ANGLE DOMINANT
Brasília scrute un pacte nucléaire américano-saoudien dépourvu de garanties de non-prolifération, y voyant un précédent risqué pour l'ordre nucléaire régional.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
L'accord, signé par le secrétaire à l'Énergie Chris Wright et le prince Abdulaziz bin Salman, doit durer 30 ans et est évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars (Folha de S.Paulo).
- 02
Le texte ne comporte ni le Protocole additionnel de l'AIEA ni la clause du « gold standard » renonçant à l'enrichissement d'uranium (G1).
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Une étude conjointe de deux ans déterminera si une usine d'enrichissement est commercialement viable ; en cas de veto américain, Riyad s'engage à ne pas la rechercher seule pendant dix ans (Folha/UOL).
ANALYSE
Brasília, 23 juillet 2026. La diplomatie brésilienne suit avec attention l'annonce, mercredi, de la signature d'un accord de coopération nucléaire civile entre les États-Unis et l'Arabie saoudite. Selon les informations relayées par G1, Folha de S.Paulo et UOL, le texte a été paraphé à Washington par le secrétaire à l'Énergie américain Chris Wright et le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman. Prévu pour durer trente ans et évalué à plusieurs dizaines de milliards de dollars, le pacte confère aux entreprises américaines un rôle central dans le développement de l'infrastructure nucléaire saoudienne, écartant de fait la Russie et la Chine de la compétition.
Le mécanisme retenu prévoit qu'une étude conjointe de deux ans détermine si la construction d'une usine d'enrichissement d'uranium en Arabie saoudite est commercialement viable. Si Washington s'y oppose à l'issue de cette étude, Riyad s'engage à ne pas rechercher cette capacité seule ni avec un autre partenaire étranger pendant dix ans, un arrangement censé garantir, selon des responsables américains cités par Folha, que tout enrichissement futur reste sous supervision américaine.
Le point le plus scruté reste l'absence des garanties habituelles : ni le Protocole additionnel de l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui élargirait les pouvoirs d'inspection, ni la clause dite du « gold standard », par laquelle un pays renonce formellement à enrichir ou retraiter du combustible nucléaire. Le Département de l'Énergie américain assure pourtant que l'accord « promeut divers objectifs économiques et stratégiques prioritaires, incluant la non-prolifération nucléaire ».
Le texte doit encore être transmis au Congrès, où il sera difficile à bloquer : une majorité des deux tiers serait nécessaire pour surmonter un veto présidentiel. Il intervient alors que Washington mène, avec Israël, une campagne contre le programme nucléaire iranien — un contraste que la presse brésilienne relève sans détour. Selon UOL, Israël, qui maintient un programme nucléaire militaire non déclaré, redoute une course aux armements régionale et note que Donald Trump a conclu ce pacte en semblant ignorer Tel Aviv, à l'inverse de Joe Biden, qui conditionnait toute coopération nucléaire à une normalisation saoudo-israélienne. Des analystes cités évoquent aussi la Turquie comme candidate potentielle à suivre l'exemple saoudien.
