
6 perspectives, chacune dans la voix de la presse de son pays.
Berlin mesure surtout l'ampleur des pouvoirs tarifaires accordés à Donald Trump par le Congrès, jusqu'à 500 % sur les importations russes et jusqu'à 100 % sur les pays acheteurs d'énergie russe, avant les conséquences diplomatiques pour la Chine et l'Inde.
2 sources
New Delhi pèse le risque tarifaire en dollars et en parts de marché, mettant en avant les 40,8 milliards de dollars de brut russe importés en 2026 plutôt qu'un principe abstrait de souveraineté énergétique.
3 sources
Doha analyse la loi de sanctions américaine comme un potentiel redessin du marché mondial de l'énergie, où les droits de douane visant les acheteurs de pétrole et de gaz russes pourraient rebattre les cartes en faveur des producteurs du Golfe.
2 sources
Moscou fustige un texte qu'elle assimile moins à un outil de pression commerciale qu'à une tentative de priver la Russie des fonds nécessaires à la poursuite de son offensive en Ukraine.
4 sources
Kyiv salue la loi de sanctions votée par le Congrès comme un levier de pression sur les recettes énergétiques russes, mais la lit à l'aune des frappes qui continuent de tomber sur ses villes.
3 sources
Washington livre à Trump une arme tarifaire tenue en réserve : le Congrès valide des droits de douane jusqu'à 100% sur les acheteurs de pétrole russe pour peser sur Pékin et New Delhi, plus qu'il ne sanctionne dans l'immédiat Moscou.
7 sources
Points communs et différences de traitement dans les médias analysés.
La Chambre des représentants a adopté le texte par 262 voix contre 159 le mercredi 16 septembre 2026, après un vote favorable du Sénat, avant sa transmission à Donald Trump pour signature.
La loi autorise le président à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les pays qui continuent d'acheter du pétrole et du gaz russes, en visant en priorité la Chine et l'Inde parmi les cinq plus gros acheteurs.
Le texte porte le nom du sénateur républicain Lindsey Graham, principal porteur du projet avant son décès en juillet 2026.
Le vote est interprété par certains comme un outil pour accélérer un règlement du conflit en Ukraine, et par d'autres comme un obstacle supplémentaire à toute négociation, la Russie qualifiant la démarche de geste « inamical ».
Couvertures qui vont dans ce sens
Couvertures qui divergent
Une partie de la couverture présente le pouvoir tarifaire conféré au président comme une autorité gardée en réserve plutôt qu'appliquée aussitôt contre la Chine et l'Inde, tandis qu'une autre l'analyse comme un facteur pouvant redistribuer dès à présent le marché mondial de l'énergie.
Couvertures qui vont dans ce sens
Couvertures qui divergent
Ce regroupement décrit les publications analysées, pas la position des habitants de ces pays ni celle de leurs gouvernements.
ANGLE DOMINANT
Berlin mesure surtout l'ampleur des pouvoirs tarifaires accordés à Donald Trump par le Congrès, jusqu'à 500 % sur les importations russes et jusqu'à 100 % sur les pays acheteurs d'énergie russe, avant les conséquences diplomatiques pour la Chine et l'Inde.
POINTS CLES
ANALYSE
Berlin, 18 septembre 2026. La presse allemande retient d'abord l'ampleur des pouvoirs tarifaires que le Congrès américain vient d'accorder à Donald Trump. Mercredi, la Chambre des représentants a approuvé par 262 voix contre 159 un paquet de sanctions contre la Russie, après un vote favorable du Sénat le mois précédent à une « nette majorité », selon Handelsblatt. Le texte part désormais sur le bureau du président américain, qui avait déjà « laissé entendre son accord », précise le quotidien économique. Deutsche Welle qualifie ce paquet de « premier nouveau texte de sanctions contre la Russie » du second mandat de Trump.
