractère politique », selon El Siglo de Torreón.
La presse mexicaine retient surtout le bilan humain de la traversée. Un éditorial de La Jornada rappelle que 83 personnes sont mortes le 31 juillet en tentant de franchir les postes-frontières ou d'atteindre la plage de Tarajal ; neuf seulement ont pu être identifiées par empreintes ou ADN, les autres reposant dans une fosse commune du cimetière musulman de Sidi Embarek. Sur les 70 000 arrivants, entre 5 000 et 6 000 seraient restés en Espagne, dont environ 1 500 mineurs et 700 filles, parmi lesquelles des cas de viols et de harcèlement ont été signalés.
Le texte critique ce qu'il présente comme l'exploitation politique de la tragédie par la droite espagnole, citant Santiago Abascal, l'ancien président José María Aznar appelant à résister à ce qu'il nomme « l'invasion », et le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas (PP) : « Celui qui prend d'assaut notre frontière ne peut pas y rester. » Il signale aussi des symboles néonazis lors des manifestations, des attaques contre des campements de migrants sur la plage de Benítez, et des barrages ayant bloqué des ambulances de la Croix-Rouge.
La Jornada oppose ce traitement à celui réservé à d'autres réfugiés : l'Espagne a accordé une carte de résidence à 350 000 Ukrainiens après l'invasion russe et une protection humanitaire aux Vénézuéliens depuis 2019 — un contraste que le texte souligne face au sort des migrants de Ceuta. « Los muertos de Ceuta han muerto en vano », conclut l'éditorial.
Aucun des deux articles mexicains ne mentionne le rôle allégué du Maroc dans l'ouverture de la frontière ni les déclarations de Sánchez au Congrès sur l'absence de « preuve solide » d'une orchestration marocaine : la presse consultée se concentre sur le drame humain et la politique intérieure espagnole plutôt que sur la dimension diplomatique avec Rabat.
