ANGLE DOMINANT
Australie retient du naufrage du MV June Aster un drame humain avant tout : survivants marqués, familles en attente à Turda, et la proximité d'une destination très prisée des voyageurs australiens, Coron, aux Philippines.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
134 personnes étaient inscrites sur le manifeste du MV June Aster, 117 passagers et 17 membres d'équipage, selon les garde-côtes philippins.
- 02
43 personnes ont été secourues et 54 restaient portées disparues, après que deux passagers inscrits sur le manifeste n'ont pas embarqué.
- 03
Le navire de 53 mètres avait une capacité de 306 passagers et 27 membres d'équipage, largement supérieure aux 134 personnes effectivement à bord.
ANALYSE
Canberra, 12 septembre 2026. Le bilan de l'incendie du ferry philippin MV June Aster, parti de Manille pour Coron, atteint 35 morts, avec 54 personnes toujours portées disparues, selon les garde-côtes philippins. La presse australienne, qui suit ce naufrage survenu au large de Palawan avec une attention particulière, y voit d'abord un drame humain : Coron est une destination touristique très prisée des voyageurs australiens, et le récit s'attarde sur les témoignages de survivants et de proches plutôt que sur l'enquête technique.
PerthNow rapporte le récit d'Arnulfo Nokki Villanueva, l'un des rescapés : « Le feu s'est propagé si vite que je suis tombé au sol, mon dos a brûlé. J'ai voulu prendre un gilet de sauvetage mais je n'ai pas pu, les gens me marchaient dessus, c'était la panique. » Un autre survivant, Richard Marceliano, cité par ABC News Australia, raconte avoir vu un peu de fumée se transformer en incendie ravageur en quelques secondes, avant de passer près de deux heures à flotter en mer avec d'autres passagers avant d'être secourus.
Le sort des disparus occupe une large place dans les articles australiens. Lira Daco, mère d'une passagère de 20 ans toujours introuvable, confie : « C'est douloureux de penser que ma fille appelait à l'aide pendant qu'elle brûlait vive. » Selon le manifeste, 134 personnes étaient à bord — 117 passagers et 17 membres d'équipage — pour un navire de 53 mètres dont la capacité atteignait pourtant 306 passagers et 27 membres d'équipage, largement au-dessus de l'occupation réelle.
Les garde-côtes, via leur porte-parole la commodore Noemie Cayabyab, restent la principale source institutionnelle citée par la presse australienne : elle a confirmé que deux personnes inscrites sur la liste n'avaient finalement pas embarqué, portant temporairement le nombre de disparus à 84 avant révision. La cause de l'incendie, qui aurait pu débuter en cale selon un rescapé, reste à ce stade indéterminée. Les recherches, retardées mercredi et jeudi par une épaisse fumée, ont repris vendredi avec cinq navires des garde-côtes, des plongeurs et des embarcations de l'armée et de pêcheurs locaux.
