ANGLE DOMINANT
Bruxelles retient l'absence de suspense du scrutin russe plus que son issue, à quelques heures de la plus grande attaque de drones ukrainiens jamais recensée.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Russie unie est créditée de 49,4% des voix selon le sondage sortie des urnes du VCIOM, institut d'État, un score proche de celui de 2021.
- 02
Le Parti communiste (KPRF) et le LDPR nationaliste recueillent respectivement 14,2% et 10,7% des voix, parmi les seules formations autorisées à concourir face à Russie unie, tandis qu'Iabloko a été écarté.
- 03
La dernière journée de vote a été marquée par une attaque ukrainienne de drones : DH évoque '1.600 drones abattus' côté russe, La Libre plus d'un millier de drones ayant touché une raffinerie et des zones résidentielles.
ANALYSE
Bruxelles, 21 septembre 2026. La Belgique retient l'absence de suspense du scrutin russe plus que son issue en tant que telle. Russie unie, le parti de Vladimir Poutine, est donné vainqueur des législatives avec 49,4% des voix selon le sondage sortie des urnes du VCIOM, institut d'État, « environ le même score qu'en 2021 », rapportent DH et La Libre. Le Parti communiste (KPRF) recueille 14,2% et le LDPR nationaliste 10,7%, seules formations autorisées à concourir face au parti du Kremlin, aux côtés des conservateurs de Russie juste et des libéraux des Nouvelles personnes. Iabloko, seul parti frontalement opposé à la guerre, a été écarté du scrutin.
La presse belge souligne que ce vote, le premier pour la Douma depuis le début de l'offensive de grande ampleur en 2022, s'est déroulé « sans suspense dans un pays où l'expression de la dissidence est sévèrement réprimée ». Les 450 sièges de la chambre basse ont aussi été renouvelés dans les territoires ukrainiens occupés et annexés par Moscou, un détail que DH et La Libre mentionnent sans le développer davantage.
Autre fait marquant retenu à Bruxelles : la coïncidence de calendrier entre le vote et la guerre elle-même. La dernière journée de scrutin, dimanche, a été marquée dès le matin par une attaque ukrainienne de drones que DH chiffre à « 1.600 drones abattus » côté russe, tandis que La Libre évoque plus d'un millier d'engins ayant touché une raffinerie et des zones résidentielles. Les deux titres inscrivent cet épisode dans un conflit marqué, ces derniers mois, par une intensification des frappes des deux côtés du front, sans reprendre à leur compte les éléments de langage de l'une ou l'autre partie.
Ce que la Belgique met en avant, c'est la mécanique d'un scrutin sans réel choix plutôt qu'une victoire politique : le score de Russie unie est présenté comme la confirmation attendue d'un système où l'opposition frontale à la guerre a été exclue avant même le dépouillement, plutôt que comme un mandat renouvelé. Les deux journaux notent aussi la continuité du résultat avec celui de 2021, comme pour souligner que deux ans et demi de guerre n'ont pas modifié le rapport de force affiché aux urnes ni la physionomie de la Douma d'État, malgré l'ampleur inédite de l'attaque ukrainienne survenue le jour même du vote.
