ANGLE DOMINANT
Berlin retient surtout la démonstration d'indépendance de Kevin Warsh, président de la Fed nommé par Donald Trump lui-même, qui a relevé les taux contre la volonté explicite de son parrain politique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La Fed a relevé son taux directeur d'un quart de point à 3,75-4,00 %, première hausse depuis mi-2023, décidée à l'unanimité des membres votants (FAZ)
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Douze des dix-huit responsables de la Fed anticipent une nouvelle hausse cette année, quatre en attendent même deux (FAZ)
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Le Dow Jones a chuté de 1,2 % à 51 462 points après la conférence de presse de Kevin Warsh, tandis que le S&P 500 perdait 0,4 % (Handelsblatt)
ANALYSE
Berlin, 17 septembre 2026. La presse économique allemande retient d'abord la démonstration d'indépendance de Kevin Warsh, le président de la Réserve fédérale nommé par Donald Trump lui-même, qui a osé relever les taux directeurs contre la volonté explicite de son parrain politique. Mercredi soir, la Fed a porté sa fourchette de taux à 3,75-4,00 %, un quart de point de plus, la première hausse depuis mi-2023. La décision a été prise à l'unanimité des membres votants, souligne la FAZ, qui parle d'un pari risqué de Warsh « dans la fosse aux lions ». Le comité prévoit d'autres relèvements : douze des dix-huit responsables anticipent une nouvelle hausse cette année, quatre en attendent même deux, selon les projections citées par le quotidien francfortois.
Pour Tagesschau, la décision « montre l'indépendance face à Trump » : le président américain avait multiplié les pressions pour obtenir une baisse des taux en pleine inflation, à l'encontre de la doctrine économique en vigueur en période de forte inflation. Le gérant de fortune Eckhard Schulte, de MainSky Asset Management, résume l'ambiance à Washington d'une formule : « Trump wird toben » — Trump va exploser de colère —, notamment parce que le Trésor américain a multiplié les émissions de dette à court terme, plus sensible au taux directeur.
Sur les marchés, la sanction a été immédiate : le Dow Jones a perdu 1,2 %, à 51 462 points, après la conférence de presse de Warsh, tandis que le S&P 500 cédait 0,4 % et le Nasdaq restait quasi stable. L'inflation américaine reste le vrai motif de la hausse : les prix ont augmenté de 3,4 % sur un an en août, l'inflation sous-jacente de 2,4 %, toujours au-dessus de l'objectif de 2 % de la Fed depuis cinq ans.
Autre paradoxe souligné par Tagesschau : malgré la hausse, le dollar ne se renforce guère. Stephan Kemper, stratège en chef chez BNP Paribas Wealth Management, l'explique par un conflit de forces : « à court terme, les taux plus élevés soutiennent la devise, mais à long terme, la dette publique élevée, les déficits et les doutes sur la crédibilité monétaire freinent. » En Allemagne, le sujet reste aussi lié au pétrole : avant même l'annonce, le chancelier Friedrich Merz avait promis des mesures pour alléger les prix à la pompe, gonflés par la guerre en Iran, tandis que le DAX espérait ouvrir en légère hausse.
SOURCES (3)
- FAZMOYEN
- HandelsblattMOYEN
