ANGLE DOMINANT
Brasília mesure la portée régionale de l'investiture de Keiko Fujimori, première présidente élue du Pérou, en retenant surtout la militarisation de la sécurité publique et l'instabilité chronique du pays voisin.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Keiko Fujimori, 51 ans, devient la première femme élue présidente du Pérou, après trois défaites consécutives au second tour (Estadão).
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Les forces armées prendront temporairement la tête des opérations de sécurité dans les zones les plus violentes, en coordination avec la police nationale (G1 Globo, Folha).
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Les homicides recensés sont passés d'environ 1 000 en 2018 à 2 600 en 2025, et les plaintes pour extorsion de 3 200 à 26 500 sur la même période (Folha).
ANALYSE
Brasília, 29 juillet 2026. La cérémonie d'investiture de Keiko Fujimori, mardi 28 juillet à Lima, a été suivie avec attention par la presse brésilienne, qui y lit un tournant politique pour un pays voisin miné par une décennie d'instabilité. Fille de l'ex-dictateur Alberto Fujimori (1990-2000), la dirigeante de 51 ans devient la première femme élue à la présidence du Pérou, après trois défaites consécutives au second tour. Sa victoire, obtenue face à Roberto Sánchez avec moins de 50 000 voix d'écart, marque le retour du fujimorisme au pouvoir, un mouvement dont l'héritage continue de diviser la société péruvienne.
Devant le Congrès, où son parti Force populaire dispose de la majorité dans les deux chambres, Keiko Fujimori a prononcé un discours offensif sur la sécurité : « Nous allons récupérer chaque quartier, chaque rue, chaque espace public pour les familles péruviennes. » Elle a annoncé que les forces armées prendront temporairement la tête des opérations de sécurité dans les zones les plus violentes, en coordination avec la police nationale, durant les états d'urgence. Une promesse qui répond à une explosion de la criminalité documentée par la presse locale : les homicides recensés sont passés d'environ 1 000 en 2018 à 2 600 en 2025, tandis que les plaintes pour extorsion ont bondi de 3 200 à 26 500 sur la même période.
La nouvelle présidente a également promis de placer la lutte contre les effets du phénomène climatique El Niño au rang des priorités, avec des décrets d'urgence annoncés dès son discours d'investiture. Elle a par ailleurs plaidé pour une « réconciliation nationale », un ton conciliant que les commentateurs brésiliens jugent contrasté avec des propositions de campagne plus radicales, comme le retrait du Pérou de la juridiction de la Cour interaméricaine des droits de l'homme.
La présence du président argentin Javier Milei parmi les invités a également retenu l'attention à Brasília, où les relations avec Buenos Aires restent tendues. Les médias brésiliens soulignent enfin la fragilité institutionnelle du pays hôte : depuis 2016, le Pérou a connu une succession de présidents, sans qu'aucun ne soit parvenu à achever un mandat complet, un rappel implicite des propres turbulences politiques que traverse la région.
SOURCES (3)
- G1 Globo MundoMOYEN
- Folha MundoMOYEN
- EstadãoMOYEN
