ANGLE DOMINANT
Washington livre à Trump une arme tarifaire tenue en réserve : le Congrès valide des droits de douane jusqu'à 100% sur les acheteurs de pétrole russe pour peser sur Pékin et New Delhi, plus qu'il ne sanctionne dans l'immédiat Moscou.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La Chambre a adopté le texte par 262 voix contre 159 le 16 septembre, après un vote du Sénat à 86 voix contre 11 en août.
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La loi autorise des droits de douane jusqu'à 100% sur les cinq premiers acheteurs de pétrole ou de gaz russes, avec une exemption pour les pays important moins de 15% de leur gaz de Russie et réduisant ces achats.
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Ronak D. Desai, du Hoover Institution, estime que Trump « signera cette loi et gardera son autorité tarifaire en réserve comme instrument de levier » plutôt que de taxer immédiatement la Chine et l'Inde.
ANALYSE
Washington, 18 septembre 2026. Après plus d'un an et demi de négociations, la Chambre des représentants a adopté mercredi, par 262 voix contre 159, le Lindsey O. Graham Sanctioning Russia and Iran Act of 2026, déjà validé par le Sénat en août par 86 voix contre 11. Le texte porte le nom du sénateur républicain mort subitement en juillet, peu après un voyage à Kyiv où il avait annoncé un accord avec la Maison Blanche pour le faire avancer. Il part désormais sur le bureau de Donald Trump, qui l'a déjà soutenu.
La loi autorise le président à imposer des droits de douane pouvant atteindre 100% sur les cinq premiers acheteurs de pétrole ou de gaz russes, au premier rang desquels la Chine et l'Inde, avec une exemption pour les pays important moins de 15% de leur gaz de Russie et réduisant ces achats de façon « significative ». Elle sanctionne aussi des responsables russes, des banques, la « flotte fantôme » de pétroliers, et prolonge l'Iran Sanctions Act jusqu'en 2031.
Le vote a brouillé les lignes partisanes : la direction démocrate s'y est opposée, redoutant une extension des pouvoirs tarifaires du président, tandis que 58 élus démocrates ont voté pour et sept républicains contre. Les représentants Gregory Meeks, Don Beyer et Richard Neal ont averti que le texte « ferait plus de mal que de bien ». Le président de la Chambre, Mike Johnson, a salué « un message puissant d'unité américaine ».
Pour plusieurs analystes cités par la presse américaine, l'enjeu n'est pas une application immédiate. Ronak D. Desai, du Hoover Institution, anticipe que Trump « signera cette loi et gardera son autorité tarifaire en réserve comme instrument de levier ». Le Center for Strategic and International Studies note que le texte remplace le droit de douane uniforme de 500% de la version 2025 par « un instrument plus mesuré ». The Atlantic va plus loin, jugeant que « le texte n'est pas ce qu'il paraît être » : selon le magazine, il n'impose aucune sanction nouvelle significative et permet à Trump de lever lui-même les mesures au nom de l'intérêt national, tout en lui restituant une part du pouvoir tarifaire que la Cour suprême lui avait retiré en février.
La Chine et l'Inde, qui n'ont montré aucun signe de vouloir réduire leurs achats de brut russe, pourraient donc d'abord subir une pression diplomatique tenue en réserve plutôt qu'une taxation immédiate.
