ANGLE DOMINANT
Islamabad mesure la boutade du « Trump Strait » à l'aune du baril qui grimpe et d'une guerre du Golfe qui ne faiblit pas.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Mercredi 2 septembre, Trump a proposé sur Truth Social de rebaptiser le détroit d'Ormuz « Trump Strait », avant de dire que c'était « juste balancé comme ça » (Geo News)
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Les forces américaines ont mené mardi 1 septembre de nouvelles frappes près du détroit d'Ormuz, en réponse à de nouvelles opérations iraniennes de pose de mines selon Trump, faisant remonter les prix du pétrole (ARY News, Geo News)
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Téhéran affirme qu'une frappe américaine a tué quatre personnes lors d'un mariage, un « crime de guerre » selon l'Iran, suivi de frappes de représailles contre des bases américaines en Jordanie, aux Émirats, au Koweït, à Bahreïn et en Irak (Geo News)
ANALYSE
Islamabad, 3 septembre 2026. La presse pakistanaise n'a pas fait du supertanker saoudien SIDR son fait divers du jour : elle a préféré scruter la théâtralité de Washington alors que le détroit d'Ormuz vire à la guerre ouverte. Deux marins philippins tués sur un pétrolier saoudien, le CCG qui condamne, Téhéran qui parle de mines contre des navires « contrôlés par les États-Unis » : ce fracas s'inscrit, pour Islamabad, dans une escalade continue depuis les frappes américaines de fin février, pas dans un épisode isolé.
Ce que le Pakistan retient d'abord, c'est le geste de Donald Trump. Mercredi 2 septembre, sur Truth Social, le président américain a suggéré de rebaptiser le détroit « Trump Strait » : « Maintenant que nous l'avons sous contrôle américain, devrions-nous changer le nom du détroit d'Hormuz en TRUMP STRAIT ? » Geo News relève qu'il a ensuite minimisé sa propre annonce devant un journaliste de l'AFP dans le Bureau ovale : « C'était juste balancé comme ça », avant de rire. ARY News rappelle que l'Iran a « effectivement fermé » ce point de passage, par où transite un cinquième du pétrole mondial, en représailles à la guerre lancée fin février par Washington et Israël.
Très dépendant des approvisionnements du Golfe, le Pakistan lit cette parade rhétorique à l'aune d'une facture qui grimpe : le brut remonte après que les forces américaines ont mené mardi 1 septembre de nouvelles frappes près du détroit, en réponse à ce que Trump a présenté comme de nouvelles opérations iraniennes de pose de mines. Geo News ajoute que l'Iran affirme qu'une de ces frappes a tué quatre personnes lors d'un mariage, qualifiant l'épisode de « crime de guerre », et a répliqué par des frappes contre des bases américaines en Jordanie, aux Émirats arabes unis, au Koweït, à Bahreïn et en Irak.
Trump affirme être prêt à frapper de nouveau l'Iran, sans que la campagne ne dure « trop longtemps » selon lui, tout en subissant chez lui une hausse sensible des prix du carburant qui pèse sur son camp avant les élections de mi-mandat. Pour Islamabad, cette mécanique où la guerre du Golfe se paie comptant sur chaque marché importateur n'épargne pas le Pakistan : chaque frappe près d'Ormuz se répercute jusqu'à la pompe, bien au-delà des eaux du Golfe, pendant que la guerre continue de tuer loin des projecteurs de la Maison Blanche.
