ANGLE DOMINANT
Singapour mesure le risque de double standard nucléaire que Washington assume avec Riyad, quelques mois après une guerre menée contre l'enrichissement iranien.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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L'accord, un « 123 Agreement » signé par Chris Wright et le prince Abdulaziz bin Salman, autorise l'Arabie saoudite à enrichir de l'uranium et à retraiter des déchets nucléaires.
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Contrairement à l'accord de 2009 avec les Émirats arabes unis, le texte omet le « protocole additionnel » permettant des inspections inopinées de l'AIEA.
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L'accord doit être soumis au Congrès américain, où des élus des deux partis et des responsables israéliens ont exprimé des inquiétudes.
ANALYSE
Singapour, 23 juillet 2026. La cité-État suit de près l'accord nucléaire civil signé mercredi entre Washington et Riyad par le secrétaire américain à l'Énergie Chris Wright et son homologue saoudien, le prince Abdulaziz bin Salman. Selon Channel News Asia, le texte «pose les fondations juridiques d'un partenariat pluri-décennal et multimilliardaire» couvrant des objectifs économiques et stratégiques, dont la non-prolifération. Le Straits Times précise que ce «123 Agreement», assorti d'un accord bilatéral de garanties, autorise l'Arabie saoudite à enrichir de l'uranium et à retraiter des déchets nucléaires — deux voies techniques pouvant mener à la fabrication d'une arme, selon des sources citées par Reuters.
La presse singapourienne relève une rupture avec le précédent émirati : en 2009, Abou Dhabi avait renoncé à ces deux capacités pour obtenir son propre accord avec Washington. Le texte négocié avec Riyad omet en outre le «protocole additionnel» qui permettrait à l'Agence internationale de l'énergie atomique de mener des inspections inopinées, un standard que Washington exigeait traditionnellement. Ces omissions, note le Straits Times, «sont susceptibles d'inquiéter les alliés américains au Moyen-Orient, dont Israël», et posent une question de cohérence : l'une des justifications de la guerre américaine contre l'Iran cette année était le refus de Téhéran d'abandonner son propre programme d'enrichissement.
L'accord doit encore passer devant le Congrès, où des élus des deux partis ont exprimé des réserves, mais le contrôle républicain rend un blocage improbable, relève Channel News Asia. Pour Singapour, petite économie très dépendante de la stabilité des routes énergétiques du Golfe, ce dossier s'ajoute à une région déjà tendue par la guerre américano-iranienne, qui a vu les Houthis menacer les exportations saoudiennes et des pétroliers dévier de route dans le détroit d'Ormuz et à Bab-el-Mandeb. À Manille, où la diplomatie singapourienne participait cette semaine aux réunions ministérielles de l'ASEAN, le ministre des Affaires étrangères Vivian Balakrishnan insistait sur l'importance des partenariats extérieurs pour la résilience régionale — un principe que Washington et Riyad invoquent eux aussi, mais dans un registre nucléaire dont les retombées dépassent largement le Golfe.
