ANGLE DOMINANT
Stockholm décrypte l'aveu de Trump sur le diesel : le prix du carburant suédois tient autant à la guerre en Ukraine qu'à celle, moins avouée, contre l'Iran.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Trump a écrit lundi sur Truth Social que « la Russie a perdu le contrôle de son industrie du diesel » à cause de la guerre en Ukraine, un grand nombre de raffineries russes étant hors service après des frappes.
- 02
Selon le Financial Times, Trump a demandé dimanche par téléphone à Zelensky de cesser les attaques contre les raffineries russes, une requête déjà formulée publiquement quelques semaines plus tôt.
- 03
Zelensky a répondu sur X que le secteur énergétique, les infrastructures critiques et les exportations alimentaires de l'Ukraine doivent cesser d'être ciblés par la Russie, en échange d'une « désescalade correspondante » côté ukrainien.
ANALYSE
Stockholm, 22 septembre 2026. La presse suédoise retient d'abord un aveu inhabituel de Donald Trump. Sur Truth Social, lundi, le président américain a écrit que « la Russie a malheureusement perdu le contrôle de son industrie du diesel à cause de sa guerre contre l'Ukraine », ajoutant qu'un grand nombre de raffineries russes ont été visées par des frappes et sont, au moins temporairement, hors service. Pour Aftonbladet et Svenska Dagbladet, qui reprennent la même dépêche, l'intérêt de la formule tient à ce qu'elle occulte : Trump évite de relier la flambée des prix du carburant à la guerre qu'il a lui-même engagée contre l'Iran aux côtés d'Israël, guerre qui a bloqué une partie du transport de pétrole et de gaz dans le détroit d'Ormuz. Or c'est bien ce blocage, autant que les frappes ukrainiennes sur les raffineries russes, qui pèse sur les pompes suédoises.
Selon le Financial Times, cité par les titres suédois, Trump a demandé dimanche à Volodymyr Zelensky, par téléphone, de cesser les attaques contre les raffineries russes, une requête déjà formulée publiquement quelques semaines plus tôt. Zelensky a répondu sur X qu'un « dialogue » se poursuit avec Washington, posant une condition : que le secteur énergétique, les infrastructures critiques et les exportations alimentaires de l'Ukraine cessent d'être des cibles russes, ce qui entraînerait « une désescalade correspondante » côté ukrainien. « Des solutions sont possibles », a-t-il ajouté, précisant que la question sera discutée avec les alliés de Kiev à l'Assemblée générale de l'ONU cette semaine.
Expressen note de son côté que Trump semble avoir pris acte de l'ampleur des attaques ukrainiennes contre l'industrie pétrolière russe, allant jusqu'à juger que Poutine a « perdu le contrôle ». Zelensky doit rencontrer Trump mardi après-midi, heure de New York, selon une source de l'AFP citée par Aftonbladet.
Dans ce paysage, le tête-à-tête Macron-Trump de lundi, à New York, occupe une place secondaire dans les titres suédois : Macron a jugé la discussion « très bonne » et « très constructive », évoquant la mer Rouge et la guerre en Ukraine, mais sans que la presse suédoise détaille la proposition française de moratoire sur les frappes énergétiques. L'angle retenu reste celui du prix à la pompe, plus proche du portefeuille suédois que de la diplomatie parisienne.
