ANGLE DOMINANT
Paris pèse le départ des dernières troupes américaines à l'aune du vide sécuritaire qu'il pourrait ouvrir en Irak, entre milices pro-iraniennes et résurgence de l'État islamique.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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La coalition antidjihadiste menée par les États-Unis achève sa mission en Irak mercredi 30 septembre, après douze ans de présence, selon Le Monde.
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Le premier ministre Ali Al-Zaidi a appelé à célébrer le 1er octobre comme « Journée de la souveraineté » et s'est engagé à obtenir le désarmement des factions pro-iraniennes.
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France 24 relève que plusieurs groupes refusent toujours de rendre les armes et que 4 500 soldats américains sont morts en Irak en plus de vingt ans de guerre.
ANALYSE
Paris, 30 septembre 2026. La coalition antidjihadiste menée par les États-Unis achève mercredi 30 septembre sa mission en Irak, douze ans après son déploiement de 2014, note Le Monde. Ces forces avaient été envoyées en Irak et en Syrie contre l'organisation État islamique, qui avait conquis de vastes territoires. Après la victoire sur l'EI en 2017 en Irak, puis en 2019 en Syrie, elles étaient restées pour traquer les derniers éléments du groupe. Le quotidien rappelle que Bagdad et Washington ont décidé en 2024 d'y mettre fin. La coalition a quitté la Syrie plus tôt cette année et avait commencé son retrait d'Irak en 2025, limitant sa présence à l'aéroport d'Erbil, dans le Kurdistan.
Le récit français met en avant la dimension politique interne. Le premier ministre Ali Al-Zaidi a appelé à célébrer le 1er octobre comme la « Journée de la souveraineté ». Les chefs des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire y voient un « événement national » qui « consolide la présence de l'Etat et de ses institutions », tout en soulignant la nécessité de traiter la question des « armes échappant à l'autorité de l'Etat ». Le Monde précise qu'Ali Al-Zaidi, arrivé au pouvoir au printemps, s'est engagé sous la pression de Washington à obtenir le désarmement des factions pro-iraniennes, et que son gouvernement avait d'abord fixé au 30 septembre la date limite.
France 24 insiste sur la suite : ce retrait relance la question du désarmement, dont plusieurs groupes refusent toujours de rendre les armes. Sa version anglophone parle d'un départ « célébré comme une victoire » par Téhéran et ses alliés, alors que l'administration Trump mène la guerre contre l'Iran, qui pèse en Irak par le biais de ses supplétifs. Des responsables irakiens et des analystes avertissent que ce départ pourrait enhardir les milices et offrir à l'État islamique, décrit comme en résurgence, l'occasion de se reconstituer.
La chaîne place aussi l'épisode dans le temps long : le retrait intervient 23 ans après le renversement de Saddam Hussein par les forces américaines, qui a déclenché le chaos et l'essor de l'EI, et après la mort de 4 500 soldats américains en plus de vingt ans de guerre. Si le départ est largement populaire chez les Irakiens, certains doutent que des forces de sécurité formées et financées par les États-Unis puissent protéger le pays. L'analyste Jassim al-Bahadli, cité par la chaîne, en tire la leçon : « les vides sécuritaires peuvent être extrêmement dangereux ».
