
7 perspectives, chacune dans la voix de la presse de son pays.
Paris pèse le départ des dernières troupes américaines à l'aune du vide sécuritaire qu'il pourrait ouvrir en Irak, entre milices pro-iraniennes et résurgence de l'État islamique.
2 sources
Canberra scrute le retrait américain d'Irak à travers le risque sécuritaire : un vide qui profiterait à l'Iran, à ses alliés armés et à une possible résurgence de l'État islamique.
2 sources
Dhaka décrypte le départ de la coalition comme un test diplomatique pour Bagdad, dont le désarmement des factions pro-iraniennes dépend d'un accord entre Washington et Téhéran.
2 sources
Téhéran salue dans le départ américain d'Irak une victoire de la « résistance » : la presse iranienne relaie la voix d'un commandant pro-iranien et montre des images de matériel évacué.
2 sources
Islamabad pèse le départ américain d'Irak à l'aune du gain stratégique de Téhéran : la presse pakistanaise relaie l'analyse selon laquelle l'Iran et ses alliés sortent renforcés d'un retrait convenu en 2024 et achevé en pleine guerre.
3 sources
Doha mesure le retrait américain d'Irak à l'aune de l'équilibre régional : Gulf Times y voit une ouverture stratégique offerte à l'Iran, Al Jazeera doute d'un désarmement des milices qui ne serait que de façade.
3 sources
Ankara mesure le retrait américain d'Irak à l'aune du vide stratégique qu'il laisse à Téhéran, et de la question posée par la presse turque : fin de mission ou simple redéploiement ?
2 sources
Points communs et différences de traitement dans les médias analysés.
Les dernières forces américaines de la coalition doivent avoir quitté leurs bases irakiennes au plus tard mercredi 30 septembre : les sept corpus le rapportent.
Un commandant de la Résistance islamique en Irak, Abu Mojtaba al-Yasiri, qualifie le retrait de « victoire historique » : le propos est repris dans les corpus australien, iranien, pakistanais, qatari et turc.
Le risque d'une résurgence de l'État islamique après le départ américain, porté par des responsables ou analystes irakiens, figure dans les corpus australien, français, pakistanais, qatari et turc.
Question : Bagdad peut-il obtenir le désarmement des factions ? La presse française rapporte l'engagement du Premier ministre Ali al-Zaidi ; les corpus bangladais et qatari en soulignent les limites, entre dépendance à la guerre régionale et désarmement qui serait de façade.
Couvertures qui vont dans ce sens
Couvertures qui divergent
Question : que signifie le départ américain pour l'Irak ? La presse iranienne le présente comme une « victoire historique » de la résistance ; les corpus australien, français et turc l'abordent d'abord comme un vide sécuritaire possible.
Couvertures qui vont dans ce sens
Couvertures qui divergent
Ce regroupement décrit les publications analysées, pas la position des habitants de ces pays ni celle de leurs gouvernements.
ANGLE DOMINANT
Paris pèse le départ des dernières troupes américaines à l'aune du vide sécuritaire qu'il pourrait ouvrir en Irak, entre milices pro-iraniennes et résurgence de l'État islamique.
POINTS CLES
ANALYSE
Paris, 30 septembre 2026. La coalition antidjihadiste menée par les États-Unis achève mercredi 30 septembre sa mission en Irak, douze ans après son déploiement de 2014, note Le Monde. Ces forces avaient été envoyées en Irak et en Syrie contre l'organisation État islamique, qui avait conquis de vastes territoires. Après la victoire sur l'EI en 2017 en Irak, puis en 2019 en Syrie, elles étaient restées pour traquer les derniers éléments du groupe. Le quotidien rappelle que Bagdad et Washington ont décidé en 2024 d'y mettre fin. La coalition a quitté la Syrie plus tôt cette année et avait commencé son retrait d'Irak en 2025, limitant sa présence à l'aéroport d'Erbil, dans le Kurdistan.
Le récit français met en avant la dimension politique interne. Le premier ministre Ali Al-Zaidi a appelé à célébrer le 1er octobre comme la « Journée de la souveraineté ». Les chefs des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire y voient un « événement national » qui « consolide la présence de l'Etat et de ses institutions », tout en soulignant la nécessité de traiter la question des « armes échappant à l'autorité de l'Etat ». Le Monde précise qu'Ali Al-Zaidi, arrivé au pouvoir au printemps, s'est engagé sous la pression de Washington à obtenir le désarmement des factions pro-iraniennes, et que son gouvernement avait d'abord fixé au 30 septembre la date limite.
