ANGLE DOMINANT
Londres mesure les risques de prolifération que fait courir cet accord nucléaire américano-saoudien, dépourvu des garanties habituelles imposées à d'autres alliés du Golfe.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Le pacte, dit « accord 123 », a été signé par le secrétaire américain à l'Énergie Chris Wright et le ministre saoudien de l'Énergie Abdulaziz bin Salman, avec un accord de garanties bilatérales additionnel.
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Contrairement à l'accord de 2009 avec les Émirats arabes unis, le texte omet le « Gold Standard » interdisant l'enrichissement et le retraitement, ainsi que le Protocole additionnel donnant à l'AIEA un droit d'inspection élargi sur les sites non déclarés (The Independent).
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Des experts et anciens responsables israéliens ont averti que l'accord pourrait à terme permettre à l'Arabie saoudite de développer une arme nucléaire (BBC).
ANALYSE
Londres, 23 juillet 2026. L'accord de coopération nucléaire civile signé mercredi entre Washington et Ryad suscite une lecture prudente outre-Manche. Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, et le ministre saoudien de l'Énergie, le prince Abdulaziz bin Salman, ont paraphé ce que les autorités américaines appellent un « accord 123 », assorti d'un « accord de garanties bilatérales ». Selon la BBC, ce pacte pourrait, à terme, autoriser le royaume à enrichir de l'uranium sur son propre sol dans une installation construite par des entreprises américaines, à l'issue d'une étude conjointe entre les deux pays.
Ce point constitue, selon la BBC, la différence majeure avec l'accord signé en 2009 entre Washington et les Émirats arabes unis, où Abou Dhabi avait accepté de ne pas produire son propre combustible et de se plier à une série de restrictions strictes — le « Gold Standard » évoqué par The Independent. Le nouvel accord avec Ryad, lui, s'en affranchit : il omet à la fois cette clause interdisant l'enrichissement et le retraitement du combustible usé, et le « Protocole additionnel » qui donnerait à l'Agence internationale de l'énergie atomique un droit d'inspection élargi sur les sites non déclarés.
Chris Wright a défendu un texte qui « respecte les plus hautes normes de sûreté nucléaire et de non-prolifération », affirmant s'appuyer sur « la meilleure technologie et les meilleurs scientifiques nucléaires » américains. Mais le secrétaire d'État Marco Rubio a dû, selon The Independent, répondre par avance aux critiques sur le risque d'une course régionale à la prolifération dans une zone déjà volatile.
La presse britannique relève aussi que des experts et anciens responsables israéliens ont exprimé leur inquiétude qu'un tel accord ouvre, à terme, la voie à une capacité saoudienne de fabriquer l'arme nucléaire — un parallèle immédiat avec le conflit américano-israélien contre le programme iranien, présenté comme motivé par le même impératif de non-prolifération. L'accord, dont les détails restent limités, doit encore être soumis au Congrès américain, où son absence de garde-fous pourrait susciter des débats. Pour Londres, allié de Washington et signataire du traité de non-prolifération, l'enjeu dépasse le seul dossier saoudien : il touche à la cohérence de la politique occidentale de non-prolifération dans un Golfe déjà sous tension.
