
9 perspectives, chacune dans la voix de la presse de son pays.
Canberra interroge la frontière entre programmation des salles et liberté d'expression des artistes, après l'éviction de Macklemore et les excuses publiques d'Ed Sheeran à Philadelphie.
4 sources
La Belgique scrute d'abord le rapport de force entre propriétaires de stades et artistes engagés, y lisant moins un concert qu'un test grandeur nature de la liberté d'expression sous pression sécuritaire et commerciale.
3 sources
Santiago décrypte le revirement d'Ed Sheeran sur Gaza, d'un silence revendiqué à un constat de catastrophe.
2 sources
Helsinki retient avant tout les mots de Sheeran sur Gaza, plus que les conséquences commerciales de l'affaire pour sa tournée.
2 sources
Paris décrypte l'incident Sheeran-Macklemore comme un test de la liberté d'expression artistique aux États-Unis, où des propriétaires de stades ont le pouvoir d'évincer un artiste pour ses propos sur Gaza avant même la scène.
4 sources
Oslo décortique le rapport de force entre Ed Sheeran et les propriétaires de stades, plus que le message politique lui-même.
2 sources
Stockholm retient d'abord la formule choisie par Ed Sheeran pour qualifier Gaza — « catastrophique, injustifiable et disproportionnée » — plus que les conséquences économiques de sa tournée.
2 sources
Londres scrute le dilemme de sa star la plus vendue, prise malgré elle dans un débat sur la liberté d'expression depuis la scène, entre premières parties qui désertent, ventes en recul et aveu de « mistakes » à Philadelphie.
2 sources
Washington mesure une controverse qui déborde la musique : l'éviction de Macklemore de la tournée d'Ed Sheeran ravive le débat américain sur la parole pro-palestinienne sur scène, entre accusations d'antisémitisme et défense de la liberté d'expression.
2 sources
Points communs et différences de traitement dans les médias analysés.
Ed Sheeran a qualifié, depuis la scène de Philadelphie samedi 19 septembre, la situation à Gaza de « catastrophique, injustifiable et disproportionnée ».
Macklemore a été évincé de la tournée Loop après avoir scandé « Free Palestine » lors d'un concert au début du mois de septembre.
Quatre artistes prévus en première partie ainsi que le groupe accompagnant Sheeran se sont retirés de la tournée en solidarité avec Macklemore.
Les perspectives répondent différemment à qui a pris la décision d'écarter Macklemore de la tournée : plusieurs l'attribuent à une pression des propriétaires de stades sur les organisateurs, tandis qu'une autre la présente comme une décision prise directement par Sheeran.
Couvertures qui vont dans ce sens
Les perspectives ne répondent pas de la même façon à ce qui définit le cœur de la controverse : certaines y voient d'abord un test de la liberté d'expression artistique face au pouvoir des salles, la presse américaine y lisant plutôt un débat sur les accusations d'antisémitisme visant les propos de Macklemore.
Couvertures qui vont dans ce sens
Couvertures qui divergent
Ce regroupement décrit les publications analysées, pas la position des habitants de ces pays ni celle de leurs gouvernements.
ANGLE DOMINANT
Canberra interroge la frontière entre programmation des salles et liberté d'expression des artistes, après l'éviction de Macklemore et les excuses publiques d'Ed Sheeran à Philadelphie.
POINTS CLES
ANALYSE
Canberra, 20 septembre 2026. La presse australienne suit de près le retour solo d'Ed Sheeran samedi soir (dimanche à l'heure de Sydney) au Lincoln Financial Field de Philadelphie, premier concert depuis le départ en cascade de ses premières parties. Devant son public, le chanteur britannique a reconnu avoir « pris des décisions difficiles » et « commis des erreurs », ajoutant : « Je suis vraiment, vraiment désolé. » Il a qualifié la situation à Gaza de « catastrophique, injustifiable et disproportionnée », précisant que « l'injustice systémique que nous voyons se déployer en Cisjordanie ne peut être ignorée ».
The Age, SBS News et ABC reconstituent la chronologie : le rappeur américain Macklemore, tête d'affiche des premières parties de la tournée Loop, a été écarté après avoir lancé « Free Palestine » lors d'un concert au MetLife Stadium du New Jersey, plus tôt ce mois-ci. Des propriétaires de stades se sont plaints de ces propos ; le magnat Robert Kraft a confirmé avoir pesé dans son éviction. Sheeran, lui, a nié être à l'origine de la décision, l'attribuant au promoteur de sa tournée.
