ANGLE DOMINANT
Athènes décrypte la sanction contre Meta à travers le raisonnement du juge du Nouveau-Mexique, qui applique le plafond légal par infraction et ramène le total de 219,5 à 25 milliards de dollars.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Un tribunal du Nouveau-Mexique a imposé à Meta une pénalité de 25 milliards de dollars, après un montant initial de 219,5 milliards (Naftemporiki).
- 02
Le jury de Santa Fe a retenu plus de 43 millions d'infractions, chacune passible d'une pénalité civile jusqu'à 5 000 dollars (Naftemporiki).
- 03
Le juge Francis Mathew place les manquements de Meta « au cœur de ses pratiques commerciales essentielles » (To Vima).
ANALYSE
Athènes, 22 octobre 2026. La presse grecque, économique comme généraliste, rend compte de la décision du juge du Nouveau-Mexique en insistant sur sa construction judiciaire. Naftemporiki indique qu'un tribunal de l'État a imposé mercredi à Meta une pénalité de 25 milliards de dollars, dans une affaire de protection des données qui découle du scandale Cambridge Analytica, « un sujet qui remonte à près d'une décennie ». Le journal précise que la sanction, connue par un document judiciaire, fait suite au verdict d'un jury de Santa Fe en septembre, selon lequel le groupe avait trompé les habitants de l'État sur la collecte et la protection des données, ainsi que sur la manière dont il empêche la diffusion de contenus nuisibles.
Le quotidien détaille le mécanisme : les jurés ont retenu plus de 43 millions d'infractions à la loi de l'État sur les pratiques déloyales, chacune passible d'une pénalité civile pouvant atteindre 5 000 dollars. Le montant fixé d'abord, 219,5 milliards de dollars, a finalement été réduit à 25 milliards. Naftemporiki cite longuement le juge, qui évoque le nombre « extrêmement élevé » d'infractions délibérées, leur durée et leur répétition, l'implication de hauts dirigeants de Facebook et le caractère « clairement intentionnel et systématique » des fausses déclarations.
To Vima titre sur une « cloche » de 25 milliards qui s'abat sur Meta. Il présente Cambridge Analytica comme la société britannique de conseil politique liée à la campagne de Donald Trump en 2016, qui avait collecté sans consentement les données de millions d'utilisateurs. Le juge Francis Mathew y est cité : les manquements de Meta se situaient depuis des années « au cœur de ses pratiques commerciales essentielles ». To Vima rappelle que le procureur général de l'État avait saisi la justice en 2021, après les révélations sur l'accès de Cambridge Analytica aux données de jusqu'à 87 millions d'utilisateurs via l'application d'un tiers.
Le journal reprend aussi la thèse de l'accusation : Meta aurait su que des tiers avaient un large accès aux informations personnelles et toléré des contenus nuisibles quand ils servaient ses intérêts financiers. Il note que, le 25 septembre, les jurés ont jugé trompeuses 26 des 29 déclarations de l'entreprise et de sa direction sur ces questions. Selon To Vima, un porte-parole de Meta n'a pas répondu immédiatement à la demande de commentaire.
Les deux titres traitent l'affaire comme un jugement américain d'État, sans l'inscrire dans le débat européen sur la régulation des plateformes, et ne mentionnent ni l'appel annoncé par le groupe ni les intérêts annuels de 15 %.