Les deux titres décrivent le même objectif déclaré : réduire les revenus tirés des exportations d'énergie russes, qui financent la guerre contre l'Ukraine. Mais le mécanisme mis en avant par la presse allemande reste avant tout tarifaire. Selon DW, Trump pourra frapper les importations directes depuis la Russie de taxes pouvant atteindre 500 %, et les cinq plus gros acheteurs d'énergie russe, ainsi que les cinq pays qui aident le plus Moscou à contourner les sanctions existantes, de droits de douane allant jusqu'à 100 %.
Handelsblatt rappelle que la Chine et l'Inde figurent parmi les plus gros acheteurs de pétrole russe et que la loi « pourrait donc encore tendre les relations commerciales américaines » avec ces deux pays. Le quotidien souligne aussi que le texte porte le nom du sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet, présenté comme l'homme qui l'a « décisivement fait avancer » au Congrès.
Sur le volet répressif, DW détaille des interdictions d'entrée visant Vladimir Poutine et plusieurs responsables militaires jugés responsables de la guerre, le gel de leurs avoirs aux États-Unis, celui des banques russes, ainsi qu'un ciblage explicite de la « flotte fantôme » de pétroliers utilisée par Moscou pour contourner les sanctions pétrolières déjà en vigueur.
Aucun des deux articles ne mentionne à ce stade de réaction du Kremlin, de l'Inde ou de l'Ukraine : la couverture allemande reste concentrée sur le déroulé législatif à Washington et sur les mécanismes tarifaires qu'il ouvre, plutôt que sur ses répercussions diplomatiques immédiates pour New Delhi ou Pékin. Reste à savoir, une fois la signature présidentielle acquise, avec quelle ampleur ces nouveaux droits seront réellement appliqués.
ANGLE DOMINANT
New Delhi pèse le risque tarifaire en dollars et en parts de marché, mettant en avant les 40,8 milliards de dollars de brut russe importés en 2026 plutôt qu'un principe abstrait de souveraineté énergétique.
POINTS CLES
ANALYSE
New Delhi, 18 septembre 2026. La Chambre des représentants américaine a adopté mercredi 16 septembre, par 262 voix contre 159, la loi Lindsey O. Graham sur les sanctions contre la Russie et l'Iran, déjà votée par le Sénat par 86 voix contre 11. Le texte, qui porte le nom du sénateur républicain mort en juillet, part désormais sur le bureau de Donald Trump et autorise le président à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100% sur les importations des pays qui continuent d'acheter du pétrole et du gaz russes — sans les déclencher automatiquement. Une exemption est prévue pour les pays qui importent moins de 15% de leur gaz de Russie et réduisent ces achats.
Pour New Delhi, l'enjeu se chiffre en dollars. Selon le think-tank Global Trade Research Initiative (GTRI), la Russie a fourni 30,3% des importations de brut indiennes en année fiscale 2026, soit 40,8 milliards de dollars sur une facture totale de 134,7 milliards de dollars. En juillet, le brut russe représentait même plus de la moitié des importations du pays, loin devant les Émirats arabes unis (10,8%), l'Arabie saoudite (9,6%), le Venezuela (6,3%), le Brésil (5,5%), Oman (5,3%) et les États-Unis (2,9%) réunis. Selon le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), l'Inde a absorbé 37% des exportations de brut russe entre décembre 2022 et août 2026, derrière la Chine (moitié) et devant la Turquie et l'UE (5% chacune).
ANGLE DOMINANT
Doha analyse la loi de sanctions américaine comme un potentiel redessin du marché mondial de l'énergie, où les droits de douane visant les acheteurs de pétrole et de gaz russes pourraient rebattre les cartes en faveur des producteurs du Golfe.
