ANGLE DOMINANT
Paris décrypte la hausse des taux de la Fed comme un bras de fer institutionnel entre Donald Trump et l'homme qu'il a lui-même nommé à la tête de la banque centrale, et souligne l'ironie d'une décision provoquée par les propres guerres du président américain.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La Fed a relevé son taux directeur de 25 points de base, à une fourchette de 3,75 % à 4 %, décision prise à l'unanimité mercredi 16 septembre, la première hausse depuis l'été 2023
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Donald Trump a réclamé sur Truth Social une baisse des taux « RAPIDEMENT » jusqu'à « 1 %, ou moins », accusant le conseil de la Fed d'agir pour des « raisons politiques »
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Les projections de la Fed situent le taux entre 4 % et 4,25 % fin 2026, avec des ventes au détail en hausse de 1,2 % en août, leur plus forte progression depuis mars
ANALYSE
Paris, 17 septembre 2026. Mercredi 16 septembre, la Réserve fédérale américaine a relevé son taux directeur d'un quart de point, le portant entre 3,75 % et 4 %, une première depuis l'été 2023. La décision, prise à l'unanimité par le comité de politique monétaire, était largement anticipée : selon un sondage Reuters cité par La Tribune, 85 % des économistes interrogés tablaient sur ce geste.
La presse française retient d'abord le paradoxe institutionnel. Kevin Warsh, désigné cette année par Donald Trump pour infléchir la politique monétaire vers plus de souplesse, se retrouve contraint, après seulement quatre mois en poste, de faire l'inverse « devant les chiffres alarmants de l'inflation », note Le Monde. Le nouveau président de la Fed a justifié son choix par une inflation « trop élevée, depuis trop longtemps », un objectif de 2 % manqué depuis plus de cinq ans, avec des prix à la consommation en hausse de 3,7 % sur un an en juillet selon l'indice PCE.
Le Monde souligne l'ironie de la situation : ce resserrement monétaire contrarie Donald Trump, mais il est la conséquence directe de ses deux guerres, le conflit armé contre l'Iran et l'offensive commerciale contre le reste du monde, deux facteurs qui alimentent la flambée des prix de l'énergie et la pression inflationniste.
Le président américain n'a pas tardé à réagir. Sur Truth Social, il a exigé que les taux baissent « RAPIDEMENT », les voulant à « 1 %, ou moins », et a accusé le conseil de la Fed, jugé « hostile », d'avoir agi pour des « raisons politiques » afin de lui « nuire autant que possible » — tout en évitant, cette fois, d'attaquer personnellement Kevin Warsh, contrairement à son traitement de Jerome Powell.
La Fed prévient qu'une nouvelle hausse est probable d'ici la fin de l'année, ses projections situant le taux entre 4 % et 4,25 % en décembre. Les responsables jugent la résistance de l'économie suffisante pour l'assumer : les ventes au détail ont progressé de 1,2 % en août, leur plus forte hausse depuis mars, tandis que le chômage reste contenu à 4,1 % et la croissance annuelle projetée à 2,3 %. RFI rappelle que le communiqué de l'institution insiste sur un retour plus rapide à l'objectif de 2 %, l'indépendance de la banque centrale restant, selon Le Monde, « la première vertu » que le comité entendait démontrer en votant cette hausse à l'unanimité.
SOURCES (4)
- Sud OuestMOYEN
- La TribuneMOYEN
