ANGLE DOMINANT
Manille pèse le limogeage du procureur Karim Khan à l'aune de son propre contentieux ouvert devant la CPI, où figurent Rodrigo Duterte et son ex-chef de police.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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82 des 125 États membres de la CPI ont voté la destitution de Karim Khan pour « inconduite grave et manquement sérieux à ses devoirs » (GMA News).
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Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a qualifié des responsables de la CPI de « fous et de cinglés » lors d'une visite à Manille jeudi (Rappler).
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La CPI a émis un mandat d'arrêt contre le sénateur Ronald « Bato » Dela Rosa, ex-chef de la police nationale, comme « coauteur » présumé dans la guerre antidrogue de Duterte (Inquirer).
ANALYSE
Manille, 25 juillet 2026. La destitution du procureur en chef de la Cour pénale internationale, Karim Khan, votée vendredi par 82 des 125 États membres de l'institution, est suivie à Manille avec un intérêt qui dépasse la seule crise interne de La Haye. La présidente de l'assemblée des États parties, Paivi Kaukoranta, a annoncé que Khan avait été jugé coupable d'« inconduite grave et de manquement sérieux à ses devoirs », après des révélations sur une relation inappropriée avec une juriste subalterne de la Cour. Khan, 56 ans, nie toute faute et son avocat Tayab Ali a annoncé qu'il contesterait la décision « par toutes les voies légales disponibles ».
Pour les Philippines, l'enjeu n'est pas seulement diplomatique. La CPI instruit depuis plusieurs années le dossier de la guerre antidrogue lancée sous la présidence de Rodrigo Duterte, et un mandat d'arrêt vise l'ancien chef de la police nationale, le sénateur Ronald « Bato » Dela Rosa, désigné « coauteur » présumé de crimes contre l'humanité. Le secrétaire à l'Intérieur Jonvic Remulla a réaffirmé que le gouvernement restait « sur la bonne voie » pour l'appréhender, signe que Manille suit de près la solidité institutionnelle d'une Cour dont elle dépend pour mener à terme ce dossier.
La chute de Khan intervient alors que le secrétaire d'État américain Marco Rubio, en visite à Manille jeudi, a qualifié certains responsables de la CPI de « fous et de cinglés », rappelant que Washington a déjà sanctionné onze juges et procureurs de la Cour, dont Khan, en représailles aux mandats visés contre Benjamin Netanyahu et Yoav Gallant. Les États-Unis, non membres de la Cour, ont annoncé une nouvelle campagne diplomatique pour affaiblir l'institution. Cette offensive américaine, formulée sur le sol philippin, place Manille dans une position singulière : alliée sécuritaire de Washington, mais aussi partie prenante d'un dossier CPI dont l'issue pourrait déterminer le sort judiciaire de ses propres responsables politiques. Le processus de succession de Khan est enclenché, sans qu'un nouveau procureur soit attendu avant l'année prochaine — une vacance qui, selon des observateurs cités par la presse locale, pourrait ralentir l'ensemble des dossiers pendants, y compris celui des Philippines.
