ANGLE DOMINANT
Doha scrute la crise de gouvernance qui force Infantino à un recul spectaculaire, où l'AFC affiche sa solidarité avec l'Europe sans reprendre à son compte la menace de boycott brandie par l'UEFA.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le projet visait à vendre jusqu'à 20 % d'une nouvelle filiale, FIFA Forward Enterprise, valorisée 20 milliards de dollars, pour lever 4,2 milliards de dollars, avec Joshua Kushner comme investisseur pressenti.
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L'UEFA a voté à l'unanimité de ses 55 fédérations membres le boycott de toutes les compétitions FIFA tant que le projet ne serait pas totalement abandonné.
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L'AFC, confédération dont fait partie le Qatar, a exprimé sa « solidarité » avec l'UEFA et la CONCACAF sans menacer explicitement de boycott, une position que son président a qualifiée de « profonde préoccupation ».
ANALYSE
Doha, 1er août 2026. Gianni Infantino a renoncé vendredi soir au projet qui menaçait de fracturer le football mondial : la vente d'une participation minoritaire dans une nouvelle filiale de la FIFA chargée d'organiser la Coupe du monde. Le plan visait à céder jusqu'à 20 % de cette structure, baptisée FIFA Forward Enterprise et valorisée 20 milliards de dollars, pour lever 4,2 milliards auprès d'investisseurs privés menés par Joshua Kushner, frère cadet de Jared Kushner, gendre du président américain Donald Trump.
Révélé mardi, le projet a déclenché une fronde inédite. L'UEFA, forte de ses 55 fédérations, a voté à l'unanimité jeudi le boycott de toutes les compétitions FIFA tant que la proposition ne serait pas retirée « dans son intégralité », dénonçant un projet « conçu en secret » qui mettait « l'âme » du football en vente. La CONCACAF a rejeté la proposition à son tour.
La Confédération asiatique de football (AFC), dont fait partie la Fédération qatarie, a affiché sa « solidarité » avec l'UEFA et la CONCACAF sans menacer explicitement de boycott — une ligne plus mesurée que celle de l'Europe. Son président, le cheikh Salman bin Ebrahim Al Khalifa, avait jugé jeudi la méthode « totalement inacceptable », évoquant une « profonde préoccupation ».
L'onde de choc dépasse la seule Coupe du monde masculine : le vote de l'UEFA fait peser une incertitude immédiate sur la Coupe du monde féminine 2027, prévue au Brésil, tandis que six des dix meilleures sélections mondiales, hommes et femmes confondus, sont européennes.
À l'intérieur même de la FIFA, la fronde a atteint l'entourage direct d'Infantino. Son conseiller Carlos Cordeiro a démissionné avec effet immédiat, qualifiant l'opération de « mauvais accord pour le football », tandis que le directeur des opérations Kevin Lamour a accusé le président d'avoir « trompé » le personnel avec un « projet d'un seul homme ».
Face à cette pression, Infantino a reconnu que le projet avait créé des « divisions » incompatibles avec l'objectif recherché, tout en maintenant que la FIFA poursuivrait sa consultation auprès de ses 211 fédérations membres. L'instance a démenti vouloir « vendre le football ».
L'épisode intervient moins de deux semaines après la finale du Mondial organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique, où Infantino et Trump s'étaient affichés côte à côte au MetLife Stadium pour remettre le trophée à l'Espagne, sous les huées d'une partie du public.