France 24 insiste sur la suite : ce retrait relance la question du désarmement, dont plusieurs groupes refusent toujours de rendre les armes. Sa version anglophone parle d'un départ « célébré comme une victoire » par Téhéran et ses alliés, alors que l'administration Trump mène la guerre contre l'Iran, qui pèse en Irak par le biais de ses supplétifs. Des responsables irakiens et des analystes avertissent que ce départ pourrait enhardir les milices et offrir à l'État islamique, décrit comme en résurgence, l'occasion de se reconstituer.
La chaîne place aussi l'épisode dans le temps long : le retrait intervient 23 ans après le renversement de Saddam Hussein par les forces américaines, qui a déclenché le chaos et l'essor de l'EI, et après la mort de 4 500 soldats américains en plus de vingt ans de guerre. Si le départ est largement populaire chez les Irakiens, certains doutent que des forces de sécurité formées et financées par les États-Unis puissent protéger le pays. L'analyste Jassim al-Bahadli, cité par la chaîne, en tire la leçon : « les vides sécuritaires peuvent être extrêmement dangereux ».
ANGLE DOMINANT
Canberra scrute le retrait américain d'Irak à travers le risque sécuritaire : un vide qui profiterait à l'Iran, à ses alliés armés et à une possible résurgence de l'État islamique.
POINTS CLES
ANALYSE
Canberra, 30 septembre 2026. SBS News et PerthNow reprennent le récit d'agence sur le départ des dernières forces américaines de leurs bases irakiennes, attendu mercredi 30 septembre. Ils décrivent un départ « célébré comme une victoire par l'Iran et ses alliés », qui exercent désormais une influence profonde dans un pays où 4 500 Américains sont morts en plus de deux décennies de guerre.
Les deux textes soulignent le paradoxe du calendrier : le retrait, convenu en 2024 sous Joe Biden, est mené à terme par l'administration de Donald Trump alors que Washington est en guerre contre l'Iran. SBS le présente comme la fin de la guerre la plus coûteuse des États-Unis au XXIe siècle.
La lecture stratégique vient d'un analyste irakien, Jasim al-Bahadli, spécialiste des groupes chiites armés alignés sur Téhéran. Pour lui, « l'Iran est en position de bénéficier stratégiquement » du départ de la coalition, qui supprime une présence militaire ayant longtemps servi de contrepoids. Il prédit que les milices pro-iraniennes chercheront à « traduire cet élan en influence accrue » sur les décisions sécuritaires et politiques.
Le récit donne aussi la parole à Abu Mojtaba al-Yasiri, commandant de la Résistance islamique en Irak, qui qualifie le retrait de « victoire historique » et de « défaite écrasante du projet américain ». Il a dit à Reuters que le 30 septembre marquerait « la page noire » tournée de l'histoire irakienne.
ANGLE DOMINANT
Dhaka décrypte le départ de la coalition comme un test diplomatique pour Bagdad, dont le désarmement des factions pro-iraniennes dépend d'un accord entre Washington et Téhéran.
POINTS CLES
ANALYSE
Dhaka, 30 septembre 2026. La presse anglophone bangladaise traite le départ de la coalition antijihadiste dirigée par les États-Unis comme un test pour Bagdad plus que comme un événement militaire. The Daily Star, qui relaie l'AFP, rappelle que l'Irak est un pays « pris entre ses alliés », Washington et Téhéran, et que la coalition quitte le territoire ce mercredi.
Le Premier ministre Ali al-Zaidi, arrivé au pouvoir cette année avec la bénédiction des États-Unis, a promis qu'après ce départ les groupes pro-iraniens remettraient leurs armes à l'État. Le journal souligne que la question est « bien plus compliquée » que de simples annonces. Plusieurs hauts responsables irakiens, cités par l'AFP, affirment que l'Iran n'acceptera pas que les factions rendent les armes, surtout pendant la guerre régionale, et qu'il a clairement fait passer le message.