POINTS CLES
ANALYSE
Doha, vendredi 18 septembre 2026. Premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, le Qatar suit avec un intérêt économique marqué le vote du Congrès américain qui ouvre la voie à des droits de douane pouvant atteindre 100 % contre les pays continuant d'acheter du pétrole et du gaz russes. Mercredi 16 septembre, la Chambre des représentants a adopté le texte porté par le sénateur républicain Lindsey Graham par 262 voix contre 159, après son adoption au Sénat ; il part désormais sur le bureau de Donald Trump. La loi vise notamment la Chine et l'Inde, deux clients majeurs du pétrole russe, et cible aussi des responsables, des banques et la flotte fantôme de pétroliers utilisée par Moscou pour contourner les sanctions occidentales.
Pour la presse qatarie, l'enjeu dépasse la seule punition de Moscou : c'est une possible redistribution du marché mondial de l'énergie qui se dessine. Si les acheteurs asiatiques doivent réduire leurs importations russes sous peine de représailles tarifaires, les fournisseurs alternatifs de GNL et de pétrole, Golfe en tête, pourraient en tirer un bénéfice commercial, à condition d'éviter d'être eux-mêmes rattrapés par l'engrenage des sanctions.
ANGLE DOMINANT
Moscou fustige un texte qu'elle assimile moins à un outil de pression commerciale qu'à une tentative de priver la Russie des fonds nécessaires à la poursuite de son offensive en Ukraine.
POINTS CLES
ANALYSE
Moscou, 18 septembre 2026. La Chambre des représentants américaine a approuvé mercredi 16 septembre, par 262 voix contre 159, le texte désormais baptisé « Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026 », du nom du sénateur républicain mort en août, rapporte Sputnik. Le Sénat l'avait déjà validé le mois précédent ; le document part maintenant sur le bureau de Donald Trump. Selon RT, 203 républicains et 58 démocrates ont voté pour, contre sept républicains et 152 démocrates.
Le texte autorise le président à frapper de droits de douane pouvant atteindre 100 % les pays qui achètent ou revendent du pétrole et du gaz russes. Il vise en priorité, précise RT, « les cinq principaux pays facilitant le contournement des sanctions pétrolières russes », la Chine et l'Inde étant attendues parmi les cibles. Le dispositif frappe aussi la « flotte fantôme » de pétroliers, les secteurs énergétique et de défense russes, ainsi que des responsables et des banques, dans le but, selon le Moscow Times, de priver Moscou des fonds utilisés pour financer sa guerre contre l'Ukraine.
Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a qualifié le vote de geste inamical. « Nous suivons bien sûr l'avancée de ce texte. Il relève de la catégorie des actions inamicales, et l'imposition de sanctions supplémentaires par les États-Unis compliquerait certainement la recherche d'un règlement de paix en Ukraine », a-t-il déclaré, cité par Sputnik et le Moscow Times.
ANGLE DOMINANT
Kyiv salue la loi de sanctions votée par le Congrès comme un levier de pression sur les recettes énergétiques russes, mais la lit à l'aune des frappes qui continuent de tomber sur ses villes.
POINTS CLES
ANALYSE
Kyiv, 18 septembre 2026. La Chambre des représentants a adopté mercredi 16 septembre, par 262 voix contre 159, la loi de sanctions portée par le défunt sénateur Lindsey Graham, déjà votée par le Sénat à 86 voix contre 11 en août. Le texte part désormais sur le bureau de Donald Trump. Il autorise le président américain à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100 % sur les cinq plus gros importateurs de pétrole et de gaz russes, avec une exemption pour les pays achetant moins de 15 % de leur gaz en Russie et réduisant leurs volumes. Il vise aussi les responsables russes, les banques, la flotte fantôme de pétroliers et prolonge les sanctions contre l'Iran jusqu'en 2031.
À Kyiv, le vote est reçu comme une pièce du dossier de guerre plus que comme un texte commercial. Sur Telegram, Volodymyr Zelensky a jugé « symbolique » que l'adoption survienne « la nuit d'une nouvelle attaque russe impliquant missiles balistiques, autres missiles et drones ». Selon lui, des infrastructures civiles ont été endommagées dans huit régions, dont des installations énergétiques à Soumy et Odessa et des immeubles résidentiels à Kyiv et Odessa : 20 blessés à Kyiv, 7 à Odessa, dont de jeunes enfants. Il a qualifié la loi Graham d'« outil incroyablement puissant capable de mettre fin à cette guerre terroriste et de contraindre la Russie à instaurer la paix ».
