ANGLE DOMINANT
Washington mesure l'ampleur d'un bras de fer inédit entre la Maison-Blanche et ses propres rédactions, pendant que le ministère de la Justice plaide devant un juge fédéral que l'accès à la Maison-Blanche est un privilège, pas un droit.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le DOJ écrit dans son mémoire que « l'accès à la Maison-Blanche est un privilège — pas un droit » et invoque la sécurité nationale pour justifier le bannissement de CNN, MS NOW et Politico.
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Le bannissement a pris effet samedi 19 septembre quand les services secrets ont retiré les badges des journalistes des trois médias, et la lettre du DOJ fixe au 25 septembre 17h le délai de réponse des plaignants.
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« Trump TV : The Essentials Station » a été lancée le 22 septembre avec en première image le discours du 3 juillet au mont Rushmore ; Axios recense 8 500 spectateurs lors de la première heure de diffusion.
ANALYSE
Washington, 23 septembre 2026. Le ministère américain de la Justice a déposé mardi 22 septembre au soir, devant le juge fédéral Timothy Kelly — un magistrat nommé par Donald Trump —, un mémoire demandant le rejet de la requête déposée lundi 21 septembre par CNN, MS NOW et Politico. Les trois rédactions réclament une ordonnance rétablissant l'accréditation de leurs journalistes, retirée par les services secrets samedi 19 septembre au matin. Pour le DOJ, « l'accès à la Maison-Blanche est un privilège — pas un droit » ; il invoque la sécurité nationale, affirmant que le président a jugé que les trois organes avaient publié des informations classifiées ou sensibles. Une audience par téléconférence est fixée ce mercredi, et le DOJ a donné aux plaignants jusqu'au 25 septembre, 17h, pour contester la décision initiale.
Le bras de fer s'est joué en direct mardi à l'ONU : interpellée par Trump — « vous ne devriez pas être ici pour me couvrir » —, la correspondante de CNN Kaitlan Collins a répliqué que c'était l'ONU, et non la Maison-Blanche, qui l'avait accréditée. CNN, ABC, CBS, NBC et Fox n'ont pas figuré dans le pool de presse chargé de couvrir le départ du président vers l'ONU ; le New York Times, NPR et le Washington Post ont annoncé suspendre l'usage des photos et enregistrements du pool « jusqu'à nouvel ordre ».
Le même jour a été lancée « Trump TV : The Essentials Station », chaîne en continu diffusée sur YouTube, WhiteHouse.gov et l'application officielle. Sa première image : le discours du 3 juillet au mont Rushmore, suivi d'images de l'investiture de 2025. Selon Axios, 8 500 personnes suivaient le flux à son lancement, environ 1 200 mardi après-midi — pendant que Trump s'exprimait à l'ONU, la chaîne rediffusait un ancien discours.
L'ex-correspondant de CNN Jim Acosta, banni en 2018 avant d'être rétabli par un juge, juge la mesure actuelle plus large : « c'est visé contre trois organisations précises, et on ne peut pas laisser faire ça. » La Maison-Blanche cite une étude du Media Research Center selon laquelle 92% de la couverture des cent premiers jours du second mandat aurait été négative. À quarante jours des midterms et avec une popularité sous 40%, des élus républicains poussent Trump à se recentrer sur les électeurs plutôt que sur ses griefs journalistiques.
SOURCES (4)
- NPRMOYEN
- CNBCMOYEN
- AxiosMOYEN
- Bloomberg PoliticsMOYEN