L'analyste irakien Sajad Jiyad, cité longuement, place la clé entre Washington et Téhéran : « S'il y a un accord entre les États-Unis et l'Iran, je pense que toute cette question devient très facile à traiter. » Selon lui, l'Iran ne peut abandonner ses capacités stratégiques tant que dure le conflit, y compris celle d'attaquer les intérêts américains en Irak et dans la région. La situation reste toutefois « délicate », car Téhéran ne souhaite pas un « Irak instable ». Les factions demandent en outre l'assurance que les États-Unis ne les viseront pas avant d'envisager de se défaire de leurs armes.
ANGLE DOMINANT
Téhéran salue dans le départ américain d'Irak une victoire de la « résistance » : la presse iranienne relaie la voix d'un commandant pro-iranien et montre des images de matériel évacué.
POINTS CLES
ANALYSE
Téhéran, 30 septembre 2026. La presse iranienne traite le départ des dernières troupes américaines d'Irak comme un fait acquis et un succès de la « résistance », avec très peu de développement factuel.
L'agence Mehr News, dans sa version anglaise, publie datée du 30 septembre une vidéo intitulée « Footage shows US military equipment leaving Iraq ». Le texte tient en une phrase : les images « indiquent que l'armée américaine sort son équipement militaire et de guerre de la région ». Aucun lieu précis, aucune date de tournage ni aucun chiffre ne sont donnés ; l'image tient lieu de preuve du départ.
Le Club des jeunes journalistes (YJC), publié mardi 29 septembre, s'appuie sur des « médias anglophones » et sur Spoutnik : les forces américaines doivent quitter leurs dernières bases en Irak « d'ici demain », soit mercredi 30 septembre (8 Mehr). L'article donne surtout la parole à Abou Mojtaba al-Yasseri, présenté comme l'un des commandants de la « Résistance islamique » en Irak.
Celui-ci qualifie ce retrait de « victoire historique des groupes de la Résistance islamique d'Irak et des Irakiens honorables » et de « lourde défaite du projet américain ». Il ajoute que l'Irak fêtera le 30 septembre « la fin d'une page noire de son histoire ».
Le même commandant en tire une leçon politique, reprise sans contradiction par YJC : ce départ montrerait que la souveraineté de l'Irak « n'est pas garantie par les forces étrangères », mais dépend de la résistance et de la volonté de la population du pays. Le récit place ainsi le retrait dans une logique de rapport de force gagné sur le terrain plutôt que d'un calendrier convenu entre Bagdad et Washington.
ANGLE DOMINANT
Islamabad pèse le départ américain d'Irak à l'aune du gain stratégique de Téhéran : la presse pakistanaise relaie l'analyse selon laquelle l'Iran et ses alliés sortent renforcés d'un retrait convenu en 2024 et achevé en pleine guerre.
POINTS CLES
ANALYSE
Islamabad, 30 septembre 2026. Les trois titres pakistanais du corpus, ARY News, Business Recorder et Geo News, publient le 29 septembre la même dépêche Reuters, datée de Bagdad : les forces américaines doivent avoir quitté leurs dernières bases en Irak d'ici mercredi. Ils ouvrent sur le point de vue des vainqueurs proclamés : un départ « célébré comme une victoire par l'Iran et ses alliés, qui exercent désormais une profonde influence » dans un pays où 4 500 Américains sont morts en plus de deux décennies de guerre.
Le texte rappelle la chronologie : le retrait a été convenu en 2024 sous Joe Biden et mené à terme par l'administration de Donald Trump, alors même qu'elle est en guerre contre l'Iran. Cette ironie structure la lecture pakistanaise, qui présente un calendrier hérité exécuté par un successeur en conflit ouvert avec Téhéran.
La voix centrale est celle d'experts et de miliciens irakiens. L'analyste de sécurité Jasim al-Bahadli estime que l'Iran « bénéficie stratégiquement du départ de la coalition, car il supprime une présence militaire qui servait depuis des années de contrepoids » à son influence. Il prévoit que les groupes pro-iraniens présenteront le retrait comme leur victoire et chercheront à en tirer plus de poids sur les décisions sécuritaires et politiques.
ANGLE DOMINANT
Doha mesure le retrait américain d'Irak à l'aune de l'équilibre régional : Gulf Times y voit une ouverture stratégique offerte à l'Iran, Al Jazeera doute d'un désarmement des milices qui ne serait que de façade.
