ANGLE DOMINANT
Washington pèse l'effet électoral du soutien de Trump à Netanyahou : un coup de pouce tardif à neuf jours du vote, alors que sa coalition est donnée en recul dans les sondages.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump a publié dimanche 18 octobre sur Truth Social son « Complete and Total Endorsement » de Netanyahou, neuf jours avant les législatives du 27 octobre (Axios).
- 02
Selon Axios, la plupart des sondages placent la coalition de Netanyahou sous les 61 sièges nécessaires pour former un gouvernement.
- 03
Trump affirme que si Israël choisit « anyone other than Bibi », l'Amérique devra agir seule face à l'Iran, ce à quoi il n'est « not inclined » (Axios, NPR).
ANALYSE
Washington, 19 octobre 2026. Dimanche 18 octobre, Donald Trump a publié sur Truth Social une « lettre » apportant son « Complete and Total Endorsement » à Benyamin Netanyahou, candidat à sa réélection aux législatives israéliennes du 27 octobre, les premières depuis l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023. Il y qualifie le Premier ministre de « Great Warrior Prime Minister » et de « Partner for Peace » face à la République islamique d'Iran.
La presse américaine insiste d'abord sur le calendrier. Axios souligne que le message arrive neuf jours avant le vote, alors que « most polls » placent la coalition de Netanyahou sous les 61 sièges nécessaires pour gouverner, et affirme que c'est la première fois qu'un président américain soutient explicitement et publiquement un candidat à une élection israélienne. AP, repris par NPR et HuffPost, parle d'un « coveted boost » que Trump avait refusé pendant des mois, tandis que les stratégies des deux dirigeants au Moyen-Orient divergeaient. L'absence de soutien était, selon l'agence, un revers pour le chef du Likoud, qui avait fait de ses liens avec le président républicain un argument de campagne.
Le contenu du message est rapporté en détail. Trump écrit que si Israël a « the wrong Leader, which would be anyone other than Bibi », l'Amérique devra faire le travail contre l'Iran elle-même, ce à quoi il n'est « not inclined ». Interrogé par Axios, il assure : « I was always going to do that. I just didn't want to do it too soon. » Sur un éventuel autre interlocuteur israélien : « Maybe I will, maybe I won't. Who wants to take the chance? » Time relève que ce soutien tardif vient après des mois de désaccords sur la conduite du conflit lancé conjointement en février, qui a bouleversé les marchés.
Netanyahou a remercié Trump sur X (« Together we will complete the mission! »), et le Likoud a joint à son message une vidéo de 35 secondes montrant les deux hommes et les éloges du président. Dans une vidéo séparée, rapportée par CBS, le Premier ministre affirme qu'il n'y a « never been a greater friend of Israel in the White House » et évoque le prix de l'essence pour parler du nucléaire iranien.
AP note que Trump reste populaire en Israël, mais que de nombreux Israéliens, dont des commentateurs de premier plan, déplorent l'issue non concluante de la guerre et la proposition de cessez-le-feu. Son rival Gadi Eisenkot a dit à la Chaîne 12 respecter les États-Unis, selon Axios. L'effet réel du soutien sur un scrutin serré reste, selon AP, incertain.
