ANGLE DOMINANT
Pretoria décrypte une bataille juridique où le ministère de la Justice défend devant un juge fédéral l'exclusion de CNN, MS NOW et Politico, alors que des juristes américains jugent la mesure vouée à l'échec devant les tribunaux.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le ministère de la Justice a demandé à un juge fédéral de rejeter la requête de CNN, MS NOW et Politico visant à rétablir leur accréditation à la Maison-Blanche.
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La professeure Lucy Dalglish affirme qu'un gouvernement ayant ouvert un espace à la presse ne peut pas conditionner l'accès à une couverture favorable, et que le juge Timothy Kelly avait déjà bloqué une précédente exclusion.
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Le comité de surveillance éditoriale créé pour CNN et CBS News dans le cadre du rachat par Paramount Skydance est jugé « sans dents » par l'ex-journaliste Dan Gillmor et qualifié de « feuille de vigne » par Kara Swisher.
ANALYSE
Pretoria, mercredi 23 septembre 2026. La justice américaine est saisie d'un différend qui, selon la presse sud-africaine, dépasse la seule querelle de couverture médiatique. Devant un juge fédéral de Washington, le ministère de la Justice défend la légalité de la décision de Donald Trump d'exclure CNN, MS NOW et Politico de la Maison-Blanche, après que le président eut jugé leurs reportages « fake news ». Les trois rédactions, dans une plainte déposée lundi, dénoncent « une atteinte des plus directes au premier amendement » et une violation de leur droit à une procédure régulière.
Quatre juristes cités estiment la position du gouvernement fragile. La professeure Lucy Dalglish, de l'université du Maryland, rappelle une jurisprudence constante : « Ils n'ont pas à laisser entrer qui que ce soit, mais une fois qu'ils l'ont fait, ils ne peuvent pas décider qui entre selon le point de vue ou le contenu. » Le juge fédéral Timothy Kelly, qui avait déjà bloqué une précédente exclusion décidée par Trump, est chargé du dossier. La Maison-Blanche, elle, maintient que les médias bannis « sont parfaitement capables de rendre compte depuis l'extérieur », ajoutant que « ces mensonges déchirent le tissu même de notre démocratie ». Trump a par ailleurs averti samedi qu'il pourrait bannir d'autres organes de presse.
La presse sud-africaine relie cet épisode à un second dossier : le comité de surveillance éditoriale promis pour CNN et CBS News dans le cadre du rachat de Warner Bros Discovery par Paramount Skydance de David Ellison, à l'issue d'un accord conclu lundi avec une coalition de douze États américains et un syndicat de scénaristes hollywoodiens. Ce comité, composé de cinq journalistes chevronnés, doit « établir des principes journalistiques directeurs » pour l'entité fusionnée ; mais ses membres seront nommés et rémunérés par Ellison lui-même, et le caractère contraignant de ses décisions reste flou. Là aussi, le scepticisme domine. L'ancien journaliste Dan Gillmor le juge d'avance « sans dents », tandis que la journaliste Kara Swisher, qui dit vouloir quitter CNN « dès que possible », qualifie l'instance de « feuille de vigne ». Les deux affaires, procès contre la Maison-Blanche et gouvernance éditoriale, dessinent pour les lecteurs sud-africains une même question : qui, aux États-Unis, garantit encore l'indépendance de rédactions confrontées simultanément au pouvoir politique et à leurs propres actionnaires.