ANGLE DOMINANT
Washington livre à Trump une arme tarifaire tenue en réserve : le Congrès valide des droits de douane jusqu'à 100% sur les acheteurs de pétrole russe pour peser sur Pékin et New Delhi, plus qu'il ne sanctionne dans l'immédiat Moscou.
POINTS CLES
ANALYSE
Washington, 18 septembre 2026. Après plus d'un an et demi de négociations, la Chambre des représentants a adopté mercredi, par 262 voix contre 159, le Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026, déjà validé par le Sénat en août par 86 voix contre 11. Le texte porte le nom du sénateur républicain mort subitement en juillet, peu après un voyage à Kyiv où il avait annoncé un accord avec la Maison Blanche pour le faire avancer. Il part désormais sur le bureau de Donald Trump, qui l'a déjà soutenu.
La loi autorise le président à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100% sur les cinq premiers acheteurs de pétrole ou de gaz russes, au premier rang desquels la Chine et l'Inde, avec une exemption pour les pays important moins de 15% de leur gaz de Russie et réduisant ces achats de façon « significative ». Elle sanctionne aussi des responsables russes, des banques, la « flotte fantôme » de pétroliers, et prolonge l'Iran Sanctions Act jusqu'en 2031.
Le vote a brouillé les lignes partisanes : la direction démocrate s'y est opposée, redoutant une extension des pouvoirs tarifaires du président, tandis que 58 élus démocrates ont voté pour et sept républicains contre. Les représentants Gregory Meeks, Don Beyer et Richard Neal ont averti que le texte « ferait plus de mal que de bien ». Le président de la Chambre, Mike Johnson, a salué « un message puissant d'unité américaine ».
Explorez toutes les perspectives sur ce sujet dans 6 pays.
Comparez les points de vue et comprenez les divergences.
publié le
pays
sources
articles
Le vote du Congrès n'est pas la fin de l'histoire mais son ouverture : dans les jours qui suivent, capitales et places financières se demandent qui, de la Chine, de l'Inde ou des producteurs du Golfe, portera le poids réel de la loi Graham — et si Donald Trump ira jusqu'à l'appliquer.
Le texte attend la signature de Trump ; des analystes anticipent qu'il gardera cette autorité tarifaire en réserve plutôt que de l'exercer aussitôt contre la Chine et l'Inde.
Le texte n'arrive au vote qu'après plus d'un an et demi de négociations au Congrès, selon ABC News. Il porte le nom de Lindsey Graham, sénateur républicain mort subitement en juillet, peu après un voyage à Kyiv où il avait annoncé, selon NBC News, un accord avec la Maison Blanche pour le faire avancer.
Le vote a brouillé les lignes partisanes, note NBC News : la direction démocrate s'y est opposée, redoutant une extension des pouvoirs tarifaires du président. Les représentants démocrates Gregory Meeks, Don Beyer et Richard Neal ont estimé que le texte « ferait plus de mal que de bien ».
Le président de la Chambre, Mike Johnson, a lui salué « un message puissant d'unité américaine », rapporte NBC News. Sputnik note, de son côté, que la Russie inscrit Lindsey Graham sur sa liste des « terroristes et extrémistes ».
Selon The Atlantic, « le texte n'est pas ce qu'il paraît être » : le magazine soutient qu'il n'impose aucune sanction nouvelle significative, et qu'il autorise Donald Trump à lever lui-même les mesures déjà prévues, au nom de l'intérêt national.
The Atlantic ajoute que le texte restitue au président une part du pouvoir tarifaire que la Cour suprême lui avait retiré en février, sans détailler la décision en cause.
Le Center for Strategic and International Studies, cité par la presse américaine, observe que le dispositif remplace le droit de douane uniforme de 500 % prévu par la version 2025 du texte par « un instrument plus mesuré ».
