ANGLE DOMINANT
Madrid décrypte la hausse de taux de la Fed comme un désaveu inédit de Kevin Warsh à l'égard de Donald Trump, qui l'avait pourtant nommé à la présidence de l'institution six semaines avant des élections de mi-mandat cruciales pour les républicains.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La Fed a relevé son taux directeur de 25 points de base, à une fourchette de 3,75 % à 4 %, par un vote unanime de 12 voix contre 0, selon Expansión.
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Un sondage du Financial Times et de la Booth School of Business (Université de Chicago) montre que 50 économistes sur 51 jugeaient la hausse justifiée, 14 % réclamant un demi-point.
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Kevin Warsh, nommé par Trump en mai à la place de Jerome Powell, présidait pour la première fois une décision majeure six semaines avant des élections de mi-mandat où les républicains risquent de perdre le Congrès.
ANALYSE
Madrid, 17 septembre 2026. La presse économique espagnole retient d'abord l'affrontement personnel : la Reserva Federal a osé « défier » Donald Trump, écrit Expansión, en relevant mercredi son taux directeur d'un quart de point, à une fourchette de 3,75 % à 4 %. C'est la première hausse en plus de trois ans — 38 mois exactement, la dernière datant de juillet 2023 — et elle intervient sous la présidence de Kevin Warsh, ce même conservateur que Trump avait porté à la tête de l'institution en mai, en remplacement de Jerome Powell. Le vote a été unanime, douze voix pour, aucune contre, ce qui, selon Expansión, renforce la position de la Fed face aux critiques. Le mouvement était anticipé par 90 % des investisseurs, mais Warsh, fidèle à sa volonté d'abandonner le forward guidance, a livré une conférence de presse plus brève qu'à l'accoutumée, se limitant à juger que l'inflation « est trop élevée et l'est depuis trop longtemps ». Le titre même d'Expansión citait la réaction immédiate du président américain : « ¡Bajen los tipos de interés y rápido! », un appel resté sans effet sur le comité. El País souligne que la décision arrive six semaines avant des élections de mi-mandat où les républicains risquent de perdre le Congrès — un calendrier que Trump, qui réclame des taux proches de zéro, aurait voulu éviter à tout prix.
Le journal économique s'appuie aussi sur un sondage réalisé par le Financial Times et la Booth School of Business de l'université de Chicago : 50 des 51 économistes interrogés jugeaient la hausse justifiée, et 14 % réclamaient même un demi-point, invoquant la flambée du pétrole liée au conflit avec Téhéran. L'universitaire Olivier Coibion y est cité : « La Reserva Federal va muy por detrás de la curva » — la Fed accuse un retard sur l'inflation, qui ne montre selon lui aucun signe de retour vers l'objectif de 2 %. Expansión évoque enfin la citation de Lao-Tseu — « un voyage de mille lieues commence par un premier pas » — pour résumer l'anticipation des marchés d'une nouvelle hausse avant la fin de l'année, un scénario que Goldman Sachs situe déjà en octobre.
Pour la presse espagnole, l'enjeu dépasse la seule mécanique des prix : c'est la crédibilité de Warsh, et celle de l'indépendance de la Fed face à un président qui l'a lui-même choisi, qui se jouait mercredi.
SOURCES (2)
- El Pais EnglishMOYEN
- ExpansiónMOYEN
