ANGLE DOMINANT
Pretoria pèse la chute du procureur Khan à l'aune de sa propre bataille juridique avec la CPI, dont elle conteste la compétence sur les violences xénophobes visant des étrangers.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les 125 États membres de la CPI ont voté à large majorité la révocation de Karim Khan, une première pour un procureur en chef de la Cour
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La vice-ministre norvégienne Andreas Motzfeldt Kravik a jugé prouvé « au-delà de tout doute raisonnable » un harcèlement sexuel et un abus de pouvoir
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Le Dirco sud-africain, via Chrispin Phiri, a rejeté comme sans fondement une plainte déposée à la CPI par deux responsables ghanéens contre l'État sud-africain
ANALYSE
Pretoria, 25 juillet 2026. La destitution de Karim Khan, votée vendredi par une large majorité des 125 États membres de la Cour pénale internationale, résonne différemment en Afrique du Sud, elle-même engagée dans un bras de fer juridique avec l'institution de La Haye. C'est la première fois qu'un procureur en chef de la CPI est démis de ses fonctions, rapportent Business Day et TimesLIVE, qui reprennent une dépêche de l'Associated Press. Le barreau britannique, 56 ans, accusé d'avoir entretenu une relation avec une collaboratrice puis d'avoir tenté d'empêcher qu'elle porte plainte, avait déjà été suspendu de ses fonctions en juin après un rapport du comité exécutif de l'organe de surveillance de la Cour concluant à une « faute grave ». Il conteste ces conclusions. La vice-ministre norvégienne des Affaires étrangères, Andreas Motzfeldt Kravik, a estimé qu'« il a été prouvé au-delà de tout doute raisonnable que sa conduite constituait un harcèlement sexuel et un abus de pouvoir ». Une motion de la Sierra Leone visant à durcir la procédure de révocation a échoué avant le vote. Pour Pretoria, cette crise interne de la Cour survient alors que le département des Relations internationales et de la Coopération (Dirco) vient lui-même de rejeter, comme « prématurée et sans fondement juridique », une plainte déposée à la CPI par deux responsables ghanéens visant l'État sud-africain pour son inaction présumée durant les récentes violences contre des étrangers sans papiers. Le porte-parole Chrispin Phiri a invoqué le principe de complémentarité : « la CPI n'intervient que lorsqu'un système judiciaire national est incapable ou refuse d'agir », a-t-il rappelé, en affirmant la confiance de Pretoria dans son propre appareil juridique. Un autre dossier, l'abandon par les juges des poursuites contre le rebelle soudanais en fuite Abdallah Banda, accusé d'une attaque de 2007 contre des Casques bleus au Darfour, illustre les difficultés probatoires que traverse également le bureau du procureur, laissant 103 victimes sans réponse après quinze ans d'attente.
SOURCES (2)
- Business DayMOYEN