Le récit australien insiste sur ce que Sheeran en tire : une inquiétude assumée devant son public que des salles puissent approuver à l'avance le contenu des concerts. « Je n'ai jamais voulu être un musicien militant, mais cela m'a placé au cœur d'un débat important et passionné sur la liberté d'expression et la question politique la plus complexe de la planète », a-t-il dit, selon ABC et SBS.
Quatre premières parties — le groupe irlandais Beoga qui l'accompagnait, le chanteur irlandais Aaron Rowe, le groupe danois Lukas Graham et Finneas, frère de Billie Eilish — se sont retirées en solidarité avec Macklemore et les Palestiniens. Des manifestants pro-palestiniens, dont la Philly Palestine Coalition, s'étaient rassemblés devant le stade. Les titres australiens notent aussi l'effet commercial : selon la BBC citée par The Age, les billets sont tombés jusqu'à 32 dollars américains et les ventes ont reculé pour la fin de l'étape américaine, contraste marqué avec la précédente tournée de Sheeran, l'une des plus lucratives de l'histoire.
ANGLE DOMINANT
La Belgique scrute d'abord le rapport de force entre propriétaires de stades et artistes engagés, y lisant moins un concert qu'un test grandeur nature de la liberté d'expression sous pression sécuritaire et commerciale.
POINTS CLES
ANALYSE
Bruxelles, 20 septembre 2026. La presse belge retient d'abord la tension qui entourait, samedi soir, le concert d'Ed Sheeran au Lincoln Financial Field de Philadelphie — le premier depuis l'éviction du rappeur Macklemore de sa tournée « Loop ». Selon La Libre et la Dernière Heure, la mise à l'écart, actée lundi « sous la pression de propriétaires de stades américains », a suivi l'appel de Macklemore à « libérer la Palestine » lancé début septembre. Cette décision « a valu à Ed Sheeran un déluge de critiques sans précédent pour un musicien jusque-là très consensuel », notent les deux titres, qui reprennent une information de leurs confrères flamands de HLN.
Conséquence directe : Finneas, Lukas Graham et Aaron Rowe, prévus en première partie, se sont désistés « en signe de soutien à Macklemore », de même que le groupe qui accompagnait habituellement le chanteur britannique. Il devait donc se produire seul, sans aucune partie de lever de rideau — une configuration inédite pour une tournée de stades.
Le marché des billets a lui aussi bougé : sur Ticketmaster, « certaines places se revendaient à -50 % », signale la presse belge, qui y voit deux logiques mêlées — des spectateurs solidaires de Macklemore qui boycottent, et d'autres qui redoutent l'ambiance du soir. Des manifestations pro-palestiniennes étaient attendues aux abords du stade, poussant la police de Philadelphie à muscler son dispositif. « Nos agents sont en contact avec son équipe pour s'assurer que toutes les mesures de sécurité appropriées soient prises », a déclaré à TMZ Jasmine Reilly, porte-parole du département de police, évoquant « un nombre significatif d'agents » mobilisés.
ANGLE DOMINANT
Santiago décrypte le revirement d'Ed Sheeran sur Gaza, d'un silence revendiqué à un constat de catastrophe.
POINTS CLES
ANALYSE
Santiago, 20 septembre 2026. La presse chilienne retient d'abord le revirement : samedi soir, au Lincoln Financial Field de Philadelphie, Ed Sheeran a rompu avec la ligne qu'il défendait quatre jours plus tôt. Le 15 septembre, après l'annonce de l'éviction de Macklemore de sa tournée américaine Loop, le chanteur britannique avait publié un long communiqué expliquant pourquoi il refusait de se prononcer publiquement sur la guerre à Gaza — une prise de position qui lui avait valu de vives critiques et la perte de « milliers » d'abonnés, rapporte La Tercera. Samedi, seul sur scène, sans première partie après le retrait des autres artistes en soutien à Macklemore, Sheeran a changé de registre : « Ce qui se passe à Gaza est catastrophique, injustifiable et disproportionné », a-t-il déclaré.
