ANGLE DOMINANT
Berlin reconnaît dans la proposition faite au Canada le concept d'adhésion associée que le chancelier Friedrich Merz avait lui-même formulé cette année pour l'Ukraine, où Kiev l'avait accueilli froidement en réclamant une adhésion pleine.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Von der Leyen a proposé mercredi à Strasbourg de faire du Canada « le premier membre associé de l'UE », un statut non prévu par les traités européens.
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L'eurodéputé SPD René Repasi évoque un modèle proche d'un « Espace économique européen plus », avec un statut d'observateur comparable à celui de l'Islande.
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Selon The Local Germany, le concept d'adhésion associée avait été formulé pour la première fois cette année par le chancelier Friedrich Merz au sujet de l'Ukraine, qui l'avait accueilli froidement.
ANALYSE
Berlin, 17 septembre 2026. Le discours sur l'état de l'Union prononcé mercredi à Strasbourg par Ursula von der Leyen suscite en Allemagne une lecture qui dépasse le seul cas canadien. La présidente de la Commission a proposé de faire du Canada « le premier membre associé de l'UE », statut censé porter la relation « au plus haut niveau possible » face à « la froide et fragile réalité du monde d'aujourd'hui ». Elle a cité l'industrie de défense, l'énergie, les matières premières critiques, les batteries, l'intelligence artificielle, l'informatique quantique et la cybersécurité, l'accord CETA devant évoluer vers une « alliance pour l'avenir ». Mark Carney, présent dans l'hémicycle, a reçu une ovation debout ; il dit chercher une « alliance unique », non une adhésion.
La presse allemande souligne un fait que les commentaires étrangers passent sous silence : le terme « membre associé » n'existe pas dans les traités européens. Interrogé par la Deutsche Welle, l'eurodéputé social-démocrate René Repasi avance qu'il pourrait s'agir d'un modèle proche d'un « Espace économique européen plus » : intégration poussée au marché unique combinée à un statut d'observateur, comparable à celui de l'Islande. Selon The Local Germany, ce concept n'est pas né avec le Canada : c'est le chancelier Friedrich Merz qui l'a formulé le premier cette année, à propos de l'Ukraine, où Kiev aurait assisté aux sommets et disposé d'un représentant à la Commission, sans les pleins droits de vote. L'idée avait alors reçu un accueil froid à Kiev, qui revendique une adhésion complète.
Die Tagesschau adopte un ton plus réservé sur la méthode : la chaîne publique rappelle que von der Leyen a multiplié les annonces — plan contre les vagues de chaleur, paquet bancaire, société européenne des matières premières critiques, nouveau Conseil de sécurité, dialogue avec les entreprises d'IA — et note que « seule une partie » de ce type d'annonces se concrétise habituellement. Le sommet UE-Canada prévu le mois prochain à Montréal doit préciser la portée réelle de la proposition.
La réplique de Donald Trump, qui juge l'idée « risible » et menace de « cesser de commercer » avec l'Europe, confirme pour Berlin que Washington perçoit ce rapprochement comme un acte de politique de puissance, non comme un simple ajustement commercial.
