ANGLE DOMINANT
New Delhi mesure avec inquiétude chaque escalade au détroit d'Ormuz, route névralgique par laquelle transite une part majeure de ses importations pétrolières, et scrute la spirale d'échanges militaires entre Washington et Téhéran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Le cargo singapourien M/V Ever Lovely a été frappé par un drone iranien le 25 juin alors qu'il longeait les côtes d'Oman, premier acte déclencheur des frappes américaines.
- 02
CENTCOM a ensuite conduit des frappes sur 10 cibles militaires iraniennes après l'attaque du pétrolier M/T Kiku transportant plus de 2 millions de barils de brut.
- 03
L'IRGC a revendiqué des tirs de missiles et drones contre 8 infrastructures américaines à la base d'Ali Al Salem (Koweït) et la Cinquième Flotte à Bahreïn entre 2h et 3h du matin.
ANALYSE
New Delhi, 28 juin 2026. En l'espace de quelques jours, le détroit d'Ormuz s'est transformé en théâtre d'une escalade militaire directe entre les États-Unis et l'Iran, et la presse indienne n'a pas manqué d'en mesurer les implications pour l'économie mondiale et pour les routes d'approvisionnement énergétique auxquelles New Delhi est particulièrement exposée.
Le déclencheur immédiat de cette nouvelle vague de tensions est une frappe de drone iranien contre le cargo battant pavillon singapourien M/V Ever Lovely, le 25 juin, alors que le navire transitait le long des côtes d'Oman pour quitter le détroit. Washington a aussitôt qualifié cet acte de violation du mémorandum d'accord intérimaire conclu moins d'une semaine plus tôt à Islamabad entre les deux puissances. L'India Today rappelle que c'est précisément la première riposte militaire américaine directe depuis la signature de ce cessez-le-feu fragile établi en Suisse.
Le US Central Command (CENTCOM) a annoncé des frappes de précision visant des installations de stockage de missiles et de drones iraniens ainsi que des sites radar côtiers. Quelques minutes avant l'annonce officielle, Donald Trump avait laissé entendre la réponse imminente face aux journalistes : "You'll find out." Il avait également précisé : "Je n'aime pas le fait qu'ils aient tiré hier, en fait quatre fois", selon le Deccan Chronicle.
L'escalade n'en est pas restée là. Le lendemain, un second pétrolier, le M/T Kiku battant pavillon panaméen et transportant plus de deux millions de barils de brut, a été touché par un drone iranien. CENTCOM a alors conduit de nouvelles frappes contre dix cibles militaires iraniennes en et autour du détroit, selon le Times of India. L'IRGC, de son côté, a revendiqué une opération conjointe missiles-drones contre huit infrastructures américaines à la base aérienne d'Ali Al Salem au Koweït et au siège de la Cinquième Flotte américaine à Bahreïn, au cours d'une fenêtre de tir entre 2h00 et 3h00 du matin, rapporte The Hindu Business Line.
Du côté iranien, le porte-parole militaire Ibrahim al-Fiqar a posé les termes de la position de Téhéran en des termes non équivoques : "Toute nouvelle agression, quel qu'en soit le prétexte ou l'échelle, se heurtera à une réponse écrasante." L'Iran défend sa lecture du mémorandum d'Islamabad comme lui octroyant un droit de régulation du trafic maritime dans le détroit — une interprétation que Washington refuse catégoriquement.
La presse indienne souligne également que ces événements surviennent au moment où une agence maritime onusienne tentait justement de relancer la circulation des navires bloqués dans le détroit via un couloir alternatif longeant les côtes omanaises.
SOURCES (4)
- Times of IndiaMOYEN
- Deccan ChronicleMOYEN
- India TodayMOYEN