BioBioChile détaille la mise en scène de cet aveu. Le chanteur a pris « quelques minutes » en ouverture du concert pour s'expliquer, disant avoir l'habitude qu'on critique sa musique, « mais cette fois la critique portait sur quelque chose de bien plus important ». Il a reconnu avoir « pris des décisions difficiles », commis des erreurs, et s'être excusé : « je suis vraiment, vraiment désolé ». Il a assuré n'avoir jamais voulu être « un musicien activiste », tout en admettant se retrouver au centre d'un débat sur la liberté d'expression et le conflit israélo-palestinien. Il a distingué les deux volets, condamnant l'attaque du 7 octobre et le festival Nova, jugée « horrible », avant de qualifier la situation à Gaza de catastrophique.
ANGLE DOMINANT
Helsinki retient avant tout les mots de Sheeran sur Gaza, plus que les conséquences commerciales de l'affaire pour sa tournée.
POINTS CLES
ANALYSE
Helsinki, 20 septembre 2026. Les médias finlandais rapportent en détail le retour sur scène d'Ed Sheeran samedi soir à Philadelphie, sa première apparition depuis l'éviction du rappeur Macklemore de la tournée Loop. Selon Helsingin Sanomat et Yle Uutiset, le chanteur britannique s'est présenté seul, sans première partie ni groupe d'accompagnement, tous ayant quitté la tournée par solidarité avec Macklemore et avec les Palestiniens.
Face au public, Sheeran a reconnu avoir « commis des erreurs » et s'est dit « vraiment, vraiment désolé ». Il a expliqué avoir toujours cherché à éviter tout commentaire politique, préférant que sa musique rassemble plutôt qu'elle ne divise. Mais, a-t-il ajouté selon Yle, « c'est une question humanitaire, et je ne peux plus cacher ce que j'en pense ». Citant l'AFP, Helsingin Sanomat rapporte ses mots sur Gaza : « Ce qui s'y passe est catastrophique, injustifié et disproportionné ».
Yle relaie une déclaration plus longue de l'artiste, qui qualifie l'attaque d'octobre 2023 en Israël d'« horrifiante », tout en affirmant que l'ampleur des destructions et les pertes civiles, notamment parmi les enfants, lui ont « brisé le cœur », et que cette « injustice systématique » observée en Cisjordanie ne peut être ignorée. Sheeran a dit espérer que ses concerts restent des lieux où chacun peut se rassembler quelles que soient ses convictions.
Les deux titres rappellent le contexte : Macklemore a été écarté après avoir crié « Free Palestine » lors d'un concert au New Jersey début septembre, où il avait aussi interprété « Hind's Hall », chanson soutenant les Palestiniens, pendant que des images des destructions de Gaza défilaient sur écran géant. Macklemore défend depuis plusieurs années des positions critiques envers la politique israélienne. Sheeran précise sur Instagram que la décision d'exclure Macklemore n'était pas la sienne mais celle de l'organisateur de la tournée, et que plusieurs salles avaient fait savoir qu'elles se retireraient si le rappeur restait à l'affiche.
ANGLE DOMINANT
Paris décrypte l'incident Sheeran-Macklemore comme un test de la liberté d'expression artistique aux États-Unis, où des propriétaires de stades ont le pouvoir d'évincer un artiste pour ses propos sur Gaza avant même la scène.
POINTS CLES
ANALYSE
Paris, 20 septembre 2026. La presse française retient d'abord une question de pouvoir : qui décide de ce qui peut être dit depuis une scène de stade américain. Samedi soir, au Lincoln Financial Field de Philadelphie, Ed Sheeran est remonté seul sur scène, sans première partie, pour son premier concert depuis l'éviction du rappeur Macklemore de sa tournée Loop. « Ce n'est pas comme ça que, d'habitude, je commence un concert », a-t-il lancé, visiblement ému, avant de reconnaître avoir « commis des erreurs » et de dire être « vraiment, vraiment désolé ». Il a qualifié la situation à Gaza de « catastrophique, injustifiable et disproportionnée », évoquant des « cœurs brisés » face à « l'ampleur de la dévastation » et à « l'injustice systémique » en Cisjordanie occupée, tout en dénonçant les attaques « atroces » du Hamas le 7 octobre 2023.