POINTS CLES
ANALYSE
Doha, 30 septembre 2026. Les médias qataris couvrent le retrait américain d'Irak comme un déplacement des rapports de force régionaux plus que comme un simple calendrier militaire. Gulf Times, reprenant une dépêche Reuters, écrit que les forces américaines quittent leurs dernières bases d'ici mercredi, « a departure celebrated as a victory by Iran and its allies », dans un pays où 4 500 Américains sont morts au cours de plus de vingt ans de guerre. Le texte souligne le paradoxe d'un retrait convenu en 2024 sous Joe Biden, exécuté par l'administration de Donald Trump alors que Washington est en guerre contre l'Iran.
Le journal donne la parole à Jasim al-Bahadli, analyste irakien des groupes armés chiites, pour qui l'Iran « stands to benefit strategically » d'un départ qui supprime un contrepoids de longue date à l'influence de Téhéran. Abu Mojtaba al-Yasiri, commandant de la Résistance islamique en Irak, qualifie le retrait de « victoire historique » et de « défaite écrasante du projet américain ». Des responsables irakiens de la sécurité redoutent en outre que le vide laissé ne permette un retour de l'État islamique.
Al Jazeera diffuse de son côté un reportage vidéo de Bagdad daté du 29 septembre : les soldats américains ont quitté entièrement la base de la capitale, des avions militaires décollant de la ville, ce qui met fin à une présence née de l'invasion de 2003 contre Saddam Hussein.
ANGLE DOMINANT
Ankara mesure le retrait américain d'Irak à l'aune du vide stratégique qu'il laisse à Téhéran, et de la question posée par la presse turque : fin de mission ou simple redéploiement ?
POINTS CLES
ANALYSE
Ankara, 30 septembre 2026. Les forces américaines doivent quitter leurs dernières bases en Irak au plus tard ce mercredi 30 septembre. Daily Sabah, quotidien proche du pouvoir, titre sur un retrait qui laisse « un vide pour l'Iran » après deux décennies de présence. Le journal rappelle que l'accord date de 2024, sous Joe Biden, et qu'il est mené à terme par l'administration Trump « même alors qu'elle mène la guerre contre l'Iran ».
Le quotidien met en avant la lecture iranienne : le départ est célébré comme une victoire par Téhéran et ses alliés, qui disposent d'une influence profonde dans un pays où 4 500 Américains sont morts. Jasim al-Bahadli, analyste irakien de la sécurité, estime que l'Iran en tire un bénéfice stratégique, car la coalition constituait depuis des années un contrepoids. Abu Mojtaba al-Yasiri, commandant de la Résistance islamique en Irak, parle d'une « victoire historique » et d'une « défaite écrasante du projet américain », et annonce que le 30 septembre sera célébré comme « une page noire tournée ». Selon le quotidien, ce retrait pourrait aussi permettre à d'autres ennemis des États-Unis, dont Daech, de revenir.
BBC Türkçe, à partir d'une analyse de BBC Monitoring, pose une autre question : ce départ marque-t-il la fin d'une mission ou un redéploiement stratégique ? Le texte rappelle que la mission lancée après la prise de larges zones d'Irak par l'EI en 2014 s'achève, et que les troupes américaines s'étaient déjà retirées en 2011, huit ans après le renversement de Saddam Hussein. Les deux gouvernements affirment que le calendrier est respecté. Washington réitère son attachement à l'échéance du 30 septembre, et des responsables irakiens la qualifient de « date ferme et définitive », en disant que le 1er octobre sera « un jour nouveau dans la trajectoire du pays ».
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Au-delà de l'échéance elle-même, la couverture porte sur ce qui vient après : la fin de douze ans de présence de la coalition, les conditions d'un éventuel désarmement des factions, et la manière dont chaque presse lit ce départ.
Le retrait arrive à échéance le 30 septembre ; le désarmement des factions pro-iraniennes n'a pas commencé et plusieurs groupes annoncent leur refus.
Le Monde replace le départ dans le temps long. Selon le quotidien, la coalition antidjihadiste a été déployée en 2014 contre l'organisation État islamique. Après la victoire sur le groupe en 2017 en Irak, puis en 2019 en Syrie, ses forces sont restées pour traquer les derniers éléments.
