ANGLE DOMINANT
Jérusalem scrute l'escalade américano-iranienne dans le détroit d'Ormuz avec une attention particulière : chaque frappe, chaque contre-attaque de l'IRGC, est décryptée à travers le prisme de la fragilité du mémorandum de cessez-le-feu signé il y a deux semaines.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
CENTCOM a frappé des sites de stockage de missiles, drones et radars côtiers iraniens après l'attaque d'un drone de l'IRGC contre le cargo singapourien M/V Ever Lovely transitant le détroit d'Ormuz.
- 02
Trump a menacé sur Truth Social : « Il est tout à fait possible qu'ils n'apprennent jamais ! La République islamique d'Iran n'existera plus ! » si l'escalade se poursuit.
- 03
Les prix du pétrole ont chuté de plus de 3 % vendredi, le détroit d'Ormuz représentant un cinquième des approvisionnements mondiaux en pétrole et GNL.
ANALYSE
Jérusalem, 28 juin 2026. C'est une escalade que la presse israélienne suit avec une acuité particulière : les frappes américaines contre l'Iran dans le détroit d'Ormuz s'inscrivent dans un contexte que Tel Aviv connaît intimement — celui de la confrontation directe avec les Gardiens de la révolution islamique (IRGC). Le Jerusalem Post et Haaretz, deux des principaux quotidiens du pays, consacrent leurs unes à cette crise qui menace de faire voler en éclats un accord intérimaire signé il y a à peine deux semaines.
Selon les informations du Jerusalem Post, tout a commencé jeudi avec l'attaque d'un drone iranien contre le cargo M/V Ever Lovely, battant pavillon singapourien, alors qu'il transitait près des côtes omanaises à la sortie du détroit d'Ormuz. US Central Command (CENTCOM) a riposté vendredi en frappant des sites de stockage de missiles et de drones iraniens, ainsi que des installations radar côtières. Le lendemain, une deuxième salve américaine a visé un tanker panamien également ciblé par un drone de l'IRGC. Donald Trump a commenté sur Truth Social : « Des avions américains viennent de frapper des sites de stockage de missiles et de drones iraniens, ainsi que des radars côtiers, pour avoir violé l'accord de cessez-le-feu, ENCORE UNE FOIS ! »
Haaretz rapporte que Trump avait dès jeudi sonné l'alerte, dénonçant le tir d'« au moins quatre drones à sens unique » contre des navires transitant le détroit, qualifiant l'incident de « violation stupide de notre accord de cessez-le-feu ». Le vice-président JD Vance a de son côté averti sur X que « la violence sera accueillie par la violence », tout en laissant ouverte une porte de sortie diplomatique : l'Iran peut « décrocher le téléphone » s'il a des « désaccords sur l'application du mémorandum ».
Du côté iranien, l'IRGC n'a pas tardé à réagir. Ses forces ont annoncé avoir « repoussé » une attaque américaine contre l'île de Sirik, sur le rivage du détroit d'Ormuz, et promis une réponse « rapide et décisive ». L'IRGC a également affirmé avoir frappé « plusieurs cibles militaires américaines » dans la région, sans préciser lesquelles. Téhéran a par ailleurs réitéré ses prétentions sur le contrôle du détroit, son vice-ministre des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, affirmant que « le libre passage dans le détroit d'Ormuz ne peut être garanti dans le cadre d'arrangements ambigus ». Selon Arutz Sheva, la réponse iranienne a été qualifiée de « rapide et décisive » dès les premières heures de la crise.
Les répercussions économiques sont immédiates : les prix du pétrole ont chuté de plus de 3 % vendredi, malgré les interprétations contradictoires de l'accord intérimaire.
SOURCES (3)
- Jerusalem PostMOYEN
- Arutz ShevaMOYEN
- Haaretz EnglishMOYEN
