ANGLE DOMINANT
Islamabad mesure le coût en dollars d'une décision qu'elle n'a pas votée : la Fed resserre sa politique monétaire pendant que Washington réclame l'inverse, et chaque relèvement alourdit le service de la dette extérieure des pays endettés en dollars.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La Fed a relevé son taux directeur d'un quart de point à 3,75 %-4,00 %, sa première hausse depuis 2023, décidée à l'unanimité sous Kevin Warsh.
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16 des 18 responsables de la Fed anticipent au moins une nouvelle hausse d'ici la fin de l'année ; Goldman Sachs table sur octobre.
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Sur Truth Social, Donald Trump a exigé un taux à « 1 %, ou moins » et affirme avoir dit à Warsh de « voter avec le conseil ».
ANALYSE
Islamabad, jeudi 17 septembre 2026. La Réserve fédérale américaine a relevé mercredi son taux directeur d'un quart de point, à une fourchette de 3,75 % à 4,00 %, sa première hausse depuis 2023. La décision, prise à l'unanimité sous la présidence de Kevin Warsh — l'homme que Donald Trump avait lui-même choisi pour succéder à Jerome Powell et faire baisser les taux —, est relayée par Geo News comme la preuve d'un échec : « quatre mois seulement après sa prise de fonction », note le média, Warsh pourrait faire l'inverse de ce que voulait le président. Avant l'annonce, 85 % des économistes interrogés par Reuters anticipaient déjà ce geste. Les projections trimestrielles montrent que 16 des 18 responsables de la Fed anticipent au moins une nouvelle hausse d'ici la fin de l'année. Warsh justifie ce resserrement par une économie qui « a gagné en vigueur », citant des « dépenses intérieures résilientes » et un « investissement en capital robuste ».
La réplique de Donald Trump, rapportée par Business Recorder, ne s'est pas fait attendre : sur Truth Social, il exige que les taux américains soient ramenés à « 1 %, ou moins », affirmant que les États-Unis sont « le meilleur crédit du monde, de loin », et martelant : « baissez les taux d'intérêt, et vite ! ». Le président dit avoir « parlé à Kevin », lui conseillant de « voter avec le conseil » qu'il juge pourtant « hostile » et « politique ».
Pour l'économie pakistanaise, endettée en dollars et sous programme du FMI, la mécanique des marchés compte autant que la querelle politique : le dollar a grimpé à un plus haut de sept semaines, ce qui alourdit mécaniquement le coût de la dette extérieure. L'or a bondi de 1,1 %, à 4 310,49 dollars l'once, tandis que le pétrole reculait après l'annonce de cargaisons saoudiennes supplémentaires via Oman — un répit partiel pour un pays importateur net d'énergie. Goldman Sachs table déjà sur une nouvelle hausse en octobre, et les contrats à terme intègrent désormais 50 % de probabilité d'un second relèvement dès le mois prochain. La Banque d'Angleterre devrait maintenir ses taux jeudi, la Banque du Japon les relever vendredi : un mouvement mondial que la presse pakistanaise inscrit dans le calcul du coût de l'emprunt extérieur, plus que dans le seul duel entre la Maison-Blanche et son institut d'émission.
SOURCES (2)
- Business RecorderMOYEN