Toujours selon Le Monde, la coalition a quitté la Syrie plus tôt cette année. Elle avait commencé son retrait d'Irak en 2025, en limitant sa présence à l'aéroport d'Erbil, au Kurdistan.
BBC Türkçe, à partir d'une analyse de BBC Monitoring, pose la question de la nature du départ : fin de mission ou redéploiement. Le texte rapporte que Washington réitère son attachement à l'échéance et que des responsables irakiens la qualifient de « date ferme et définitive ». La BBC signale aussi que le débat se poursuit sur la présence américaine au Kurdistan irakien et sur le rôle de forces américaines dans la protection des sites diplomatiques.
Le Monde indique qu'Ali Al-Zaidi, arrivé au pouvoir au printemps, s'est engagé sous la pression de Washington à obtenir le désarmement des factions pro-iraniennes. Son gouvernement avait d'abord fixé au 30 septembre la date limite. Le quotidien rapporte que le Premier ministre a appelé à célébrer le 1er octobre comme « Journée de la souveraineté ». Les chefs des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire y voient un « événement national » et soulignent la nécessité de traiter la question des « armes échappant à l'autorité de l'Etat ».
« S'il y a un accord entre les États-Unis et l'Iran, je pense que toute cette question devient très facile à traiter. »
The Daily Star, qui relaie l'AFP, écrit que la question est « bien plus compliquée » que les annonces. Le journal rappelle que les groupes soutenus par l'Iran ont visé des installations américaines en Irak et dans la région des centaines de fois. Selon l'analyste irakien Sajad Jiyad, cité longuement, les factions demandent l'assurance que les États-Unis ne les viseront pas avant d'envisager de rendre leurs armes.
Dans une tribune, Al Jazeera en arabe parle d'un « désarmement de façade ». Son auteur écrit que le gouvernement irakien cherche à répondre aux exigences américaines visant les alliés de l'Iran, comme celles adressées au Liban et à la Syrie. Il rappelle que ces factions disposent d'une reconnaissance officielle et d'un budget distinct de celui du ministère de la Défense.
Les corpus australien, pakistanais, qatari et turc reprennent la même dépêche Reuters. Elle décrit un départ « célébré comme une victoire par l'Iran et ses alliés » et cite l'analyste Jasim al-Bahadli, selon qui l'Iran « est en position de bénéficier stratégiquement » de la fin d'un contrepoids de longue date. Ce constat mesure la reprise d'une source commune par ces titres, pas l'étendue des avis en Irak.
Côté iranien, Mehr News publie une vidéo légendée « Footage shows US military equipment leaving Iraq ». Le texte indique que les images montrent l'armée américaine sortant son équipement de la région, sans préciser de lieu ni de date de tournage. Le Club des jeunes journalistes (YJC), publié mardi 29 septembre, donne la parole au commandant Abou Mojtaba al-Yasseri. Selon lui, le départ montre que la souveraineté de l'Irak « n'est pas garantie par les forces étrangères ».
Al Jazeera diffuse de son côté un reportage vidéo de Bagdad daté de mardi 29 septembre. Il indique que les soldats américains ont quitté entièrement la base de la capitale, avec des avions militaires décollant de la ville.
France 24 titre sur les craintes d'un vide sécuritaire et écrit que des responsables et analystes irakiens avertissent que le départ pourrait enhardir les milices pro-iraniennes. La chaîne ajoute qu'il pourrait offrir à l'État islamique, qu'elle décrit comme en résurgence, l'occasion de se reconstituer.
« les vides sécuritaires peuvent être extrêmement dangereux »
Selon le texte repris par SBS News et PerthNow, le départ est largement populaire chez les Irakiens. Ceux qui s'inquiètent de la force des groupes soutenus par l'Iran le jugent toutefois prématuré. France 24 relève que certains doutent que des forces de sécurité formées et financées par les États-Unis puissent protéger le pays.
Dans les textes iraniens fournis, ni Mehr ni YJC n'évoquent le risque d'une résurgence de l'État islamique. Ce silence porte sur ces deux textes, pas sur l'ensemble de la presse iranienne.
Bagdad vise le désarmement de toutes les milices d'ici juin 2027 ; plusieurs groupes disent qu'ils refuseront.
Des responsables irakiens cités par l'AFP disent que l'Iran n'acceptera pas ce désarmement pendant la guerre régionale.
