ANGLE DOMINANT
Washington transforme la destitution de Karim Khan en confirmation de sa campagne pour affaiblir la CPI, qu'elle accuse de menacer la souveraineté américaine.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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125 États membres de la CPI ont voté la révocation de Karim Khan, une première dans l'histoire de la Cour, selon NPR et ABC News.
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Le secrétaire d'État Marco Rubio a lancé une campagne pour « démanteler » la CPI quelques jours avant le vote, accusant la Cour de menacer la souveraineté américaine (Fox News).
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Sanctionné par Washington, Khan n'a pas pu assister en personne au vote tenu au siège de l'ONU à New York (ABC News).
ANALYSE
Washington, 25 juillet 2026. La destitution du procureur en chef de la Cour pénale internationale, votée vendredi à New York par 125 États membres, résonne aux États-Unis comme la validation d'une hostilité de longue date envers l'institution basée à La Haye. Karim Khan, avocat britannique de 56 ans, a été écarté par l'Assemblée des États parties après plus de deux ans d'accusations de harcèlement sexuel visant une collaboratrice, révélées par une série d'enquêtes de l'Associated Press. C'est la première fois qu'un procureur en chef de la CPI est démis de ses fonctions.
Selon la présidente de l'organe de surveillance, Päivi Kaukoranta, l'Assemblée a conclu que Khan avait commis une « faute grave et un manquement grave à ses devoirs ». Des documents consultés par l'AP indiquent qu'il aurait entretenu une relation avec la plaignante et tenté de l'empêcher de porter plainte. Khan conteste ces conclusions et avait déjà été suspendu de ses fonctions en juin, dans l'attente du vote.
Le calendrier n'a pas échappé aux commentateurs américains : le vote intervient quelques jours après que le secrétaire d'État Marco Rubio a lancé une campagne visant à « démanteler » la CPI, accusant la Cour de menacer la souveraineté américaine, rapporte Fox News. Les États-Unis, comme Israël, ne reconnaissent pas la juridiction de la Cour. Sanctionné par Washington, Khan n'a pas pu se rendre au siège de l'ONU à New York où se tenait la réunion à huis clos ayant scellé son sort, selon ABC News.
L'affaire ravive aussi la controverse autour des mandats d'arrêt délivrés par Khan en novembre 2024 contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l'ex-ministre de la Défense Yoav Gallant, pour des accusations liées à la guerre à Gaza. Ces mandats avaient nourri la promesse de campagne du maire de New York Zohran Mamdani, qui s'était engagé à faire arrêter Netanyahu s'il se rendait dans la ville, avant de reconnaître ne pas en avoir l'autorité légale.
Pour une partie de l'opinion américaine, la chute de Khan illustre la fragilité d'une institution déjà affaiblie par les pressions de Washington ; pour d'autres, elle risque d'être mobilisée pour discréditer davantage une Cour qui continue de mener des dossiers sensibles, entre crimes de guerre au Darfour et poursuites visant des dirigeants israéliens.
SOURCES (3)
- NPRMOYEN
- ABC News WorldMOYEN