Les médias français reconstituent la chaîne des faits : le 4 septembre, dans le New Jersey, Macklemore avait interprété Hind's Hall, hommage à une fillette palestinienne tuée, et lancé « Palestine libre ! ». Accusé par le milliardaire Robert Kraft, propriétaire de stades et proche de Sheeran, d'avoir tenu des « propos haineux », il a été évincé lundi 14 septembre sous la pression de ces mêmes propriétaires. En réaction, les quatre artistes prévus en première partie - dont Finneas, frère et compositeur de Billie Eilish - et le groupe qui accompagne Sheeran se sont retirés de la tournée.
ANGLE DOMINANT
Oslo décortique le rapport de force entre Ed Sheeran et les propriétaires de stades, plus que le message politique lui-même.
POINTS CLES
ANALYSE
Oslo, 20 septembre 2026. La presse norvégienne retient de ce dossier moins le contenu du message pro-palestinien que la question de qui, en coulisses, décide ce qui peut être dit depuis une scène de stade américain. Aftenposten consacre une enquête au « jeu de pouvoir » qui a précédé le renvoi du rappeur Macklemore de la tournée Loop d'Ed Sheeran : selon le journal, le musicien et l'organisateur de la tournée confirment eux-mêmes que l'éviction est intervenue après des pressions des propriétaires des stades où Sheeran devait se produire. Le titre choisi par Aftenposten pose directement la question : qui décide vraiment de la tournée d'Ed Sheeran ? Le journal décrit des propriétaires de clubs NFL à la fortune considérable, dotés d'un véritable centre de commandement sous les tribunes du stade, et cite le critique musical Audun Molde, qui s'interroge sur qui, de Sheeran ou de l'organisateur et du propriétaire du stade, travaille en réalité pour l'autre.
VG, de son côté, s'attarde sur la première apparition de Sheeran depuis la controverse, samedi soir à Philadelphie, sans première partie - les quatre artistes prévus et son propre groupe s'étant retirés par solidarité. Selon l'agence AP, citée par VG, Sheeran a pris la parole avant de jouer, visiblement affecté : il évoque une semaine de critiques portant sur « quelque chose de bien plus important » que sa musique, reconnaît avoir « commis des erreurs » et dit être « vraiment, vraiment désolé ». Il distingue ensuite deux tragédies : le 7 octobre et l'attaque du festival Supernova, qu'il qualifie d'horreur s'ajoutant à des siècles de souffrance juive, et la situation à Gaza, qu'il décrit comme « catastrophique, injustifiable et disproportionnée ». Une cinquantaine de manifestants, selon l'estimation de l'AP relayée par VG, s'étaient rassemblés devant le stade avant le concert, à l'appel de groupes militants locaux, sous surveillance policière renforcée.
ANGLE DOMINANT
Stockholm retient d'abord la formule choisie par Ed Sheeran pour qualifier Gaza — « catastrophique, injustifiable et disproportionnée » — plus que les conséquences économiques de sa tournée.
POINTS CLES
ANALYSE
Stockholm, 20 septembre 2026. La presse suédoise retient avant tout la phrase prononcée samedi soir par Ed Sheeran, remonté seul sur la scène du Lincoln Financial Field de Philadelphie pour son premier concert depuis l'éviction du rappeur Macklemore de sa tournée « Loop » : la situation à Gaza est « catastrophique, injustifiable et disproportionnée ». Dagens Nyheter et Svenska Dagbladet consacrent l'essentiel de leur récit à cet aveu, lu sur téléprompteur, dans lequel le chanteur de 35 ans reconnaît avoir « été contraint de prendre de nombreuses décisions difficiles » et se dit « si, si désolé », une semaine après le début de la polémique.
Les deux titres rapportent que Sheeran a modifié la scénographie de la soirée : la plateforme centrale, d'où il se produit habituellement au milieu du public, avait disparu. « Je ne savais pas comment ce public allait réagir ce soir. Je ne savais pas si on allait me jeter des choses », admet-il, selon SvD — signe, notent les deux journaux, de l'incertitude entourant l'accueil réservé à l'artiste après une semaine de critiques.
Le chanteur revient longuement sur l'épisode déclencheur : Macklemore, écarté des premières parties par l'organisateur de la tournée après avoir crié « Free Palestine » et interprété « Hind's Hall » — chanson qui qualifie la guerre menée par Israël à Gaza de génocide — lors des concerts de Sheeran au New Jersey les 4 et 5 septembre. Tous les autres artistes prévus en ouverture se sont retirés de la tournée par solidarité avec le rappeur, laissant Sheeran se produire seul en scène ce soir-là.