Des responsables de la sécurité irakiens cités par Reuters craignent une résurgence de l'État islamique.
Le second volet est le risque djihadiste. Des experts de sécurité irakiens estiment que le retrait pourrait laisser de l'espace à un retour de l'État islamique et d'autres adversaires des États-Unis. Le texte note que le départ des troupes est largement populaire chez les Irakiens, mais que ceux qui s'inquiètent de la force des groupes soutenus par l'Iran le jugent prématuré.
Les extraits disponibles ne mentionnent ni la contribution australienne à la coalition ni une réaction de Canberra : la couverture repose sur des dépêches internationales et sur des voix irakiennes.
Le contexte de guerre est posé sans détour : les groupes soutenus par l'Iran ont visé des installations américaines en Irak et dans la région des centaines de fois, ce qui a approfondi l'implication de l'Irak dans le conflit.
TBS News couvre l'autre versant du retrait, celui des contingents européens. L'Italie a achevé mardi le retrait de ses dernières troupes d'Irak, mettant fin à douze ans de présence militaire, selon un communiqué de son ministère de la Défense. Rome avait rappelé l'essentiel de son personnel dès mars 2026, après une frappe nocturne contre une base de la région du Kurdistan. Le ministre Guido Crosetto y voit une transition vers une plus grande responsabilité irakienne pour sa propre sécurité. Deux carabiniers restent dans le pays au sein de la mission européenne EUAM Iraq, menée avec l'accord du gouvernement irakien.
Ni Mehr ni YJC, dans les textes fournis, n'évoquent le désarmement des milices promis par le gouvernement irakien, le risque d'une résurgence de l'État islamique ou l'état de guerre entre l'Iran et les États-Unis. La lecture iranienne retient donc le triomphe symbolique et la souveraineté définie par la résistance, non les inquiétudes sécuritaires de Bagdad.
Abu Mojtaba al-Yasiri, commandant de la Résistance islamique en Irak, qui fédère des factions soutenues par l'Iran, parle d'une « victoire historique » et d'une « défaite écrasante du projet américain ». Il annonce qu'on célébrera le 30 septembre « la page noire tournée » et affirme que la souveraineté irakienne ne s'obtient pas par des forces étrangères mais par la résistance.
Les articles nuancent cet enthousiasme : si le départ est largement populaire chez les Irakiens, ceux qui s'inquiètent de la puissance des groupes armés le jugent prématuré et estiment que l'Irak n'est pas encore prêt à assumer seul le dossier sécuritaire. Les experts cités avertissent aussi que d'autres ennemis des États-Unis, dont l'État islamique, pourraient revenir.
Aucun des trois médias n'ajoute de commentaire éditorial ni de réaction pakistanaise : la perspective nationale tient à la sélection et à la reprise de cette dépêche, qui met l'accent sur le rapport de forces régional plutôt que sur le bilan de la présence américaine.
La version arabe d'Al Jazeera publie une tribune plus critique. Elle présente le 30 septembre 2026 comme un « point de tournant décisif » et affirme que la coïncidence entre retrait et désarmement des milices n'est pas fortuite : le gouvernement du Premier ministre Ali al-Zaidi chercherait à répondre aux exigences américaines visant les alliés de l'Iran, comme celles adressées au Liban et à la Syrie. L'auteur rappelle que ces factions, forgées dans la lutte contre l'État islamique, disposent d'une reconnaissance officielle et d'un budget distinct du ministère de la Défense, et juge difficile de leur retirer cette légitimité.
Le titre même de la tribune parle d'un « désarmement de façade » permettant à Téhéran de conserver une influence discrète sous couvert de l'État irakien. La couverture qatarie articule ainsi trois éléments : la victoire proclamée par les factions pro-iraniennes, le risque sécuritaire pour Bagdad et le scepticisme sur les promesses de souveraineté.
La BBC signale néanmoins que le débat se poursuit sur l'avenir de la présence militaire américaine en Irak et dans la région du Kurdistan, ainsi que sur le rôle que des forces américaines pourraient garder dans la protection des sites diplomatiques. Le cadrage turc reste donc celui d'un rééquilibrage régional, où l'Iran apparaît comme le premier bénéficiaire, et où la sécurité de Bagdad face à Daech est une inquiétude secondaire mais réelle.