ANGLE DOMINANT
Rome interroge la fiabilité de Washington envers Kiev : la presse italienne rattache le bridage de Starlink aux menaces américaines sur l'intelligence et à la brouille entre Trump et Zelensky.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
- 01
Selon La Repubblica, au-delà de 160 km/h les terminaux Starshield perdent le signal, et le 7e corps de réaction rapide a confirmé avoir annulé des opérations.
- 02
Musk affirme que les limites de Starshield sont décidées par l'armée américaine et, en dernière instance, par le président ; Starlink resterait un service commercial de son entreprise.
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Zelensky annonce au Financial Times la reprise des frappes sur les raffineries russes, se dit « trahi » et avertit : « des gens mourront ».
ANALYSE
Rome, 15 octobre 2026. La presse italienne rattache l'affaire Starlink à un soupçon plus large sur la fiabilité de Washington envers Kiev. La Repubblica, le 14 octobre, parle de « due episodi in due giorni » : des missiles russes tombés sur Kiev sans alerte, puis des drones ukrainiens qui perdent la liaison satellitaire. « Un indizio poteva essere una coincidenza; due disegnano un quadro inquietante », écrit le quotidien, tout en admettant qu'aucune preuve n'établit que Washington ait réduit son appui technologique et informatif à dessein.
Sur le plan militaire, le journal détaille la restriction introduite sans préavis sur Starshield, la version militaire de Starlink : « Superati i 160 chilometri orari, i terminali cominciano a perdere il segnale », explique un commandant, vidéo à l'appui. Le 7e corps de réaction rapide, sur le front sud-est, confirme avoir annulé des opérations ; dans certains cas, des coupures d'une vingtaine de secondes surviennent même à vitesse bien plus faible.
Adnkronos titre sur un Musk qui « éteint » Starlink sur « ordre de Trump ». L'agence rapporte la réponse du milliardaire à l'ancien ministre ukrainien de la Défense Mykhaïlo Fedorov, qui le remerciait d'avoir rétabli la connectivité jusqu'à 160 km/h et réclamait la levée des limites : Starshield appartient au gouvernement américain, et toute limite est décidée par l'armée américaine et, « en dernière instance », par le président. Starlink, précise Musk, reste un service commercial de son entreprise. Zelensky, face à Piers Morgan, dit espérer « une erreur, peut-être un gros problème technique » et demande la réactivation.
L'ANSA du 15 octobre inscrit l'épisode dans la dégradation des relations avec Trump. Interrogé par le Financial Times, Zelensky annonce que l'Ukraine « reprendra les attaques contre les raffineries russes » : « La pause est finie. Nous avons fermé. » Il se dit « trahi » par le rapprochement entre Trump et Poutine autour de l'accord sur le gazole et prévient : « C'est une grande erreur, des gens mourront. » L'agence mentionne des immeubles civils touchés à Kiev et à Loutsk et trois morts dans l'attaque nocturne du centre du pays. Selon le FT, les États-Unis ont aussi demandé aux pays de l'UE de débloquer certains avoirs russes.
Dans un titre plus dramatique, La Repubblica estime le 15 octobre que Kiev « rischia di capitolare » : les ailes des drones seraient « spezzate », l'« incantesimo tecnologico » éteint. Le ton oscille entre prudence factuelle et inquiétude sur l'avenir de la résistance ukrainienne.
SOURCES (3)
- AdnkronosMOYEN