ANGLE DOMINANT
Londres scrute le dilemme de sa star la plus vendue, prise malgré elle dans un débat sur la liberté d'expression depuis la scène, entre premières parties qui désertent, ventes en recul et aveu de « mistakes » à Philadelphie.
POINTS CLES
ANALYSE
Londres, 20 septembre 2026. Ed Sheeran, star britannique la plus vendue de sa génération, est remonté seul sur scène samedi soir au Lincoln Financial Field de Philadelphie, sans aucune première partie, pour son premier concert depuis l'éviction du rappeur américain Macklemore de sa tournée Loop. Selon la BBC, le chanteur a ouvert le concert par une prise de parole inhabituelle : « Je n'ai jamais voulu être un musicien militant, mais cela m'a placé au cœur d'un débat important et passionné sur la liberté d'expression et sur la question politique la plus complexe de la planète. »
Sheeran a reconnu avoir « commis des erreurs » et présenté ses excuses aux fans, avant de qualifier la situation à Gaza de « catastrophique, injustifiable et disproportionnée », des propos rapportés à la fois par le Daily Mail et la BBC. Il a aussi évoqué l'attaque du 7 octobre menée par le Hamas contre le festival Nova comme « horrifique », avant d'ajouter que ce qui se déroule à Gaza reste « une question humanitaire » qu'il ne peut plus taire, et que « les injustices systémiques » en Cisjordanie ne peuvent plus être ignorées. La BBC précise que la décision d'écarter Macklemore, qui avait lancé « Free Palestine » lors d'un concert au New Jersey début septembre, a été prise par les promoteurs du chanteur, et non par lui-même.
ANGLE DOMINANT
Washington mesure une controverse qui déborde la musique : l'éviction de Macklemore de la tournée d'Ed Sheeran ravive le débat américain sur la parole pro-palestinienne sur scène, entre accusations d'antisémitisme et défense de la liberté d'expression.
POINTS CLES
ANALYSE
Américain d'abord, le débat s'est joué samedi 19 septembre 2026 à Philadelphie, où Ed Sheeran est remonté seul sur la scène du Lincoln Financial Field, sans première partie, pour son premier concert depuis l'éviction du rappeur Macklemore de sa tournée Loop. Devant le public, il a reconnu avoir « commis des erreurs » et lancé : « Je suis vraiment, vraiment désolé. Je ne veux pas décevoir mes fans. » Il a ensuite abordé directement la situation au Proche-Orient : « Ce qui se passe à Gaza est catastrophique, injustifiable et disproportionné », a-t-il déclaré, tout en qualifiant les attaques du 7 octobre en Israël d'« horribles ». Il a ajouté que la situation qui se déploie en Cisjordanie « ne peut pas être ignorée ».
Le chanteur britannique a dit s'inquiéter de voir des salles « approuver à l'avance le contenu des artistes », affirmant n'avoir « jamais voulu être un musicien militant » mais se retrouver malgré lui « au milieu d'un débat sur la liberté d'expression » aux États-Unis. La controverse a débuté début septembre, quand Macklemore a scandé « Free Palestine » lors d'un concert au MetLife Stadium du New Jersey, employant les termes « génocide » et « apartheid » pour qualifier l'action d'Israël. Le propriétaire du stade, Robert Kraft, a confirmé avoir pesé dans la décision des salles et du promoteur d'écarter le rappeur de l'affiche. Quatre artistes assurant les premières parties, ainsi que le groupe accompagnant Sheeran, se sont retirés de la tournée en solidarité avec le rappeur et les Palestiniens.
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Selon une enquête d'Aftenposten, l'éviction de Macklemore n'est pas née d'une décision isolée d'Ed Sheeran : elle s'est jouée dans un rapport de force entre le chanteur et les propriétaires des stades où sa tournée se produit, dotés d'un centre de commandement sous les tribunes.
La tournée se poursuit sans première partie annoncée ; les ventes de billets ont reculé pour la fin de l'étape américaine.
Aftenposten a enquêté sur ce qui a précédé le renvoi du rappeur : selon le quotidien norvégien, Ed Sheeran et l'organisateur de sa tournée confirment eux-mêmes que la décision est intervenue après des pressions exercées par les propriétaires des stades où la tournée doit encore se produire.
