ANGLE DOMINANT
Madrid revendique une longueur d'avance sur ce dossier : l'Espagne a déjà ratifié l'accord commercial CETA que dix Etats membres traînent depuis neuf ans, et retient dans la proposition de « membre associé » de von der Leyen le prolongement d'un partenariat économique déjà scellé avec Ottawa.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Von der Leyen a proposé à Mark Carney de faire du Canada le premier « membre associé » de l'UE, sous une ovation debout des eurodéputés à Strasbourg le 16 septembre
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L'Espagne a déjà ratifié l'accord commercial CETA UE-Canada, alors que dix Etats membres ne l'ont toujours pas fait neuf ans après sa signature, selon Carney cité par le Financial Times
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Les échanges de biens entre l'UE et le Canada ont atteint 82 milliards d'euros en 2025, faisant de l'UE le deuxième partenaire commercial d'Ottawa
ANALYSE
Madrid, 17 septembre 2026. Le discours sur l'état de l'Union prononcé mercredi 16 septembre à Strasbourg par Ursula von der Leyen occupe la presse espagnole, qui retient d'abord la portée inédite du geste envers Ottawa. Selon Expansión, la présidente de la Commission a proposé au premier ministre canadien Mark Carney, présent dans l'hémicycle, de faire de son pays le premier « membre associé » de l'histoire de l'Union, sous une ovation debout des eurodéputés. « Vemos el mundo de la misma manera: desde la inteligencia artificial hasta el cambio climático », a-t-elle déclaré, avant d'énumérer les terrains de coopération envisagés : industrie de défense, matières premières critiques, batteries, IA, informatique quantique, cybersécurité.
HuffPost España souligne que ce statut n'existe dans aucun traité européen : l'idée avait d'abord été avancée cette année par le chancelier allemand Friedrich Merz pour l'Ukraine, avant de recevoir un accueil froid à Kiev, qui réclame une adhésion pleine. The Local Spain rappelle la réplique immédiate de Donald Trump, depuis la Caroline du Nord, qualifiant l'initiative de « risible » et menaçant, si elle constituait un « acte hostile », d'imposer des droits de douane très lourds ou de cesser tout commerce avec l'Europe.
Mais c'est ElDiario.es qui apporte l'angle le plus espagnol du dossier : l'Espagne figure parmi les Etats membres ayant déjà ratifié l'accord commercial UE-Canada, alors que dix pays du bloc ne l'ont toujours pas fait neuf ans après sa signature, selon Mark Carney lui-même, cité par le Financial Times. Le journal rappelle qu'en 2025 les échanges de biens entre l'UE et le Canada ont atteint 82 milliards d'euros, faisant du bloc communautaire le deuxième partenaire commercial d'Ottawa. La visite de Carney à Strasbourg doit servir de catalyseur avant un sommet UE-Canada prévu le mois prochain à Montréal.
La presse espagnole note aussi que l'Australie a déjà laissé entendre qu'elle pourrait suivre la voie canadienne si ses relations avec Washington continuaient de se dégrader. Pour Madrid, déjà en règle sur le CETA, ce nouveau statut apparaît moins comme une nouveauté institutionnelle que comme la consécration d'une relation commerciale déjà scellée, tandis que dix partenaires européens traînent encore leur ratification.
SOURCES (4)
- The Local SpainMOYEN
- HuffPost EspañaMOYEN
- ElDiario.esMOYEN
- ExpansiónMOYEN
