ANGLE DOMINANT
Lima retient d'abord l'écart entre la décision d'un juge fédéral et son application concrète : une Maison-Blanche qui continue de bloquer CNN, MS NOW et Politico le jour même où l'ordonnance lui impose de les laisser entrer.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le juge fédéral Tim Kelly a jugé jeudi l'interdiction imposée à CNN, MS NOW et Politico probablement inconstitutionnelle et a ordonné le rétablissement de leur accès à la Maison-Blanche (RPP Noticias)
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Malgré cette ordonnance, les reporters des trois médias se sont vu refuser l'entrée du site présidentiel jeudi (El Comercio Perú)
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Lundi, les cinq grandes chaînes de télévision américaines ont suspendu leur système de couverture partagée de la Maison-Blanche par solidarité avec CNN (RPP Noticias)
ANALYSE
Lima, 24 septembre 2026. Le juge fédéral Tim Kelly a ordonné jeudi au président Donald Trump de rétablir l'accès à la Maison-Blanche des journalistes de CNN, MS NOW et Politico, jugeant que l'interdiction qui leur avait été imposée est probablement inconstitutionnelle, rapporte RPP Noticias. La décision répond à une plainte déposée par les trois médias contre une mesure annoncée par le président républicain, qui avait affirmé sur les réseaux sociaux que ces rédactions « ne devraient pas pouvoir publier ou diffuser constamment des fictions et des mensonges ».
Les avocats du département de la Justice avaient tenté de justifier l'exclusion par des motifs de sécurité nationale, un argument écarté par le juge. RPP rappelle que Kelly, nommé par Trump lui-même, avait déjà ordonné pendant le premier mandat du président le rétablissement de l'accréditation d'un journaliste de CNN à qui elle avait été retirée : un précédent qui pèse sur la lecture péruvienne de l'affaire.
Le camouflet judiciaire n'a pourtant pas suffi à rouvrir les portes de la Maison-Blanche. El Comercio Perú rapporte que jeudi, malgré l'ordonnance, les reporters de CNN, MS NOW et Politico se sont vu refuser l'entrée du site présidentiel, alors même que la décision leur en garantissait l'accès.
RPP situe l'épisode dans un affrontement plus large : samedi, les accréditations des trois médias avaient déjà été retirées à l'entrée du bâtiment, et lundi, les cinq grandes chaînes de télévision américaines ont suspendu leur système de couverture partagée de la Maison-Blanche par solidarité avec CNN, un dispositif qui permet à une seule chaîne de filmer pour l'ensemble des télévisions durant la journée. Une déclaration citée par RPP résume l'enjeu revendiqué par les médias concernés : le public « a un intérêt vital à recevoir une information précise et indépendante sur son gouvernement », et « aucune administration ne devrait restreindre l'accès d'un média parce qu'elle conteste sa couverture ».
Pour la presse péruvienne, l'affaire illustre moins un différend ponctuel qu'un affrontement prolongé entre le président, 80 ans, et les grands médias américains. L'ordonnance de jeudi teste la capacité de la justice fédérale à faire respecter la procédure régulière face à un exécutif qui, pour l'instant, continue d'agir comme si la décision n'existait pas.