« Sous les tribunes se trouve le centre de commandement du milliardaire »
Le journal décrit des propriétaires de clubs NFL à la fortune considérable, dotés d'un véritable centre de commandement sous les tribunes du stade. Le critique musical Audun Molde, cité par Aftenposten, s'interroge sur qui, du chanteur ou du propriétaire du stade, travaille en réalité pour l'autre.
Le 4 et le 5 septembre, lors des concerts d'Ed Sheeran au MetLife Stadium, dans le New Jersey, Macklemore avait interprété Hind's Hall, une chanson qui qualifie la guerre menée par Israël à Gaza de génocide, pendant que des images des destructions de Gaza défilaient sur écran géant, rapportent Yle Uutiset et la presse suédoise.
Selon Fox News, le rappeur avait aussi employé les mots « génocide » et « apartheid » pour qualifier l'action d'Israël lors de ces concerts. Le média américain rappelle qu'il avait déjà suscité une controverse en 2014, pour avoir porté un costume jugé antisémite par une partie du public.
Selon Dagens Nyheter et Svenska Dagbladet, la scène de Philadelphie ne ressemblait plus à celle des concerts précédents : la plateforme centrale, d'où Sheeran se produit habituellement au milieu du public, avait disparu. Le chanteur a confié craindre la réaction de la foule ce soir-là.
« Je ne savais pas comment ce public allait réagir ce soir. Je ne savais pas si on allait me jeter des choses »
La soirée a aussi débuté en retard : l'ouverture des portes, prévue à 17h30, a été repoussée à 20h faute de première partie, rapportent la VRT et Folha de S.Paulo. Sur Ticketmaster, certaines places se revendaient à -50 %, signale la presse belge.
Devant le stade, une cinquantaine de manifestants s'étaient rassemblés, selon l'estimation de l'agence AP relayée par VG. Le Daily Mail rapporte que l'un d'eux a scandé « Palestine is our demand », tandis que des pancartes visaient nommément le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.
Cinq perspectives de ce corpus, sur les dix pays couverts — Australie, Belgique, France, Norvège et Royaume-Uni —, situent la controverse d'abord dans un rapport de force entre artistes et propriétaires de salles, capables de contrôler par avance le contenu politique d'un concert. Ce décompte mesure la façon dont l'affaire est couverte dans ce corpus, pas sa réalité sur le terrain.
La presse américaine répond à une autre question : selon Fox News, la chanteuse Pink a critiqué la prestation de Macklemore et Taylor Swift, amie proche de Sheeran, n'a pas pris position publiquement. Les accusations d'antisémitisme visant le rappeur y occupent une place centrale, quand les perspectives européennes et océanienne retiennent surtout le pouvoir des salles.
Le milliardaire propriétaire de stades est cité comme à l'origine de la pression ayant conduit à l'éviction de Macklemore.
Sheeran y expliquait son refus de commenter le conflit, perdant des milliers d'abonnés selon La Tercera.
StopAntisemitism et Combat Antisemitism Movement avaient réclamé le retrait de Macklemore de la tournée.
La police de Philadelphie a mobilisé « un nombre significatif d'agents », selon sa porte-parole.
La VRT, de son côté, insiste sur l'ampleur du désistement — « lege zitjes en geen voorprogramma » (des sièges vides et pas de première partie) — et sur la circulation de billets à moitié prix avant même l'ouverture des portes, reportée de 17h30 à 20h. Aucun des trois titres belges consultés ne rapporte, à l'heure de leur publication samedi en fin de journée, ce que le chanteur a effectivement dit une fois sur scène : leurs articles, tous parus avant ou pendant le concert, décrivent un climat plutôt qu'un discours. C'est ce climat — sécuritaire, économique, taillé par la pression exercée en coulisses sur les salles — que la presse belge choisit de raconter, plus que le contenu du débat sur la liberté d'expression des artistes engagés.
Les deux journaux notent un même malaise : l'inquiétude de Sheeran devant l'idée que des salles puissent examiner à l'avance le contenu des concerts — « cela ne devrait jamais arriver dans le monde libre », a-t-il dit, insistant sur le fait que ses concerts avaient toujours été « un espace sûr pour tous ». La Tercera situe l'origine de la crise dans les propos pro-palestiniens tenus par Macklemore lors d'un concert précédent de la tournée Loop, à l'issue duquel le rappeur a été écarté des dates restantes — décision qui a entraîné le retrait d'autres artistes en signe de solidarité. La Tercera signale enfin des dizaines de manifestants propalestiniens rassemblés aux abords du stade pendant le concert.
