ANGLE DOMINANT
Moscou décrypte l'escalade irano-américaine comme la faillite progressive d'un mémorandum d'entente jamais vraiment respecté, présentant les deux parties comme coresponsables de la dégradation sécuritaire dans le Golfe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le 25 juin, l'IRGC a attaqué le cargo singapourien M/V Ever Lovely avec des drones kamikazes dans le détroit d'Ormuz, déclenchant les frappes américaines sur des radars et dépôts de missiles iraniens (Vedomosti/CENTCOM).
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L'IRGC a mené une contre-opération entre 2h00 et 3h00 du matin dimanche contre huit bases américaines, dont la base Ali Al-Salem au Koweït et le QG de la Cinquième flotte à Bahreïn (Interfax/PressTV).
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JD Vance a déclaré que « la violence sera traitée par la violence », tout en précisant que les États-Unis restaient prêts à discuter des désaccords sur le mémorandum (TASS).
ANALYSE
Moscou, 28 juin 2026. Pour la presse russe, la nouvelle séquence de frappes américaines contre l'Iran n'est pas un événement isolé mais l'aboutissement logique d'un accord fragile dont les fissures étaient visibles depuis début juin. TASS, Vedomosti, Interfax et RIA Novosti couvrent l'affaire en insistant sur la responsabilité partagée des deux belligérants — une lecture qui tranche avec les cadres occidentaux faisant de Téhéran l'unique agresseur.
Le déclencheur immédiat est l'attaque, le 25 juin, d'un cargo singapourien, le M/V Ever Lovely, par un drone kamikaze de la marine du Corps des gardiens de la révolution islamique (IRGC) dans le détroit d'Ormuz. En réponse, le CENTCOM américain a frappé des radars côtiers iraniens ainsi que des dépôts de missiles et de drones. Vedomosti précise que les avions américains ont visé ces installations en invoquant une « violation manifeste du régime de cessez-le-feu » et une atteinte à la « liberté de navigation dans ce couloir commercial vital ».
Mais la chronologie que reconstituent les médias russes complique ce récit unilatéral. L'IRGC a enchaîné avec une opération de grande ampleur entre 2h00 et 3h00 du matin dimanche, ciblant selon Interfax « huit objets militaires américains clés » dans la région du Golfe Persique, dont la base aérienne Ali Al-Salem au Koweït et le quartier général de la Cinquième flotte américaine au port Salman de Bahreïn. L'IRGC affirme que « toutes les cibles ont été neutralisées » et prévient que « tout agresseur sera traité avec encore plus de sévérité qu'auparavant ».
RIA Novosti, citant le portail Axios, signale par ailleurs des frappes américaines supplémentaires le 28 juin, en réponse cette fois à une « attaque matinale iranienne sur un tanker commercial ». Des explosions ont été rapportées près de la ville iranienne de Sirik, dont deux projectiles auraient touché une tour de télévision locale.
La lecture russe met en avant la fragilité structurelle de l'accord américano-iranien. Vedomosti souligne que malgré le mémorandum signé par Washington et Téhéran, « les parties continuent de diverger sur les clauses essentielles » — notamment la question des droits de passage que l'Iran envisagerait de percevoir sur les navires traversant le Golfe. Plusieurs tankers ont déjà fait demi-tour après des mises en garde iraniennes.
Le vice-président américain JD Vance, dont les propos sont rapportés par TASS, a adopté un ton comminatoire : « L'Iran a signé un accord de cessez-le-feu. Nous l'avons respecté. S'ils ont des désaccords, ils peuvent décrocher le téléphone. Mais la violence sera traitée par la violence. » Cette déclaration est reproduite sans commentaire éditorial dans les médias russes, qui laissent le lecteur juger de la posture américaine.
SOURCES (4)
- InterfaxMOYEN
- VedomostiMOYEN
- RIA NovostiMOYEN
