ANGLE DOMINANT
Berlin scrute la bataille pour la liberté de la presse qui se joue à Washington, où plus de 50 médias et associations professionnelles ont pris position devant la justice aux côtés de CNN, MS NOW et Politico, exclus par Donald Trump.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le juge Timothy Kelly a ordonné le rétablissement pour 14 jours de l'accès de CNN, MS NOW et Politico, jugeant que le dossier ne contenait aucun élément factuel appuyant l'argument de sécurité nationale.
- 02
Malgré l'ordonnance, des reporters de CNN, MS NOW et Politico se sont vu refuser l'entrée de la Maison-Blanche jeudi matin, certains privés de leur badge par le Secret Service sans explication.
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Plus de 50 médias et associations professionnelles ont signé une lettre au tribunal en soutien aux rédactions exclues, invoquant un arrêt de la Cour suprême de 1974 sur la liberté éditoriale.
ANALYSE
Berlin, 24 septembre 2026. À Washington, un juge fédéral a ordonné dans la nuit de mercredi à jeudi le rétablissement immédiat de l'accès à la Maison-Blanche pour les rédactions de CNN, MS NOW et Politico, exclues depuis le 18 septembre par Donald Trump. Le juge Timothy Kelly a jugé que le retrait des accréditations avait eu lieu « sans procédure constitutionnellement appropriée », rappelant que toute personne doit recevoir notification et possibilité d'être entendue avant qu'un intérêt protégé par la Constitution ne lui soit retiré par le gouvernement. Sa décision, valable 14 jours, écarte l'argument de sécurité nationale invoqué par l'administration : selon Kelly, le dossier ne contient aucun élément factuel établissant que le maintien de l'exclusion protégerait la sécurité nationale. Il relève par ailleurs que Trump avait d'abord justifié la mesure par un manque supposé de sincérité et une négativité dans la couverture des trois médias, avant que l'argument sécuritaire ne soit avancé. Deux arrêts antérieurs de la cour d'appel du district de Columbia établissent, selon le juge, que les accréditations permanentes ne peuvent être révoquées qu'après une procédure régulière.
Malgré l'ordonnance, des journalistes de CNN, MS NOW et Politico se sont vu refuser l'entrée du complexe jeudi matin, certains privés de leur badge par le Secret Service, sans qu'aucune explication n'ait été donnée. La Maison-Blanche n'a dans l'immédiat pas réagi à ces incidents.
La presse allemande insiste sur la mobilisation professionnelle suscitée par l'affaire : plus de 50 médias et associations ont adressé une lettre au tribunal pour soutenir les rédactions bannies, invoquant un arrêt de la Cour suprême de 1974 protégeant la liberté éditoriale des médias dans leur traitement des personnalités publiques, « juste ou injuste ». L'avocat des trois médias, Ted Boutrous, a salué une décision qui défend « la liberté de la presse, la procédure régulière et l'État de droit ». Un podcast de la ZEIT évoque, à propos de l'épisode, une attaque de Trump contre la liberté de la presse, intervenue alors que d'autres rédactions ont cessé, par solidarité, de diffuser des images depuis la Maison-Blanche.
SOURCES (2)
- ZEIT OnlineMOYEN