Helsingin Sanomat note que l'éviction du rappeur a suscité une large critique, à laquelle Sheeran lui-même n'a pas échappé. Aucun des deux articles ne mentionne les prix des billets ni l'ampleur des ventes pour la fin de la tournée américaine, l'accent restant porté sur la parole de l'artiste plutôt que sur les conséquences commerciales de l'affaire.
La presse rappelle le bilan côté palestinien, plus de 73 000 morts et 174 000 blessés, et note que des juristes et ONG qualifient les actes commis à Gaza de génocide. Sheeran avait auparavant affirmé sur Instagram ne pas vouloir « faire de son métier une plateforme politique » et s'est défendu de toute complicité : « Je ne suis pas complice. J'ai mes opinions personnelles sur ce conflit dévastateur. » La Tribune rappelle qu'il a par ailleurs participé à un concert de soutien à l'Ukraine et revendique son identité irlandaise. Un format diffusé par France 24 pose la question plus large : les artistes doivent-ils prendre position, ou restent-ils libres de se taire, quand des salles peuvent d'avance filtrer ce qui se dit sur scène ?
Le récit norvégien construit ainsi un double foyer : les mots personnels et hésitants de Sheeran, longuement cités, et l'architecture de pouvoir économique qui a rendu possible l'éviction de Macklemore - deux angles qui interrogent moins la politique au Proche-Orient que la liberté d'un artiste américain sur une scène qui ne lui appartient pas entièrement.
DN et SvD citent aussi son refus qu'une salle puisse « approuver à l'avance » le contenu d'un concert : « Cela ne devrait jamais arriver dans le monde libre », déclare-t-il, avant de répéter qu'il n'a jamais voulu mêler politique et musique. Il qualifie néanmoins Gaza de « question la plus compliquée au monde » et évoque, dans le même souffle, l'attaque du 7 octobre contre le festival Nova en Israël, qu'il décrit comme « épouvantable » et ayant « aggravé des siècles de douleur juive ».
Les deux journaux suédois, quasi identiques dans leur trame et jusque dans le choix des citations, privilégient ainsi la parole longue et l'émotion du moment — l'excuse, le doute, la peur d'être hué — plutôt que le contexte économique de la tournée, les tensions policières annoncées autour du stade ou les positions publiques de Macklemore lui-même, largement absentes des deux textes.
Quatre artistes qui assuraient les premières parties, ainsi que le groupe qui accompagnait habituellement Sheeran, se sont retirés de la tournée par solidarité avec le rappeur et avec les Palestiniens. Autour du stade, la police de Philadelphie a déployé un important dispositif face à des manifestants pro-palestiniens : l'un d'eux a crié, selon le Daily Mail, « Palestine is our demand », tandis que des pancartes visaient nommément le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. La BBC note par ailleurs que les prix des billets sont tombés jusqu'à 32 dollars et que les ventes ont reculé pour la fin de l'étape américaine de la tournée Loop.
Pour la presse britannique, l'épisode dépasse le seul calendrier de tournée : il pose la question de savoir jusqu'où une salle ou un promoteur peut, en amont, valider ou écarter le contenu politique d'un concert - un dilemme dans lequel Sheeran, jusque-là réputé pour son apolitisme revendiqué, se retrouve désormais malgré lui, entre excuses publiques et défense de sa liberté artistique.
La presse américaine s'attarde autant sur les répercussions personnelles que sur le fond politique du dossier. Fox News souligne que des organisations comme StopAntisemitism et le Combat Antisemitism Movement ont réclamé le renvoi de Macklemore, tandis que la chanteuse Pink a publiquement critiqué sa prestation ; l'article rappelle aussi une polémique de 2014 où le rappeur avait porté un costume jugé antisémite. Le même média note par ailleurs le silence de Taylor Swift, amie proche de Sheeran, qui n'a pas pris position publiquement sur l'affaire. À Philadelphie, la police avait déployé un dispositif important face à des appels à manifester devant le stade, et les prix des billets sont tombés jusqu'à 32 dollars alors que les ventes reculaient pour la fin de l'étape américaine de la tournée.