ANGLE DOMINANT
Mexico dissocie la scène officielle sud-américaine de sa propre politique intérieure : c'est l'ex-président Vicente Fox, figure de l'opposition à la 4ᵉ Transformation, non le gouvernement Sheinbaum, qui incarne la présence mexicaine à Lima.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Vicente Fox confirme sa présence à Lima pour « promouvoir la justice, la démocratie, la liberté, l'économie de marché »
- 02
Les plaintes pour extorsion au Pérou sont passées de 2 421 en 2019 à 26 734 en 2025, justifiant la ligne « mano dura » inspirée de Bukele
- 03
Le cabinet de Fujimori ne compte que deux femmes sur dix-neuf ministères, malgré son statut de première présidente élue du Pérou
ANALYSE
Mexico, 28 juillet 2026. Ce n'est pas l'exécutif mexicain qui s'est fait représenter mardi à Lima pour l'investiture de Keiko Fujimori, mais l'ancien président Vicente Fox, retraité de la vie publique depuis vingt ans mais toujours actif sur les réseaux sociaux. Sans ses fameuses bottes mais appuyé sur une canne, Fox a confirmé sa présence en affirmant vouloir « promouvoir la justice, la démocratie, la liberté, l'économie de marché, les droits de l'homme et l'état de droit », selon El Financiero. Le déplacement s'inscrit dans une séquence tendue avec le gouvernement de Claudia Sheinbaum : Fox fait partie, via l'organisation Unidos por México, d'un bloc d'anciens gouverneurs et responsables d'opposition qui a dénoncé comme une « persécution politique » l'arrestation de l'ex-gouverneur de Basse-Californie Ernesto « N », poursuivi pour huachicol fiscal. La présidente Sheinbaum a répliqué que le dossier relève du pénal et non du politique.
Sur le fond péruvien, la presse mexicaine détaille les défis d'une présidente conservatrice de 51 ans, fille de l'ancien chef d'État Alberto Fujimori, décédé en 2024 après seize ans de prison pour corruption et assassinats. Élue pour cinq ans après un quatrième essai, elle promet une politique de « mano dura » contre le crime organisé et les extorsions, dont les plaintes sont passées de 2 421 en 2019 à 26 734 en 2025, en référence explicite au modèle du président salvadorien Nayib Bukele, selon El Financiero et El Informador.
Autre point relevé côté mexicain : le cabinet formé par Fujimori compte seulement deux femmes sur dix-neuf portefeuilles, alors qu'elle est la première femme élue à la présidence péruvienne au suffrage universel. La militante féministe Susana Chávez, citée par El Financiero, juge cette composition « difficile à accepter » à une époque où « les femmes ont avancé », déplorant l'absence de toute mention de la violence contre les femmes dans le discours présidentiel.
La presse mexicaine souligne enfin la présence attendue d'un aréopage de dirigeants conservateurs latino-américains à Lima, dont Javier Milei, José Antonio Kast et Rodrigo Paz, ainsi que le roi Felipe VI d'Espagne — signe, pour Mexico, d'un ancrage régional net à droite qui tranche avec l'orientation de son propre gouvernement.
SOURCES (2)
- El FinancieroMOYEN
- El InformadorMOYEN