Deutsche Welle détaille un étage resté peu commenté ailleurs : au-delà des droits de douane visant les acheteurs d'énergie russe, Trump pourrait aussi frapper les importations directes depuis la Russie de taxes allant jusqu'à 500 %.
Selon le Global Trade Research Initiative (GTRI), cité par la BBC, le pétrole russe n'est qu'une partie du tableau énergétique indien : en juillet 2026, il représentait plus de la moitié des importations du pays, loin devant les Émirats arabes unis (10,8 %), l'Arabie saoudite (9,6 %), le Venezuela (6,3 %), le Brésil (5,5 %), Oman (5,3 %) et les États-Unis (2,9 %) réunis.
Le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA) calcule, toujours selon la BBC, que l'Inde a absorbé 37 % des exportations de brut russe entre décembre 2022 et août 2026 — derrière la Chine, qui en a pris la moitié, mais devant la Turquie et l'Union européenne, à 5 % chacune.
Le ministère indien des Affaires étrangères précise, selon Gulf Times, que le sujet a déjà été « discuté à haut niveau » avec les interlocuteurs américains, et que ses implications pour la relation bilatérale comme pour le marché énergétique international ont été « très clairement exposées » du côté indien.
Pour la presse qatarie, citée par Gulf Times et Al Jazeera, l'enjeu dépasse la seule pression sur Moscou : si les acheteurs asiatiques doivent réduire leurs achats russes, les fournisseurs alternatifs de gaz naturel liquéfié et de pétrole, à commencer par le Golfe, pourraient en tirer un bénéfice commercial — à condition d'échapper eux-mêmes à l'engrenage des sanctions.
À Kyiv, le vote est reçu comme une pièce du dossier de guerre plus qu'un texte commercial. Sur Telegram, Volodymyr Zelensky a jugé « symbolique » que l'adoption survienne la nuit d'une attaque russe impliquant missiles balistiques, autres missiles et drones, rapporte le Kyiv Post.
« Nous suivons bien sûr l'avancée de ce texte. Il relève de la catégorie des actions inamicales, et l'imposition de sanctions supplémentaires par les États-Unis compliquerait certainement la recherche d'un règlement de paix en Ukraine »
Le président ukrainien a fait état de dégâts sur des infrastructures civiles dans huit régions, dont des installations énergétiques à Soumy et à Odessa et des immeubles résidentiels à Kyiv et Odessa : 20 blessés à Kyiv, 7 à Odessa, dont de jeunes enfants, selon la même source.
Quelques heures avant le vote, après une frappe de drone ayant tué cinq personnes près de Nikopol, Zelensky avait appelé ses partenaires à soutenir le texte Graham et à durcir les sanctions européennes, rapporte Ukrinform.
Le texte porte le nom du sénateur républicain Lindsey Graham, mort en juillet 2026.
203 républicains et 58 démocrates ont voté pour ; sept républicains et 152 démocrates contre.
Le Hoover Institution anticipe que Trump garde l'autorité tarifaire « en réserve » comme levier.
La Chine rejette le texte, dénonçant une « juridiction extraterritoriale » sans mandat de l'ONU.
Jeudi 17 septembre, le ministère indien des Affaires étrangères a répondu par la voix de son porte-parole Randhir Jaiswal : l'Inde reste « fermement engagée » à garantir la sécurité énergétique de son 1,4 milliard d'habitants et prendra « toutes les mesures nécessaires » pour protéger ses intérêts commerciaux. Le ministère précise que le sujet a déjà été « discuté à haut niveau » avec les interlocuteurs américains, et que ses implications pour la relation bilatérale comme pour le marché énergétique international ont été « très clairement exposées » du côté indien.
