ANGLE DOMINANT
Moscou dénonce le deux poids deux mesures d'un accord nucléaire américano-saoudien accordé sans les garanties refusées à l'Iran
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Accord de coopération nucléaire civile de 30 ans entre Washington et Riyad, approuvé par Trump selon le Wall Street Journal, pouvant permettre la construction d'une usine d'enrichissement d'uranium (Meduza).
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Selon AP relayée par Interfax, l'accord ne comprend pas les garanties de non-détournement vers un usage militaire que Washington jugeait auparavant nécessaires.
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Sergueï Lavrov (TASS) souligne que le programme nucléaire iranien n'avait suscité aucune objection de l'AIEA avant les frappes du 28 février, contrairement au traitement réservé à l'Arabie saoudite.
ANALYSE
Moscou, 23 juillet 2026. La presse russe rapporte, en citant le Wall Street Journal et l'agence Associated Press, que le président américain Donald Trump a approuvé un accord de coopération nucléaire civile de 30 ans avec l'Arabie saoudite, susceptible d'ouvrir la voie à la construction d'une usine d'enrichissement d'uranium sur le sol du royaume. Selon Interfax, qui relaie AP, l'accord ne comporte pas les garanties que Washington jugeait auparavant indispensables pour empêcher tout détournement de matières nucléaires vers un programme militaire. Vedomosti précise, via le New York Times, que le ministre américain de l'Énergie Chris Wright a signé le texte avec son homologue saoudien, le prince Abdelaziz ben Salmane, et que l'« Accord 123 » doit encore être validé par le Congrès. Meduza rappelle que Riyad a refusé de signer le protocole additionnel de l'AIEA prévoyant des inspections renforcées, et que le prince héritier Mohammed ben Salmane avait déclaré dès 2018 que le royaume se doterait de l'arme atomique si l'Iran en faisait autant.
Pour la diplomatie russe, cet épisode illustre une contradiction de fond dans la politique américaine de non-prolifération. Le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, cité par TASS depuis Manille où il participait aux réunions de l'ASEAN, a rappelé que le programme nucléaire iranien n'avait jamais suscité d'objection de l'AIEA avant les frappes américano-israéliennes du 28 février, l'agence ayant « confirmé à plusieurs reprises l'absence de signe de détournement à des fins militaires ». À propos des informations sur le feu vert donné à l'enrichissement saoudien, Lavrov a estimé qu'« aucune autorisation n'est nécessaire, car l'enrichissement d'uranium à des fins pacifiques » relève d'un droit souverain, sous-entendant un traitement radicalement différent de celui réservé à Téhéran. Il a averti que l'agression contre l'Iran risquait de convaincre « de nombreux pays » que seule l'arme nucléaire garantit l'indépendance, citant les précédents irakien et libyen.
L'accord doit encore franchir l'obstacle du Congrès américain, où TASS et Interfax anticipent des débats sur les risques de prolifération dans le Golfe, dans un contexte où des monarchies du Golfe sont décrites, selon Bloomberg cité par TASS, comme déjà irritées par la conduite de la guerre contre l'Iran et divisées sur la suite à donner à la crise régionale.
