ANGLE DOMINANT
Washington mesure une controverse qui déborde la musique : l'éviction de Macklemore de la tournée d'Ed Sheeran ravive le débat américain sur la parole pro-palestinienne sur scène, entre accusations d'antisémitisme et défense de la liberté d'expression.
Angle dominant identifié — ne reflète pas l’unanimité des médias de ce pays
POINTS CLES
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Ed Sheeran a déclaré samedi à Philadelphie : « Ce qui se passe à Gaza est catastrophique, injustifiable et disproportionné. »
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Quatre artistes assurant les premières parties et le groupe accompagnant Sheeran se sont retirés de la tournée Loop en solidarité avec Macklemore après son éviction.
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Les organisations StopAntisemitism et Combat Antisemitism Movement ont réclamé le renvoi de Macklemore après ses chants « Free Palestine » au MetLife Stadium, où il a aussi employé les termes « génocide » et « apartheid ».
ANALYSE
Américain d'abord, le débat s'est joué samedi 19 septembre 2026 à Philadelphie, où Ed Sheeran est remonté seul sur la scène du Lincoln Financial Field, sans première partie, pour son premier concert depuis l'éviction du rappeur Macklemore de sa tournée Loop. Devant le public, il a reconnu avoir « commis des erreurs » et lancé : « Je suis vraiment, vraiment désolé. Je ne veux pas décevoir mes fans. » Il a ensuite abordé directement la situation au Proche-Orient : « Ce qui se passe à Gaza est catastrophique, injustifiable et disproportionné », a-t-il déclaré, tout en qualifiant les attaques du 7 octobre en Israël d'« horribles ». Il a ajouté que la situation qui se déploie en Cisjordanie « ne peut pas être ignorée ».
Le chanteur britannique a dit s'inquiéter de voir des salles « approuver à l'avance le contenu des artistes », affirmant n'avoir « jamais voulu être un musicien militant » mais se retrouver malgré lui « au milieu d'un débat sur la liberté d'expression » aux États-Unis. La controverse a débuté début septembre, quand Macklemore a scandé « Free Palestine » lors d'un concert au MetLife Stadium du New Jersey, employant les termes « génocide » et « apartheid » pour qualifier l'action d'Israël. Le propriétaire du stade, Robert Kraft, a confirmé avoir pesé dans la décision des salles et du promoteur d'écarter le rappeur de l'affiche. Quatre artistes assurant les premières parties, ainsi que le groupe accompagnant Sheeran, se sont retirés de la tournée en solidarité avec le rappeur et les Palestiniens.
La presse américaine s'attarde autant sur les répercussions personnelles que sur le fond politique du dossier. Fox News souligne que des organisations comme StopAntisemitism et le Combat Antisemitism Movement ont réclamé le renvoi de Macklemore, tandis que la chanteuse Pink a publiquement critiqué sa prestation ; l'article rappelle aussi une polémique de 2014 où le rappeur avait porté un costume jugé antisémite. Le même média note par ailleurs le silence de Taylor Swift, amie proche de Sheeran, qui n'a pas pris position publiquement sur l'affaire. À Philadelphie, la police avait déployé un dispositif important face à des appels à manifester devant le stade, et les prix des billets sont tombés jusqu'à 32 dollars alors que les ventes reculaient pour la fin de l'étape américaine de la tournée.
SOURCES (2)
- The HillMOYEN
