ANGLE DOMINANT
Islamabad pèse le départ américain d'Irak à l'aune du gain stratégique de Téhéran : la presse pakistanaise relaie l'analyse selon laquelle l'Iran et ses alliés sortent renforcés d'un retrait convenu en 2024 et achevé en pleine guerre.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Les forces américaines doivent avoir quitté leurs dernières bases en Irak d'ici mercredi 30 septembre, selon Reuters repris par ARY News, Business Recorder et Geo News.
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Le retrait, convenu en 2024 sous Joe Biden, est mené à terme par l'administration Trump, en guerre contre l'Iran ; 4 500 Américains sont morts en Irak.
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Le commandant Abu Mojtaba al-Yasiri parle d'une « victoire historique » ; l'analyste Jasim al-Bahadli anticipe un gain d'influence pour Téhéran et un possible retour de l'État islamique.
ANALYSE
Islamabad, 30 septembre 2026. Les trois titres pakistanais du corpus, ARY News, Business Recorder et Geo News, publient le 29 septembre la même dépêche Reuters, datée de Bagdad : les forces américaines doivent avoir quitté leurs dernières bases en Irak d'ici mercredi. Ils ouvrent sur le point de vue des vainqueurs proclamés : un départ « célébré comme une victoire par l'Iran et ses alliés, qui exercent désormais une profonde influence » dans un pays où 4 500 Américains sont morts en plus de deux décennies de guerre.
Le texte rappelle la chronologie : le retrait a été convenu en 2024 sous Joe Biden et mené à terme par l'administration de Donald Trump, alors même qu'elle est en guerre contre l'Iran. Cette ironie structure la lecture pakistanaise, qui présente un calendrier hérité exécuté par un successeur en conflit ouvert avec Téhéran.
La voix centrale est celle d'experts et de miliciens irakiens. L'analyste de sécurité Jasim al-Bahadli estime que l'Iran « bénéficie stratégiquement du départ de la coalition, car il supprime une présence militaire qui servait depuis des années de contrepoids » à son influence. Il prévoit que les groupes pro-iraniens présenteront le retrait comme leur victoire et chercheront à en tirer plus de poids sur les décisions sécuritaires et politiques.
Abu Mojtaba al-Yasiri, commandant de la Résistance islamique en Irak, qui fédère des factions soutenues par l'Iran, parle d'une « victoire historique » et d'une « défaite écrasante du projet américain ». Il annonce qu'on célébrera le 30 septembre « la page noire tournée » et affirme que la souveraineté irakienne ne s'obtient pas par des forces étrangères mais par la résistance.
Les articles nuancent cet enthousiasme : si le départ est largement populaire chez les Irakiens, ceux qui s'inquiètent de la puissance des groupes armés le jugent prématuré et estiment que l'Irak n'est pas encore prêt à assumer seul le dossier sécuritaire. Les experts cités avertissent aussi que d'autres ennemis des États-Unis, dont l'État islamique, pourraient revenir.
Aucun des trois médias n'ajoute de commentaire éditorial ni de réaction pakistanaise : la perspective nationale tient à la sélection et à la reprise de cette dépêche, qui met l'accent sur le rapport de forces régional plutôt que sur le bilan de la présence américaine.
