ANGLE DOMINANT
Islamabad dissocie la fierté suscitée par un fils de la diaspora pakistanaise de la crise de crédibilité qui frappe désormais la Cour pénale internationale.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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82 des 125 États membres de la CPI ont voté vendredi la destitution de Karim Khan, suspendu depuis mai 2025 (Dawn).
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L'accusatrice, une avocate malaisienne identifiée comme Sarah, a décrit à CNN une agression physique résultant d'une disparité de pouvoir (Dawn).
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Les États-Unis ont sanctionné onze juges et procureurs de la CPI, dont Karim Khan, en lien avec les mandats d'arrêt contre Netanyahu et Gallant (Geo News).
ANALYSE
Islamabad, 25 juillet 2026. La destitution du procureur en chef de la Cour pénale internationale (CPI), Karim Khan, votée vendredi par 82 des 125 États membres réunis à New York, résonne particulièrement au Pakistan : le magistrat déchu, né à Édimbourg d'un père dermatologue pakistanais et d'une mère infirmière britannique, était présenté dans la presse locale comme une figure de la diaspora ayant atteint les plus hautes fonctions de la justice internationale. Sa chute, provoquée par des accusations de harcèlement sexuel, est traitée avec une prudence marquée, distinguant la trajectoire personnelle de l'institution qu'il dirigeait.
Selon Dawn, Khan, 56 ans, avait été suspendu dès mai 2025 après l'ouverture d'une enquête interne, avant d'être formellement écarté par un vote à bulletin secret vendredi. L'accusatrice, une avocate malaisienne identifiée sous le prénom Sarah, ancienne assistante directe du procureur, a décrit à CNN « une escalade de tentatives » ayant abouti à une agression physique, estimant qu'« il ne peut y avoir de consentement avec une telle disparité de pouvoir ». Khan dément « toute relation sexuelle » par la voix de ses avocats et qualifie la procédure d'« illégale, procéduralement inéquitable et non étayée par des preuves », rapporte Geo News.
The Express Tribune retrace la carrière de Khan, artisan en mai 2024 des mandats d'arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l'ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, décision qui avait précipité la Cour dans un affrontement frontal avec Washington. Les États-Unis, non membres de la CPI, ont depuis sanctionné onze juges et procureurs, dont Khan lui-même ; le secrétaire d'État Marco Rubio a évoqué des « fous et des cinglés » à la Cour, promettant une nouvelle offensive diplomatique pour la démanteler.
ARY News rappelle le prix payé par les magistrats visés : le juge français Nicolas Guillou, sanctionné depuis février 2025, dit vivre « comme dans les années 1990 », privé de cartes bancaires et de réservations en ligne. Pour la presse pakistanaise, cette double crise — scandale interne et pression américaine — fragilise une institution déjà jugée sélective par le Sud global, alors que son incapacité à faire exécuter ses mandats transparaît dans l'épisode new-yorkais où le maire Mamdani s'est dit impuissant à arrêter Netanyahu sur le sol américain.
SOURCES (5)
- The Express TribuneMOYEN
- ARY NewsMOYEN
- Daily TimesMOYEN
