ANGLE DOMINANT
Moscou chiffre la facture pétrolière avant de nommer un responsable de l'attaque contre le Sidr
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Deux marins philippins de l'équipage du Sidr, pétrolier saoudien de Bahri, ont été tués dans l'incident survenu dans la nuit du 31 août au 1er septembre, à 17 milles nautiques au nord-est de Khasab (Oman)
- 02
Le Brent s'échangeait mercredi 2 septembre à 95,52 dollars le baril, après un bond de 4,16 dollars (+4,6 %) la veille — un plus haut de cinq semaines
- 03
Selon Interfax citant Axios, l'armée américaine a frappé mardi deux pétroliers iraniens et près de cent cibles en Iran, tandis que le CGRI a riposté par un tir de missiles sur la base aérienne du Prince Hassan en Jordanie
ANALYSE
Moscou, jeudi 3 septembre 2026. La presse russe aborde l'attaque contre le supertanker saoudien Sidr moins par le récit de l'incident lui-même que par son incidence chiffrée sur les marchés. Le propriétaire du navire, l'armateur saoudien Bahri, a confirmé sur X la mort de deux membres philippins de l'équipage, survenue dans la nuit du 31 août au 1er septembre alors que le pétrolier tentait de sortir du Golfe, à 17 milles nautiques au nord-est du port omanais de Khasab. « C'est avec une profonde tristesse que Bahri confirme la perte de deux de ses marins philippins », a écrit la compagnie, précisant rester en contact permanent avec le navire et coordonner ses efforts avec les autorités maritimes concernées. TASS reprend l'information de Bloomberg selon laquelle deux pétroliers auraient été touchés par des projectiles non identifiés cette nuit-là dans le détroit d'Ormuz — sans trancher, à ce stade, sur leur origine.
C'est le baril qui occupe la place centrale du récit russe. Interfax note que le Brent s'échangeait mercredi matin à 95,52 dollars, en hausse de 0,87 dollar, après un bond de 4,16 dollars (+4,6 %) la veille — un plus haut de cinq semaines. Le WTI suivait la même trajectoire, à 90,66 dollars. L'agence, citant Axios, rappelle que l'armée américaine a frappé mardi deux pétroliers iraniens et près d'une centaine de cibles en Iran — défenses antiaériennes du Corps des gardiens de la révolution, radars, installations navales, moyens de minage, communications —, tandis que le CGRI a répliqué par un tir de missiles sur la base aérienne du Prince Hassan, en Jordanie, où sont basés des drones américains de longue portée. Le CGRI a averti que ces frappes américaines allaient encore restreindre le trafic dans le détroit.
Les analystes du cabinet londonien ING, cités par Interfax, résument l'inquiétude des marchés : les tensions récentes ramènent l'attention sur les risques pesant sur l'approvisionnement pétrolier du Moyen-Orient, alors même que le brut continuait de transiter par Ormuz malgré la confrontation américano-iranienne. Les traders attendent désormais le rapport hebdomadaire du département américain de l'Énergie sur les réserves, après une estimation de l'American Petroleum Institute faisant état d'un repli de 2,6 millions de barils. Sur la responsabilité directe de l'attaque contre le Sidr, les articles russes restent silencieux, préférant documenter la mécanique des prix et l'escalade militaire américano-iranienne plutôt que trancher l'attribution.
