ANGLE DOMINANT
New Delhi pèse le risque tarifaire en dollars et en parts de marché, mettant en avant les 40,8 milliards de dollars de brut russe importés en 2026 plutôt qu'un principe abstrait de souveraineté énergétique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le ministère indien des Affaires étrangères a déclaré que l'Inde reste « fermement engagée » à garantir la sécurité énergétique de son 1,4 milliard d'habitants et prendra « toutes les mesures nécessaires » pour protéger ses intérêts commerciaux (porte-parole Randhir Jaiswal, 17 septembre).
- 02
La Russie a fourni 30,3% des importations de brut de l'Inde en année fiscale 2026, soit 40,8 milliards de dollars sur une facture totale de 134,7 milliards de dollars, selon le Global Trade Research Initiative (GTRI).
- 03
La loi Lindsey O. Graham, adoptée 262 voix contre 159 à la Chambre après un vote 86-11 au Sénat, cible les cinq premiers acheteurs de pétrole et gaz russes mais n'impose pas automatiquement les droits de douane de 100%.
ANALYSE
New Delhi, 18 septembre 2026. La Chambre des représentants américaine a adopté mercredi 16 septembre, par 262 voix contre 159, la loi Lindsey O. Graham sur les sanctions contre la Russie et l'Iran, déjà votée par le Sénat par 86 voix contre 11. Le texte, qui porte le nom du sénateur républicain mort en juillet, part désormais sur le bureau de Donald Trump et autorise le président à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100% sur les importations des pays qui continuent d'acheter du pétrole et du gaz russes — sans les déclencher automatiquement. Une exemption est prévue pour les pays qui importent moins de 15% de leur gaz de Russie et réduisent ces achats.
Pour New Delhi, l'enjeu se chiffre en dollars. Selon le think-tank Global Trade Research Initiative (GTRI), la Russie a fourni 30,3% des importations de brut indiennes en année fiscale 2026, soit 40,8 milliards de dollars sur une facture totale de 134,7 milliards de dollars. En juillet, le brut russe représentait même plus de la moitié des importations du pays, loin devant les Émirats arabes unis (10,8%), l'Arabie saoudite (9,6%), le Venezuela (6,3%), le Brésil (5,5%), Oman (5,3%) et les États-Unis (2,9%) réunis. Selon le Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), l'Inde a absorbé 37% des exportations de brut russe entre décembre 2022 et août 2026, derrière la Chine (moitié) et devant la Turquie et l'UE (5% chacune).
Jeudi 17 septembre, le ministère indien des Affaires étrangères a répondu par la voix de son porte-parole Randhir Jaiswal : l'Inde reste « fermement engagée » à garantir la sécurité énergétique de son 1,4 milliard d'habitants et prendra « toutes les mesures nécessaires » pour protéger ses intérêts commerciaux. Le ministère précise que le sujet a déjà été « discuté à haut niveau » avec les interlocuteurs américains, et que ses implications pour la relation bilatérale comme pour le marché énergétique international ont été « très clairement exposées » du côté indien.
La presse indienne souligne que la mesure n'est pas automatique : Trump devra décider, pays par pays, d'activer ou non les droits de douane. Une version antérieure du texte, en juillet, envisageait des tarifs jusqu'à 500% visant nommément l'Inde, la Chine, la Turquie et Singapour parmi dix pays. Pékin, également exposé, a de son côté rejeté le texte, dénonçant une « juridiction extraterritoriale » sans mandat du Conseil de sécurité de l'ONU.
SOURCES (3)
- SwarajyaMOYEN
- Free Press JournalMOYEN