La presse indienne souligne que la mesure n'est pas automatique : Trump devra décider, pays par pays, d'activer ou non les droits de douane. Une version antérieure du texte, en juillet, envisageait des tarifs jusqu'à 500% visant nommément l'Inde, la Chine, la Turquie et Singapour parmi dix pays. Pékin, également exposé, a de son côté rejeté le texte, dénonçant une « juridiction extraterritoriale » sans mandat du Conseil de sécurité de l'ONU.
Jeudi 17 septembre, le ministère indien des Affaires étrangères a répondu que New Delhi restait « fermement engagé » à garantir la sécurité énergétique de ses 1,4 milliard d'habitants par un « approvisionnement diversifié », et qu'il prendrait « toutes les mesures nécessaires » pour protéger ses intérêts commerciaux. Une position qui, vue de Doha, illustre la difficulté de convertir la loi américaine en levier réel : la clause d'exemption pour les pays important moins de 15 % de leur gaz de Russie laisse une marge de négociation, et rien n'oblige Trump à appliquer effectivement les tarifs.
Le texte prolonge aussi l'Iran Sanctions Act jusqu'en 2031, un point suivi de près dans le Golfe, où l'équilibre régional dépend en partie de la pression américaine sur Téhéran. Pour les observateurs qataris, la loi confirme surtout la volonté du Congrès, réuni sur ce dossier après plus d'un an de blocage, de transformer l'accès à l'énergie russe en variable de la diplomatie de guerre en Ukraine — une logique qui pourrait, à terme, redistribuer des parts de marché vers les producteurs du Golfe.
Pékin a réagi dès jeudi par la voix du porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Guo Jiakun : « La coopération de la Chine avec d'autres pays ne doit pas être soumise à l'ingérence de tiers », a-t-il affirmé, ajoutant que ces échanges reposent sur « l'égalité et le bénéfice mutuel » et ne tolèrent « ni ingérence ni coercition ».
TASS rappelle qu'un vote de procédure avait d'abord permis, par 214 voix contre 211, d'ouvrir la voie au vote final, et souligne que le texte impose également des sanctions secondaires aux partenaires commerciaux de la Russie, en plus de restrictions visant de hauts responsables politiques et militaires. Sputnik note par ailleurs que Lindsey Graham est inscrit par la Russie sur la liste des « terroristes et extrémistes ».
Cette lecture prolonge un appel lancé quelques heures avant le vote : mercredi 16 septembre, après une frappe de drone FPV ayant tué cinq personnes près de Nikopol et endommagé une locomotive dans la région de Mykolaïv, le président ukrainien avait exhorté ses partenaires à soutenir le texte de Graham et à durcir les sanctions européennes, jugeant qu'aucune concession à l'agresseur sous forme de sanctions allégées ne mènerait à la paix.
Côté russe, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a qualifié jeudi 17 septembre le vote de « geste inamical » qui « compliquera indéniablement » tout règlement pacifique du conflit. Le Wall Street Journal, cité par la presse ukrainienne, indique que Trump prévoit de signer le texte. Pour Kyiv, la mesure cible directement les recettes énergétiques qui financent l'effort de guerre russe, en particulier via la Chine et l'Inde, principaux acheteurs de brut russe.
Pour plusieurs analystes cités par la presse américaine, l'enjeu n'est pas une application immédiate. Ronak D. Desai, du Hoover Institution, anticipe que Trump « signera cette loi et gardera son autorité tarifaire en réserve comme instrument de levier ». Le Center for Strategic and International Studies note que le texte remplace le droit de douane uniforme de 500% de la version 2025 par « un instrument plus mesuré ». The Atlantic va plus loin, jugeant que « le texte n'est pas ce qu'il paraît être » : selon le magazine, il n'impose aucune sanction nouvelle significative et permet à Trump de lever lui-même les mesures au nom de l'intérêt national, tout en lui restituant une part du pouvoir tarifaire que la Cour suprême lui avait retiré en février.
La Chine et l'Inde, qui n'ont montré aucun signe de vouloir réduire leurs achats de brut russe, pourraient donc d'abord subir une pression diplomatique tenue en réserve plutôt qu'une taxation immédiate.