Les 19 et 20 mai 2026, Vladimir Poutine se rend à Pékin, quatre jours seulement après le départ de Donald Trump de la capitale chinoise. La visite marque le 25e anniversaire du Traité sino-russe de bon voisinage et de coopération amicale signé en 2001. La succession des deux déplacements en moins d'une semaine est jugée sans précédent dans la diplomatie contemporaine hors cadre multilatéral.
La séquence place la Chine en position d'interlocuteur central pour les deux puissances. Pékin est le premier partenaire commercial de la Russie, fournissant plus d'un tiers de ses importations et absorbant plus d'un quart de ses exportations ; les échanges bilatéraux ont dépassé 227 milliards de dollars en 2025. Moscou cherche à s'assurer que le rapprochement commercial issu du sommet Trump-Xi ne se fasse pas à ses dépens, tandis que Washington recherche à Pékin des leviers sur d'autres dossiers. Une quarantaine d'accords bilatéraux et le projet de gazoduc Power of Siberia 2 figurent à l'agenda.
Plusieurs lectures s'opposent sur la portée réelle de ces sommets. Certains acteurs présentent l'accord agricole américano-chinois comme un résultat tangible, quand d'autres rappellent que Pékin a qualifié ces annonces de préliminaires sans en confirmer les chiffres. Washington décrit le sommet Trump-Xi comme une victoire stratégique, là où d'autres capitales estiment que la Chine en a tiré les principaux gains.
Plusieurs points restent disputés ou non confirmés : l'éventuelle évocation de ventes d'armes à Taiwan, la dimension militaire du partenariat sino-russe, et la place de l'Ukraine, largement absente des communiqués officiels. Il en résulte une Chine gérant en parallèle ses deux relations stratégiques majeures sans rompre avec aucune.