ANGLE DOMINANT
Budapest dissèque un scrutin russe sans opposition réelle, totalement éclipsé le dernier jour du vote par la plus grande attaque de drones ukrainienne jamais lancée sur Moscou.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Selon l'exit poll du VCIOM cité par Index.hu, Russie unie recueille 49,4 % des voix, devant le Parti communiste (14,2 %), le LDPR (10,7 %), Nouvelles Gens (9,7 %) et Russie juste (6,6 %), pour une participation de 56,6 %
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444 rapporte une fuite de juillet selon laquelle l'administration présidentielle visait d'abord 55 % des voix pour Russie unie avant d'abaisser la cible à 45 % pour ne pas trop s'écarter de l'humeur réelle de la société
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Sergueï Sobianine indique que 1 600 drones ont visé la Russie dimanche, dont 450 Moscou, faisant deux morts en région moscovite et endommageant une raffinerie du quartier de Kapotnya
ANALYSE
Budapest, 21 septembre 2026. La presse hongroise raconte un dimanche électoral russe totalement absorbé par le fracas des drones. Index.hu ouvre sur l'exit poll publié par le VCIOM, l'institut public : Russie unie, le parti qui soutient Vladimir Poutine, recueille 49,4 % des suffrages, loin devant le Parti communiste (14,2 %), le LDPR (10,7 %), Nouvelles Gens (9,7 %) et Russie juste (6,6 %) ; la participation s'établit à 56,6 %, et plus de 5,8 millions de Russes ont voté en ligne, un record selon les autorités.
Mais Telex et 444 rappellent d'emblée les limites du scrutin : premier vote législatif depuis l'invasion de l'Ukraine en février 2022, il « n'est pas, au sens strict, une vraie élection », écrit 444, puisque les principaux opposants au parti au pouvoir sont écartés des listes et les figures dissidentes emprisonnées. Le média cite une fuite de juillet selon laquelle l'administration présidentielle visait d'abord 55 % des voix pour Russie unie, avant d'abaisser la cible à 45 % afin que le résultat ne s'écarte pas trop visiblement de l'humeur réelle de la société russe.
Le dernier jour du vote, dimanche, a été marqué par ce que le maire de Moscou Sergueï Sobianine a qualifié de plus grande attaque de drones jamais menée contre la capitale russe : 1 600 drones lancés sur la Russie selon lui, dont 450 visant Moscou. Une raffinerie du quartier de Kapotnya a pris feu, deux personnes sont mortes en région moscovite, et une maison a été touchée à Kotelniki sans faire de victime. Sobianine a écrit sur Telegram que « la plus grande attaque jamais menée par des drones ennemis a été repoussée » et que l'objectif de « perturber les élections » avait échoué.
Volodymyr Zelensky a revendiqué le ciblage de « l'une des installations pétrolières les plus importantes » de Russie, évoquant l'usage du drone longue portée Flamingo et d'une arme baptisée Pelican, d'abord prise pour un missile balistique. Index.hu relaie l'analyse de l'historien britannique Mark Galeotti, pour qui l'attaque, calée sur le dernier jour du scrutin, visait une « démonstration de force spectaculaire » qui a « gâché la journée de Poutine » en installant un ciel moscovite embrasé pendant que les bureaux de vote fermaient.
En bas de page, le condensé d'actualité de HVG glisse la scène qui referme la boucle intérieure : au marché, un candidat du parti hongrois Mi Hazánk vendant des t-shirts à l'effigie de Poutine s'est vexé que « tout le monde n'apprécie pas sa marchandise » — un rappel, en creux, que le clivage russe traverse aussi le débat politique hongrois.
SOURCES (4)
- 444MOYEN
- Index HUMOYEN
- TelexMOYEN
- HVGMOYEN
